Tu t’en vas..

Tu t’en vas..

Ma chère Pénélope,

Toi qui m’a souvent regardé partir en me faisant un signe de la main pour me rassurer que tu seras là à t’occuper de la maison pendant mon périple. Voilà maintenant que c’est au tour d’Ulysse de regarder partir sa Pénélope. Nous allons ensemble écrire un nouveau chapitre de l’Iliade. J’espère qu’Homère nous pardonnera.
Une décennie c’est court, mais avec toi il me semble que ça a dû être très intense parce que j’ai l’impression que ça fait un bon moment que nous sommes heureux ensemble. Et quand je dis ensemble c’est parce que tu avais cette capacité d’être là, près de moi, même quand j’étais à 2 000 km de distance. Je crois que tu as eu plus souvent l’occasion de m’ecrire : « Je t’aime mon beau Capitaine! », que de me le dire en personne.
Je dis à tout le monde qui nous connaissent à quel point tu as été la meilleure personne pour m’accompagner dans ma vie un peu en déroute, au moment où tu est entrée. Ce matin je te regarde avec tristesse, mais j’accepte de te laisser partir sachant que tu te libères de ce mal qui va t’emporter avant la fin de la journée.
Tu m’as enseigné qu’il fallait savoir lâcher prise et c’est ce que j’essaie de faire ce matin en espérant que ton périple sera aussi merveilleux encore que ceux que tu m’as permis au cours des dernières années, ma belle Pénélope.
Pars doucement, va vers le bonheur éternel auquel nous aspirons  tous. Toi qui a passé ta vie à en faire éclater des moments de bonheur partout où tu te retrouvais en compagnie des êtres qui ont eu le privilège de croiser ton chemin et d’être touchés par ta grâce, ton énergie ou ta joie de vivre.
À chaque fois que j’écouterai Brel nous chanter « J’arrive! », je saurai que tu y es arrivée. Je me souviendrai à quel point je t’ai tant aimée.
Je t’embrasse une ultime fois.
Et pour reprendre une de nos taquineries favorites:
« Je t’aime encore, malgré tout! »
Ton Capitaine favori,
Ulysse
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Une traversée mouvementée

Si vous entendez des gens se plaindre des vents excessifs aux Bahamas cette année ne portez pas de jugement comme je le faisais en me disant que ce sont des chialeux de Québécois de descendance française.

