Une journée Rock&Roll

Pour les plus jeunes qui n’ont pas connu l’époque, c’est bien de là qu’on a imaginé le nom de cette danse tout en déhanchements, originaire du milieu des années 50. Le Rock, c’est le tangage du bateau et le Roll, le roulis.

Alors si je vous dis que c’était une journée R&R aujourd’hui, c’est que ça brassait de cette façon. De grands mouvements provoqués par la vague qui frappe le bateau par l’arrière, le soulève et le transporte de côté jusqu’à ce qu’il se rassoit et se lance de l’autre bord.

Un barreur debout danse effectivement le Rock & Roll. Bon pour les genoux qui compensent continuellement et les abdominaux qui gardent le rythme.

Tout ça par un bon vent arrière d’abord, puis de côté pour finir, en passant devant l’embouchure de la Potomac. Six heures d’attention pour ne pas partir à l’auloffée, c.a.d. que la proue du bateau remonte au vent. Mais avec un bon réglage de voile et surtout les bonnes voiles, même Charlie Brown a réussi à faire ses quarts.

Ça veut dire que j’étais aux manœuvres, incluant deux relâches de prises de ris puis 2 heures plus tard, deux re-prises de ris. Heureusement que c’est une procédure que je maîtrise bien. "Oui, je mets ma ceinture de sécurité." Charlie Brown se sentirait trop seul. 😦

Puis le clou de la journée, quand je suis rentré dans le canal d’embouchure de la passe dans les dunes qui mène à l’ancrage bien protégé plus loin dans la petite rivière, tout le village était là. Une douzaine de bateau de pêche avec à bord, 4 ou 5 percheurs et pêcheuses. Le temps que je les croise, cinq minutes, pas plus, j’ai vu trois poissons d’une quarantaine de centimètres se faire sortir de l’eau.
La vraie pêche miraculeuse!

Navigation commerciale

Pour vos donner une idée de ce que je croise dans la Baie à part mes collègues qui descendent aussi dans le sud. Bien oui, j’ai commencé a en voue dernièrement. J’en avais même un qui a jeté l’ancre à côté de moi dans Salomons Island, hier soir.

Ça devait être un skipper engagé car il est arrivé tard et est reparti très tôt. Ces gars-là n’ont pas de temps à perdre, ils peuvent en faire deux à quatre par saison. Pas comme le bonhomme qui prends le temps de ses deux cafés Bodum avant de lever l’ancre. Et qui avait déjà mangé ses petits biscuits avec saucisson et fromage avant que le soleil ne soit couché la veille au soir.

Chacun son trip. Moi je m’en vais rejoindre ma blonde qui n’est pas encore rendue, elle non-plus. 🙂 Il lui reste un gros contrat de décoration intérieure à organiser avant de descendre en Floride.

Alors pour revenir aux cargos commerciaux, faut se rappeler que les villes de Washington et Baltimore et plusieurs autres de moindre importance, sont desservies par cette voie maritime. J’emploie l’expression Voie maritime pour souligner que comme sur la nôtre, ce sont des pilotes spécialisés qui effectuent la navigation. Le parcours est divise en segments et la où j’étais hier soir, il y a une base de pilote.

Je suis sortis en même temps qu’eux ce matin, ils allaient justement rejoindre ce bateau sur la photo et un autre qui le suivait.

Voilà pour les détails administratifs.
Ce soir, je suis bien tranquille dans une petite rivière au sud de l’embouchure de la Rivière Potomac. Juste à côté du coucher de soleil.

Puis trop de vent!

Les journées se suivent…

Quand NOAA émet un « Avertissement pour les petites embarquations », c’est à nous qu’ils s’adressent et ce qu’ils nous disent c’est :  » Restez donc chez vous!  » Techniquement, ça se passe quand les vents prévus vont dépasser 15 Noeuds soutenus avec des bourrasques à 20 ou 25.

Quand j’ai un Jean-Guy ou un Jean-Marie à bord, ça ne nous a pas toujours arrêtés. À preuve, la dernière journée sur le Lac avant de démâter et la dernière journée en entrant à Annapolis.

Mais seul à bord, je suis plutôt porté (maintenant) à écouter les conseils de ma blonde et ne pas laisser mon petit macho prendre le dessus. Alors vous pouvez me trouver, ce soir, dans la Baie de Salomons Island ou je suis entré hier en fin d’après-midi, dans un ancrage superbement protégé du Nord, d’où souffle fort le vent annoncé: un « Gale Firce Wind ». C’est à dire jusqu’à 40 Noeuds. Là, même petit macho s’était bien aviser de rester à la maison.

