Enrôlez-vous qu’ils disaient

Puis après vous êtes enrôlés, sans que vous vous en rendiez compte. C’est au moment où ils ne vous laissent plus débarquer que la réalité vous rejoint.

On me reproche parfois de « peindre la réalité en rose »; de ne pas tout raconter les parties difficiles d’un voyage à la voile. Moi je me défends en disant que je ne trouve pas ça difficile; j’aime tellement ça. En fait, si Odette avait été partante, nous vous aurions fait un journal à deux voix; ce qui serait vraiment amusant. Alors j’y vais, j’essaie de faire les deux voix, pour cette fois-ci.

Destiny VI US sous voiles pour la première fois 😎

Ça commence à New York là où on s’était arrêté la dernière fois pour une courte visite de Time Square et de Macy’s. Alors cette fois-ci Odette me dit qu’elle veut voir la ville : Central Parc Soho et autre quartiers typiques. Je me transforme en guide touristique enthousiaste et après avoir débarqué à Battery Park je l’entraîne vers Greenwich Village et Soho. Puis, je la traîne vers Little Italie et le Chinese District. Je dois vous avouer que nous ne nous y sommes pas rendus. Et que même une visite chez Macy’s pour les cadeaux de Noël des petits n’a pas récupéré le coup manqué.

Qu’à cela ne tienne nous sommes ici pour faire de la voile pas de la ville. Alors demain, Sandy Hook puis après la descente de la côte Est en mode flâneur. Nous y rejoignons Louise et Luc sur Lady Lou II ainsi que Véro, Jean-François et le petit Ludovic sur Lud-eau-vic, Paul André et sa fille Caro sur Plein Soleil et Gaëtan et Danièle sur Sunten II. Certains d’entre eux profitent du service après vente de leur Guide de l’intracostal et me demande de les accompagner un peu pour les premières expériences.
Et pour ma fiancée aussi Sandy Hook c’est une première expérience ou presque. Enfin pas juste pour elle, mais pour à peu près tout le monde qui était autour ce matin du départ, c’était une première expérience de sortie en mer. Là où le mal de mer veille…

Odette à la barre en mer bien formée au large de Sandy Hook.

La météo nous propose un vent du Nord-Est  de 15 Knds ce qui est parfait. Avec des bourrasques à 25 ce qui l’est un peu moins. Les vagues de 3 à 5 pi, mais aux 17 secondes, c’est tout de même acceptable. L’autre bémol, c’est la météo officielle de NOAA qui nous donne un « Avis aux petites embarcations » ce que Louise me relaie vers 6h30. Cela va me retenir pour quelques heures ainsi que Jean-François sur son Trawler. Mais bon, , il y a des options de replis au cas où. Hors donc, P-A s’engage pour Atlantic City parce que sa fille doit rentrer et Lady Lou II part pour « on verra en route… » Lud-eau-vic m’attend. Nous laissons les autres partir et nous dire l’état de le mer puisque nous ne dépasserons pas Manasquan Inlet à 4 heures de route seulement, c’est décidé avant le départ. Je crois que c’est plus facile à deux de toute façon quand je regarde Odette faire des photos et du film de l’autre bateau qui nous accompagne.  Ce qui fait qu’elle ne sent pas trop le mal de mer avec un Gravol, si ce n’est une attaque de sommeil plutôt. En définitive, malgré l’avertissement de NOAA, même sur le Trawler, la traversée c’est fait sans douleurs. Ce qui fait dire à certains que NOAA la joue « prudente » avec ses avertissements et qu’ils peuvent être remis en question parfois.

Au final, nous nous sommes retrouvés les derniers entrés à Manasquan et ce n’est que rendus que nous avons retrouvé les trois autres bateaux qui avaient finalement aussi pris la première ré-entrée là où ils pouvaient mettre fin au brassage. Bien sûr, parmis tout ce beau monde, c’est moi que la Garde Côtière a intercepté en entrant dans l’Inlet, pour une inspection de routine. J’ai maintenant mon certificat de conformité pour ce qui est des éléments de sécurité requis à bord. Rassurant pour la suite des choses.