J’en suis, mais je ne me plaindrai pas. Toutefois, je dois admettre qu’il vente en titi cette année par ici. Même aux Abacos, en mars quand les alizés devraient souffler plus gentiment que de 15 à 25 tout de même. La dépression majeure qui s’est tenue au-dessus de l’Atlantique Nord au Jour de l’An et celle semblable de la semaine dernière, sont des phénomènes d’une ampleur à laquelle nous n’étions pas habitués.
Pour la traversée de mercredi nous savions qu’il y avait des vents de 15 avec des puffs à 20 Nds, mais tout ça était au portant, alors Francis et moi avions pensé qu’on pourrait bien se débrouiller. Alors départ tôt vers 6h pour être certain de rentrer avant la noirceur à Little Harbour, c’était tout de même une traversée de 50 milles nautiques.
Étant donné que tout ça allait se passer au portant, nous n’étions pas du tout inquiets même si nous savions que la houle du Nord-Est était de plus de deux mètres, mais avec une période de 12 à 15 secondes, c’est facile à prendre. La vague qui allait monter avec le vent de l’Ouest au trois-quart arrière allait éventuellement nous donner une mer croisée mais nous serons déjà rendus sous le vent de la pointe nord de Great Abacos, à mi-chemin déjà vers l’heure du midi.
Les trois autres québécois que nous avons laissés dans le champ de mouillage de la sortie est de Spanish Wells ont préféré pour leur part,  attendre quelques jours. On a tous et chacun notre seuil de tolérance personnel à l’inconfort en mer. Francis et moi nous jugions que ça vallait le coup de s’essayer et Manon était d’accord. Quitte à rebrousser chemin si c’était trop violent.
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Après 15 minutes, nous avions franchi les rouleaux qui bordaient la passe étroite* au nord de Devil’s Back Bone. Pas plus énervants que ceux qui nous avaient émus la veille en quittant Nassau par le nord de Rose Island.
*Vous avez l’échelle au bas pour mesurer la largeur de la passe.
Après un peu  plus de deux heures de route, tout semblait plus facile pour Francis,  mon barreur invité qui était tout sourire de jouissance, dans une mer bien formée. C’est ce qu’il était venu expérimenter: le comportement d’un petit bateau dans un passage avec une mer bien formée. Il est propriétaire d’un C&C 30 sur lequel il voudrait bien partir l’an prochain. Manon était assez relaxe, qu’elle avait sorti son livre de lecture.
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Un skippper bien concentré sous surveillance confiante et bienveillante
Et clack! Un bruit sec de quelque chose qui vient de casser. Je lève les yeux vers mon barreur qui fait tourner la roue dans un sens puis dans l’autre. Je n’ai pas besoin qu’il me fasse un dessin. C’est la tringlerie qui relie la barre à roue au cardan sur l’arbre du safran en tournant autour de deux petites poulies qui vient de céder.
Je n’ai pas de difficulté à faire ce diagnostique. Ça à déjà cassé à Hampton Road il y a quatre ans : un fil galvanisé que j’avais remplacé par un supposé meilleur en stainless qui a cédé lui aussi une année plus tard. Là j’étais persuadé d’avoir trouvé la solution avec des fils de Spectra, mieux adaptés pour tourner autour d’une petite poulie. Qu’à cela ne tienne, rien ne tient. La solution va être de faire des entretiens préventifs et de changer ces câbles avant qu’il ne soient prêts à céder. À chaque printemps, disons.
Ceci étant dit, le réflexe a été rapide : sortir la petite barre franche de secours qui s’installe directement sur l’arbre du safran. Francis suggère d’enlever la barre à roue pour lui faciliter la manipulation de ce petit appareil pas très sophistiqué et un peu sommairement ajusté. Mais ce n’est pas trop grave, car c’est une solution temporaire pour rentrer à la maison en urgence.
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Digression:
Alors, expliquez-moi pourquoi ni lui, ni moi, ni même Manon n’avons eu l’idée de suggérer de rebrousser chemin et faire 2 heures pour retourner à Spanish Wells plutôt que 8 heures pour continuer jusqu’à la passe d’entrée de Little Harbour. La question ne s’est même pas posée. Et ce n’est qu’en écrivant ces lignes que je m’en rends compte, maintenant. Hum! Matière à réflexion…
Mais revenons en mer avec un bon vent portant qui nous pousse autour de 6Nds en moyenne. Ce qui rends la manipulation de la petite barre de secours plutôt ardue. Nous nous relayons aux heures Francis et moi jusqu’à la cinquième heure, où je me rends compte que le joint qui relie le manche horizontal en bois au tube vertical en acier est en train de se détériorer. Il va céder et ça va être notre fête.