Ceci étant dit, je ne suis pas tout à fait seul. J’ai Cesarea Evora et quelques autres qui me chantent leur meilleures tounes, ma chaufferette qui fait son devoir, ma cafetière moka pour me réchauffer le dedans, un bon livre pour me divertir et ma tablette pour garder le contact avec vous tous et toutes.

Et aussi, malheureusement, avec la triste actualité qui nous affligent ces jours-ci.

Pas de vent!

"Mais qu’est-ce qui arrive quand il n’y a pas de vent du tout, du tout?" C’était la question de Ty, mon chauffeur de taxi qui m’a ramené de l’épicerie hier matin. Je ne lui ai pas tout dit, mais je l’ai rassuré que j’avais un petit moteur pour ces jours là.

Alors, ça se passe à petit moteur, aujourd’hui. Pas un souffle pendant un long virement de bord du vent qui passe du Sud hier, au Nord demain. Entre temps, la mer d’huile.

Sur un étendu vaste comme la Baie de Chesapeake, c’est une belle occasion de faire du ménage ou de l’entretien. Aujourd’hui, c’était un petit contrat de peinture non-dérapente sur les passes-avants et l’interrupteur de la pompe à eau potable qui avait lâché la semaine dernière. J’ai profite de ma visite mensuelle chez West Marine pour me procurer l’interrupteur en même temps que quelques autres objets et produits de consommation courante. C’est là que les propriétaires de bateaux laissent toutes leurs économies : West Marine!

Alors, tout va bien pour le contrat de peinture qui sèche rapidement avec le soleil qui plombe aujourd’hui. Pour la petite pompe, on repassera. L’interrupteur est trop gros et ne se marie pas au bec de la pompe. Je vais continuer à pincer les deux fils ensemble comme on l’a fait tout la semaine dernière, Jean-Marie et moi.

Par contre, l’interrupteur de la pompe de cale, lui, fait des siennes. L’interrupteur automatique avait déjà montré des signes de fatigue. Maintenant, c’est autour de l’interrupteur manuel de me lâcher cet après-midi. Mais là je suis loin de West Marine. Alors, c’est un cas de bricolage de fortune en utilisant un autre circuit électrique, en attendant de regarder cela de plus près. Ce que je ne peux pas faire en route, car ça demande de quitter le cockpit trop longtemps.

Même si Charlie Brown barre bien pour moi, il a un grand pouvoir de concentration mais, il barre en aveugle; il a besoin de mes yeux qui font un tour d’horizon aux 5 minutes, car je ne suis tout de même pas tout à fait seul. Là, il y a un grand voilier à un mille devant moi à 11h, un cargo à un demi-mile à 3h et deux Trawlers, un qui vient de me dépasser et un autre qui s’apprête à le faire. Sans compter deux autres voiliers à moteur, loin devant (je suis sorti de l’ancrage avant eux ce matin mais je suis le plus petit, donc, le moins rapide). Je vais quand même arriver en Floride à un moment donné. Ils seront déjà rendus aux Bahamas, quant a eux.

Voilà, il est 14h30, tout est fait. Il me reste 2 heures de contemplation avant de reprendre la barre pour jeter l’ancre dans l’embouchure de la Rivière Patuxent. Un environnement très achalandé côté plaisanciers. J’y compte pas moins d’une trentaine de marinas et des petits anses où s’ancrer de tous les côtés.

C’est Monsieur Météo qui me dicte laquelle choisir. Ce soir j’ai besoin de protection du vent qui va souffler du Nord-Ouest. Comme vous voyez, je ne suis pas seul face aux éléments; j’ai mes conseillers du Guide de croisière pour me dire où chercher refuge et ceux de NOAA pour me préciser mon besoin.

Petit matin calme dans la baie

Après le brouhaha de la ville avec la foule du Salon du bateau motorisé, je me retrouve dans le calme d’une petite baie (S’est Bay) sur la West River, pas très loin au sud de Annapolis. Puis le calme aussi à l’intérieur de SurpriseS après le grand vide laissé par mon d’équipier des 10 dernier jours. On s’était même surpris à boire dans le même verre de bière par inadvertance au Pusser’s, l’autre jour. C’est pas peu dire. Ne vous inquiétez pas, Renée, Lyne, c’était une distraction de Jean-Marie.

Après une journée de voile intensive hier, je vais m’offrir une journée de Trawler aujourd’hui, car la météo est en changement et nous offre le calme avant le coup de vent annoncé pour demain.

Je vais me vais me retrouver en Virginie pour la fin de la semaine et du temps plus chaud, j’espère. Puis vous faire visiter le Dismal Canal, une option de la route que je n’ai jamais eu l’occasion d’emprunter.

C’est un rendez-vous.
Qui embarque à Norfolk?