Deuxième journée de descente par l’intérieur cette fois, c’est J-F qui apprends la navigation en eau peu profonde car, cette partie du New Jersey est particulièrement peu profonde. Heureusement pour lui, les vents forts de l’Est des derniers jours ont fait monter de presque de trois pieds le niveau de l’eau dans Barnegate. La où on s’attendait à un jeu de 6 po d’eau sous la quille, mais y avons trouvé plein d’eau. C’est Lady Lou II qui d’autre part, a failli s’en retrouver coincé sous le pont qui n’annonce que 55pi de libre quand le Hunter 35,1 tire 56pi avec son antenne de VHF. Qu’à cela ne tienne, Lucky Luke prends la chance d’y passer doucement et n’a même pas entendu le « schling » du frottement de l’antenne sous la structure. Ce qui nous fait réfléchir à deux choses: la hauteur inscrite est spécifiée : hauteur minimum et l’arche du pont est plus haut au centre que sur les côtés. Il y a donc un ou deux pieds de jeu non inclus dans le chiffre sur la plaque. Ce qui se confirmera quelques jours plus tard sous deux autres ponts dans le Canal de Cape May 
C’est aussi ce qu’avait confirmé la Garde Côtière consultée, mais laissé perplexe, le représentant local de TowBoat US, notre autre référence dans ces circonstances.

Petite pause d’autre le « fameux » Boardwalk!

Rendus à Atlantic City après deux jours de navigation à l’intérieur, nous devons attendre un autre deux jours une météo favorable, semblable à celle du départ pour nous rendre à Cape May, ce qui sera notre plus belle randonnée en mer au portant avec une mer bien formée et une plus grosse (5 pi) vague au 15 secondes pour nous garder éveillés. Ce qui fait que ma fiancée a oublié de me demander s’il y avait un aéroport proche puisque l’idée de rentrer au Québec ne lui est pas venue malgré ces deux passages obligés. Je dois dire qu’elle a appris à bien balancer sa ration de Gravol pour ne pas être nauséeuse tout en restant bien éveillée.


Ragaillardis, nous quittons Cape May dès le lendemain matin pour profiter d’un vent idéal du Secteur Sud et de la marée pour remonter le troisième passage obligé : la Baie du Delaware. Moi je trouve que ce fût ma plus belle remontée de cette baie depuis que je le fais régulièrement. Mon bateau se comporte bien sous foc seul dans 15-18Nds au portant. Des pointes à 8,5-9Nds sur le surf d’une plus grosse vague au 15 secondes nous portent en haut de la baie vers 16h30. P-A qui la fait il y a deux jours est déjà rendu à Chesapeake City et me dit que l’ancrage est plein en ce beau dimanche après-midi. Je propose donc à mes compagnons de route de jeter l’ancre pour la nuit derrière Reddy Island juste avant l’enteee du C&D Canal, devant Canada’s Beach. Tout est en place pour le charme du coucher de soleil mais c’est malheureusement nuageux. Puis le vent et la vague qui nous ont portés en haut de la baie entrent par la pointe Sud de l’ancrage et les vagues ont encore du pouvoir de brassage même rendu à nous. J’ai mis une longueur de plus de chaîne pour être assuré que mon ancre ne dérape pas. Mais ce n’est pas tout à fait assez pour rassurer ma fiancée. Odette va passer la soirée dans le cockpit comme Louise d’ailleurs sur Lady Lou II. Je me demande ce qui fait que les gars ont plus confiance à la chaîne d’ancre que les filles. Odette pense que c’est à cause de 30 ans d’expérience de différence. Elle a un point là! Le lendemain, je l’ai amenée de reposer a Chesapeake City, ce petit coin charmant ou le vent n’est jamais venu déranger personne. C’est la fin des passages obligés.

C’est toujours plus calme sur la photo, la baie du Delaware!

Prochaine étape : Flâner la Chesapeake!

Une troisième quinzaine qui sera bien différente des deux précédentes. Mon plus grand défi : apprendre à ma blonde à aimer faire de la voile avant qu’elle ne désaprenne à aimer son Capitaine.
Je garde les doigts croisés.😉


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C’est dur la vie de marin!