Deux « pas ingénieurs » mais plutôt ingénieux arrivent rapidement à une proposition de réparation préventive qui devra nous permettre de continuer notre route. Ça demande d’inverser les plaques du joint en aluminium, de percer deux trous et de tout rassembler.
Francis ramasse la perceuse, les forêts, les boulons, les écrous et les rondelles pendant que je mets à la cape pour immobiliser le bateau au mieux et surtout le stabiliser que l’on puisse travailler. Manon passe les outils, Francis les manipule et moi je sert d’étau.
On ne s’est pas minutés, mais je dirais que ce « pit stop » à duré tout au plus une demi-heure pendant laquelle, nous avons dérivés perpendiculairement à notre ligne de route. Ce qui a fait que nous avons perdu du temps mais pas de millage.
Fiers de notre réalisation, nous nous sommes remis aux quarts d’une heure chacun, en prenant plus grand soin de ne pas trop forcer notre barre de secours pour favoriser et espérer qu’elle tienne le coup jusque dans la baie de Little Harbour. Ce qui impliquait que nous laissions le bateau, toujours sous voile avec deux prises de ris et un Génois  réduit à la grandeur d’un foc, se balader un peu de gauche à droite dans un mouvement de lacet exagéré à cause du roulis des vagues maintenant nettement du trois-quart arrière au Grand Largue.
En rétrospective, je dirais que ça c’est tout de même bien passé compte tenu des circonstances. Il tout juste fallu contrôler la grandeur du génois et réduire quand le vent à monté un peu.
Arrivés à vue de la passe d’entrée à Little Harbour, Francis qui était à la barre à suggéré que je le remplace puisque je connaissais mieux mon bateau et est allé chercher le troisième gilet de flottaison que nous en revètions chacun  un.
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En fait, c’est facile on n’a qu’à suivre la ligne sur la carte..
Je ne sais pas si c’est le fait qu’il commençait à pleuvoir ou si c’est l’allure menaçante des rouleaux d’écume de chaque côté de la passe d’entrée, mais c’est devenu très silencieux à bord pendant que j’allignais SurpriseS dans la partie plus profonde. Ce qui donnait l’impression, à un moment  donné, que je me dirigeais sur le cap de roche à bâbord.
Quand Francis m’a « jetté un look » avec deux points d’interrogations à la place des yeux je l’ai rassuré en lui faisant remarquer que les rouleaux avaient complètement changé de direction et venaient maintenant de tribord arrière. Et que j’avais négocié cette passe avec Jean-Guy sur son Trawler il y a deux ans. Heureusement, cela à semblé le rassurer.
Moi, en tout cas, ça me permettait de le faire avec plus d’assurance, sachant que la voie sécuritaire était beaucoup plus large que ce que la carte nautique ne donnait à penser. Alors, on s’y est engouffrés pour employer une tournure de phrase classique. Et sous la pluie que nous ne remarquions même pas tellement nous étions absorbés par le mouvement en apparence aléatoire du bateau, qui se faufilait entre les rouleaux, que nous nous sommes laisses aller trop loin dans l’entrée de Little Harbour qui n’a pas assez d’eau pour les quillards à marée basse.
Et ça je le savais, mais je voulais tellement m’éloigner de ces rouleaux menaçants, que je suis allé trop loin dans le chenal et en plein milieu, à basse vitesse, sur la pointe des pieds, nous avons trouvé le fond.
C’est un bon samaritain de Halifax qui nous voyant entrer est venu nous prévenir… Trop tard, nous étions déjà coincé sur la fin du descendant. Alors, il est allé porter notre ancre plus loin afin que nous soyons déjà prêts pour la remonter dans l’heure qui allait suivre.
Nous avons profité de ce moment bien appuyés pour nous changer à des  vêtements secs, à assécher l’intérieur du bateau et à nous dire que nous avions le cul bordé de nouilles de nous retrouver la sans avoir eu à demander de l’aide de TowBoatUS. Surtout que nous n’étions pas dans les « US ».
Notez en passant que votre abonnement vous permet de vous faire remorquer par un fournisseur local aux Bahamas. La seule différence, c’est que vous devez le payer vous mêmes puis réclamer ensuite à la compagnie. Nous testerons ça une autre fois. Pour aujourd’hui, nous avons surtout testé notre sang froid et notre calme dans une situation d’urgence. Je dois dire que c’est ce dont nous étions particulièrement fiers tous les trois. Notre flegme et notre confiance mutuelle dans des circonstances plutôt inhabituelles. C’est le moins que je puisse dire.
PS
Désolé pour les photos que nous n’avons pas prises.😏 Mais vous comprendrez, dans les circonstances…