Je sais, vous ne voulez pas me croire, mais regardez ce qui se passe. Plus d’une semaine sans donner de nouvelles à mes meilleurs: mes lecteurs favoris. N’allez pas croire que c’était pour me faire désirer. Au contraire, à tous les jours je me disais, aujourd’hui, je vais écrire, mais le temps était trop court ou le sommeil trop rapide à arriver.

Sans blague, la dernière semaine a été sans répits. Oh, on a bien eu une petite pause quand Patrick est venu m’aider à monter les voiles pour la première fois dimanche dernier à Burlington. Il m’a même aidé à descendre et remonter la dérive qui n’avait pas bougé depuis quelques années. Heureusement qu’il était là avec les bras forts d’un jeune homme pour la remonter. Je crois que je vais y aller à dérive relevée pour l’instant, car même comme ça, le bateau remontait très bien, même par petit temps. C’est un C&C après tout. Et les voiles sont en bonne conditions.
Le démâtage
Deux jours plus tard, nous sommes rendus à Chipman Point pour le démâtage sous les hospices de Chip qui était un peu dans la lune à la première heure. Je dois dire, à sa décharge que c’était un matin plutôt brumeux. Alors il a pris un peu de temps à retrouver mes supports de mât qu’il m’avait pourtant garanti avoir bien en main. J’ai donc accepté de manière fort galante  de laisser passer mes amis Nathalie et Philippe sur FULUB devant moi sous la potence. Ainsi quand mon retour fût venu, Chip était bien réveillé et a fait un bon travail comme d’habitude.
Odette qui était impressionnée par l’opération nous a mis tout ça en photo pour la postérité, puis nous avons entamé la descente de la rivière le mât bas mais le cœur léger. Un beau petit tour dans le bayou où l’on croise un couple de pêcheurs occasionnels et plein d’oiseaux aquatiques.
Fin de journée à l’ancre dans le dernier tournant avant de faire face à l’écluse #12. Je vous dit cela pour vous faire noter de ne pas vous ancrer là où vous le suggère mes amis de Active Captain. C’est rare, mais ici, leur marque d’ancrage est trop au nord. Vous devrez vous ancrer au-delà de l’endroit indiqué, même si vous devez rester un peu dans le chenal. Confiant qu’après la fermeture de l’écluse pour la nuit, il ne devrait pas y avoir beaucoup de trafic dans le coin. Inutile d’allumer votre lumière de mât (hahaha); optez plutôt pour un fanal accroché dans le cockpit qui éclairera votre « cabane de plastic » de façon très voyante, au cas où.
Note légale
Officiellement, vous devriez faire votre premier rapport de position ici à Withehall pour satisfaire aux exigences de CB Protection pour les embarcations de plaisance étrangères qui circulent sur le territoire avec un « Cruising License ».
Les écluses
Même si je vous dis que c’est facile avec l’expérience, ce n’est pas moins dur sûr les vieux muscles. J’en ai un à l’épaule droite qui est encore douloureux une semaine plus tard ou presque. Ça s’est passé dans la première, la #12, à Withehall, là où, contrairement aux autres, vaut mieux ne pas être à mi-chemin du mur, car c’est là que l’eau entre et qu’on se fait brasser les préposés aux amarres sur le bateau.
Pour la suite, tout s’est bien passé jusqu’à la #7 car mon équipière n’en était pas à ses premières armes. Rappellez-vous, la dernière fois, c’est elle qui tenait l’amarre avant en remontant du Sud.
L’écluse #7, c’est l’arrêt de plusieurs amateurs, à peu près à mi-chemin du parcours, à Fort Edwards, là où la municipalité nous offre un beau grand mur d’amarrage sans frais et une bonne douche chaude pour quatre « trente sous ».