Nassau-thérapie

Bon enfin de retour au paradis!

Je sais que certains d’entre vous vont sursauter quand j’associe Nassau et le paradis. L’île en face s’appelle tout de même Paradise Island. Bon ça c’était pour vous taquiner un peu mais tout de même.
Je vais vous concéder que les bas-fonds sous le pont ne sont pas très fréquentables. Ce qui était il y a 30 ans une charmante attraction touristique où on allait manger des salades de conques est devenu, le jour, un taudis choquant pour l’oeil. J’en ai fait l’expérience pas plus tard  qu’avant-hier quand, avec Mélanie et Daniel nous cherchions un endroit pour déjeuner en ville. Je dois vous avouer que nous avons fait le tour puis, nous sommes revenus sur la rue principale pour manger.
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La saleté des étals n’avait d’égale que celle des gens qu’il les fréquentaient. Et vous savez que je ne suis pas le genre à lever le nez sur la première différence. Mais là, ça c’est complètement détérioré depuis 30 ans. Et tant qu’à y être je vais en remettre. L’an  dernier, un petit fanfaron québécois qui est allé s’y balader en soirée il y a laissé son portefeuille et son cellulaire à quelqu’un qui lui a présenté arme plutôt que le petit joint attendu.
Bon maintenant que je me suis vidé le coeur, parlons de Nassau et de ses charmes. D’abord pour une ville sur une île antillaise de près de 250 000 habitants (60% de la population du pays), elle a réussi à ne pas se congestionner tout à fait par la circulation automobile.  Entre autres, grace au système d’autobus à haute fréquence et à bas prix qui vous amène d’un bout à l’autre de la ville pour un dollar, vingt-cinq.
Si vous voulez aller vous frotter à la bande de la croisière s’amuse dans partie ouest du port vous pouvez le faire à bon compte. Même chose si vous avez besoin d’aller à un grand hôpital général dans ce secteur. Si par contre c’est comme moi un pèlerinage au Poop Deck pour aller prendre votre première Kalik en  ville ce n’est pas plus cher d’aller vers l’est. Puis vous allez découvrir que les Bahamas ont maintenant 5 bières locales différentes à vous offrir. Commander une Kalik, même si elle est maintenant déclinée en 4 ou 5 variétés différentes de son côté,  ça fait un peu rétro quand même.
Pour ce qui est des ancrages, vous avez encore deux bons choix. Celui du côté est devant la Bay Street Marina est bien correct, j’y ai passé deux nuits bien confortables en compagnie d’une douzaine de bateaux de passage. La Marina vous offre un amarrage sécuritaire pour votre dinghy pour 5$. Attention, ne le barrez surtout pas au quai; vous allez insulter le gardien de sécurité qui y est assis en permanence.
Celui plus près des bateaux de croisières devant la plage était désert quand j’y suis passé en arrivant. Je ne sais pas ce qui l’a désaffecté, mais même les bateaux des résidents habituels n’y étaient plus.
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Aujourd’hui je me suis déplacé vers l’ancrage à l’ouest,  passé les marinas, tout près de celle où je vais passer la nuit demain soir. Celui-ci est tout aussi populaire et surtout, un peu moins dans le trafic maritime du port.
Il faut se rappeler que Nassau est un port de ravitaillement important pour l’ensemble de la population des îles. Ce n’est pas un port de plaisance en soi, alors il faut être réaliste et  s’attendre à y fréquenter des grosses unités et du trafic commercial.
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Mais c’est aussi l’endroit où je retrouve mes chums:
-Milène et Daniel sur Mr Kite.
-Suzie et son chum sur Route d’eau.
-Le petit couple du début de la vingtaine qui nous charment avec leurs vidéos sur Galaway Bay :
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Puis Corine et Michel sur Anakena, mes voisins de Boucherville dont j’avais fait la connaissance l’an passé à Cuba et que je n’ai pas eu l’occasion de visiter de l’été malgré toutes les promesses qu’on s’était faites. Ils viennent de me dire bonjour en entrant à la Marina Nassau Harbour Club Hotel où je les rejoindrai demain soir.
Gardez l’écoute.
J’embarque Manon et Francis samedi soir et on se laisse transporter pendant une semaine par la météo à partir de là, vers les Abacos

Le Rayon Vert et les Conchs

Si vous me demandez quelles sont les images qui me viennent à l’esprit quand je pense aux Bahamas, je crois que spontanément, c’est ce qui me vient en premier. Bien sûr, il y a la couleur de l’eau, sa limpidité et les plages de sable déserte avec leurs bandes de coraux.

Mais le Rayon Vert, je l’ai vu pour la première fois ici à Long Island, il y a 30 ans et depuis, je le cherche chaque soir, partout où je suis en mer.

Ça prends des conditions particulières qui ne sont pas exclusive aux Bahamas. Rappelez-vous l’an passé à Cuba. Mais ici, les chances sont meilleures. Hier soir, en traversant le MacKey Scholls entre Bimini et Nassau, il s’est laissé photographier bien généreusement.
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Voyez sur la photo, ce point lumineux à la surface de l’eau, c’était bien ça. Malheureusement, la camera de mon cellulaire n’a pas bien enregistré la couleur, mais croyez-moi, le point lumineux qui vous paraît blanc était bel et bien vert pour une fraction de seconde que dure le phénomène.
Et je n’en était qu’à mon troisième coucher de soleil dans l’archipel. Le prochain, je vous le fait en vidéo- clip.
Pour ce qui est des conchs, c’est le veille que je suis allé marcher dans l’eau peu profonde au milieu du port de Bimini, près d’une petite île pour aller ramasser avec Gilles sur « Mona Lise » qui s’était proposé pour me donner un cours de rafraîchissement sur la manière de les apprêter. Gilles est une des deux personnes qui m’ont salué par mon nom dans l’heure où je suis arrivé à Bimini il y a quatre jours. Ce qui m’a fait bien sourire en me disant que je retrouvais ma gang en arrivant ici.

L’autre, c’est Marie-Eve, une jeune femme de Sherbrooke qui voyage avec un jeune Neo-Zelandais tout aussi sympa. Je les au déjà croisés à deux reprises cet automne, à Chesapeake City puis à Annapolis. Rappelez-vous. Je l’ai revue, en marchant vers les douanes, avec ses parents qui sont venus lui Si vous me demandez quelles sont les images qui me viennent à l’esprit quand je pense aux Bahamas, je crois que spontanément, c’est ce qui me vient en premier. Bien sûr, il y a la couleur de l’eau, sa limpidité et les plages de sable déserte avec leurs bandes de coraux.

Mais le rayon Vert, je l’ai vu pour la première fois ici à Long Island, il y a 30 ans et depuis, je le cherche chaque soir, partout où je suis en mer.

Ça prends des conditions particulières qui ne sont pas exclusive aux Bahamas. Rappelez-vous l’an passé à Cuba. Mais ici, les chances sont meilleures. Hier soir, en traversant le MacKey Scholls entre Bimini et Nassau, il s’est laissé photographier bien généreusement.
Voyez sur la photo, ce point lumineux à la surface de l’eau, c’était bien ça. Malheureusement, la camera de mon cellulaire n’a pas bien enregistré la couleur, mais croyez-moi, le point lumineux qui vous paraît blanc était bel et bien vert pour une fraction de seconde que dure le phénomène.
Et je n’en était qu’à mon troisième coucher de soleil dans l’archipel. Le prochain, je vous le fait en vidéo- clip.
Pour ce qui est des conchs, c’est le veille que je suis allé marcher dans l’eau peu profonde au milieu du port de Bimini, près d’une petite île pour aller ramasser avec Gilles sur « Mona Lise » qui s’etait proposé pour me donner un cours de rafraîchissement sur la manière de les apprêter. Gilles est une des deux personnes qui m’ont salué par mon nom dans l’heure où je suis arrivé à Bimini il y a quatre jours. Ce qui m’a fait bien sourire en me disant que je retrouvais ma gang en arrivant ici.
L’autre, c’est Marie-Eve, une jeune femme de Sherbrooke qui voyage avec un jeune Neo-Zelandais tout aussi sympa. Je les au déjà croisés à deux reprises cet automne, à Chesapeake City puis à Annapolis. Rappelez-vous. Je l’ai revye, avec ses parents qui sont venus lui rendre visite à Bimini, en marchant vers les douanes, 15 minutes après non arrivée.
Pour en revenir à Gilles, c’est un drôle de numéro qui à 63 ans, à décidé d’oser vivre sa vie sur un bateau. Il est à Bimini pour sa deuxième année et est ancré près de l’atterrissage des hydravions qui amènent les gens riches et célèbres aux super World Resort & Marina de Bimini North.
Gilles n’est pas riche et célèbre, mais il fait comme si. Alors il m’a indiqué où on allait prendre une douche sans frais à la Marina et m’a fait faire le tour du proprio du Resort saluant de la main le préposé à l’entretien, puis un beau bonjour à la femme de ménage du Hilton avant de prendre l’ascenseur pour m’amener à la piscine sur le toit. Elle était fermée ce jours-là mais qu’à cela ne tienne nous nous nous sommes rabattus sur celle du Big Games Resort où j’avais goûté ma première Kalik la veille.
Gilles fait partie du paysage de Bimini. Il est partout chez-lui, partout le bienvenu. Il a l’air tellement à son aise partout où il va qu’on le prends pour un client régulier. Ce qu’il est en définitive, mais en squatter. Et ça vous seuls le savez, les bahamien n’y voient que du feu. Ou plutôt, ils s’en fouent éperdument; il agrémente le paysage de sa présence colorée.
Alors, c’est Gilles qui m’a réappris à sortir la Conch de sa coquille. Et comment l’apprêter soit en salade ou comme je préfère, en « Cracked Conch »;  battue, trempée dans une légère pannure et frite dans l’huile.
Un délice typiquement Bahamien que j’ai appris à goûter au Poup Deck de la Marina Yatch Haven de Nassau à ma première arrivée ici avec mon ami Ed de Port Kent sur le Lac Champlain,il y a bien longtemps de cela, me semble-t-il.
Enfin, ce matin, je suis enfin rendu à Nassau ou presque puisque j’ai choisi le sud de l’île de Providence pour mon arrivée. Un ancrage qui m’avait bien plut il y a deux ans avec Jean-Guy, mais que j’ai trouvé plutôt roulant la nuit passée.
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Enfin, j’ai trouvé mon quai pour deux semaines derrière la Base Navale des Bahamas à peu près à mi-chemin sur la rive sud, où une série de canaux creusés pour un développement domiciliaire est devenu un refuge pour les bateaux laissés en attente du retour de leur Ça.
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Mon hôte est Vivian Lockhart, il est en train de refaire ce bateau auquel je suis amarré.
On se retrouve dans deux semaines.
Pénélope m’attends.😊
Voilà

Deuxième essai: le Gulf Stream à franchir.

Dimanche après-midi, on fait de la stratégie à No Name Harbour. C’est Pierre Bouchard sur « Destiny IV US » qui est le Commandant de la flotte. Un homme sage qui n’aime pas le trouble. Ca fait une semaine qu’il est en attente de sa fenêtre météo et il l’a voit cette nuit.

Plusieurs sont partis au cours de l’après midi mais lui nous propose de partir à 1h du matin avec  la marée descendante et de profiter d’une mer qui se sera plus calmée encore. Après mon dernier essai avorté, je suis partant pour l’approche sagesse. De toute façon, c’est ce que Chris Parker, le gourou de l’Atlantique nord suggérait il y a 5 jours.
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1h00 pile, nous levons l’ancre avec deux autres voiliers : « Wind Drifter » un américain, le copain de Pierre et « Within Reach » de Paul et Francine. Nous prenons un cap vrai de 120 degrés en partant pour prendre un peu d’avance sur le Gulf Stream qui va nous repousser vers le nord dans 2 heures d’ici.
Effectivement, à 3h du matin, au près bon plein, sous voile et moteur à 5,6Nds de vitesse sur le fond, notre cap compas est de 122 degrés. Nous restons au-dessus de notre ligne théorique sans difficultés, mais avec une vitesse réelle sur le cap de 99 -92 degrés de 4,2Nds seulement. Nous avançons un peu à la façon des crabes.
La façon de faire sans se faire damner!
En laissant le Gulf Stream prendre sa livre de chair.
À 4h00, je demande à Linus de garder le cap à 127 degrés pour réussir à faire un cap vrai de 85 degrés. Nous sommes en plein dedans  à 13 MN de notre point depart. Et une moyenne de 4,1 Nds sur le fond. Il est de plus en plus vorace ce courant d’eau chaude (la température à monté de 3°C) qui remonte vers le Nord
Il est 5h30 et nous avons parcouru la moitié de la distance de 45MN à franchir. Selon l’ordinateur de bord, si nous maintenons notre vitesse instantanée, nous serons à Bimini dans 4 heures d’ici. Ce qui me paraît beaucoup plus court que je n’avais imaginé. Nous avons fait du bon temps à vitesse supérieure à mon estimé.
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À 6h00, juste avant l’aube, nous distinguons déjà les feux de Bimini droit devant. C’est rassurant, l’île est encore là. Nous roulons à près de 6Nds sur 110 degrés visé et 80 degrés réel. Nous reprenons le dessus sur le courant du Stream dont nous sortons progressivement.
9h30 à l’ancre devant le Bureaux d’Imigration, juste passé le fameux Bimini Big Game Club où je déguste ma première Kalik vers 13h00 après avoir complété les procédures de douanes et immigration.
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Heureusement fatigué!