Danièle et Jean de Voilier SUBTIL y étaient déjà amarrés pour nous accueillir puis nous présenter Diane et Gaëtan sur SUNTEN un petit Trawler Grand Banks qui se faufile bien entre les voiliers. Quelques minutes plus tard c’est FULUB qui nous a rejoint après avoir franchi la bosse de boue moins profonde entre les écluses #9 et #8. Il a fallut convaincre Nathalie d’y aller de bon gré pour cette partie car Philippe avait déjà déclaré forfait sur Facebook une heure auparavant. Ce qui m’a valu quelques appels sur Messenger pour rassurer ceux qui étaient derrière, que la situation accidentelle allait être réglée le lendemain pour les tirants d’eau de plus de 6 pi. La preuve que ça ne prends pas grand chose pour inquiéter des voileux qui ont déjà avec un peu de nervosité normale pour une première descente.
Nous avons bien ri de tout ça au dîner autour d’une bonne pointe de pizza chez Stompy’s sur Broadway. La place en ville pour pour une délicieuse  pizza servie à la pointe. Prenez-en une deuxième pour apporter au bateau, vous ne le regretterez pas.
Petit matin brumeux à Fort Edwards.
Le paysage était féerique et la météo annonçait 1°C, ce que je vous ai rapporté sur Facebook. Mais c’était sans préciser que dans l’étau à 20°C et sans facteur éolien, c’était tout à fait confortable dans le bateau et même sur les quais quand j’ai pris la photo. Si j’ai un peu retardé mon départ, c’était pour permettre à la brume de se dissiper et nous révéler notre chemin.
Pour cette deuxième journée d’éclusage, nous avons fait la queue derrière SUBTIL et SUNTEN jusqu’à la croisée des canaux à Waterford où nous avons laissé nos partenaires du moment pour continuer jusqu’au quai municipal de Albany. Pourquoi le quai municipal de Albany plutôt que celui de Waterford? Qui sait? Peut-être tout simplement une préférence personnelle. Où est-ce à cause de la tranquilité de l’endroit, à moins que ce ne soit les souvenirs d’y avoir passé de bons moments avec d’autres compagnons de route diffetents à chaque année.
Je dois avouer que cette fois-ci, j’avais un agenda précis. Je voulais m’assurer de pouvoir être démâté dès mon arrivée à Catskills vendredi midi car je croyais que ce soit possible en fin de semaine. En effet, Shan de Hop O Noze a accepté de me remâter vendredi midi lorsque je l’ai appelé en me précisant d’arriver aussi tôt que possible. Ce qui m’a fait parcourir les premiers miles dans une brume assez intense pour être seul sur l’eau à 8h du matin.
Je dois dire que c’est à ce moment que j’ai apprécié que mon propriétaire précédent ait équipé son bateau d’une VHF réceptrice de signaux AIS. Une dépense que je n’avais jamais osé faire sur mes bateaux précédents sous prétexte que même si les gros se font voir, les petits n’en sont pas nécessairement équipés et eux sont tout aussi dangeureux.
Donc au départ de Albany en pleine brume matinale, je pouvais voir tous les gros à quai et qu’aucun d’eux ne venait vers moi. Quant aux petits, je me suis dit que personne ne serait assez téméraire pour partir à moteur dans une telle visibilité nulle. Ce qui s’est avéré sauf pour ce vieux fou qui navigait en bordure du chenal, toutes oreilles ouvertes et les yeux bouchés bien durs pour la première heure.
Remâter à Catskills
Chez Riverside, à tribord en entrant ou tout au fond chez Hop O Noze, a babord? Je dis dans mon guide que les deux sont très compétents et vous offrent un bon rapport qualité-prix. Dans les faits, je me retrouve chez Hop O Noze la plupart du temps car j’ai un faible pour leur côté artisanal et un peu vieillot du côté des installations.
Ça n’empêche pas Williams de faire un travail méticuleux et de prendre le temps de vous donner un coup de main au besoin. Puis, il prends du gallon face à son patron, au point que Shan peut dorénavant se concentrer sur son rôle de cuisinier dans un resto-bar qui va de mieux en mieux.
Ainsi, il accepte maintenant de partager la fonction critique de grutier avec son bras droit, pour le mieux de l’entreprise.
Maintenant, la bonne et la mauvaise nouvelle de Catskills 2019:
La mauvaise d’abord : nous sommes arrivés deux jours trop tard, les chats avaient quitté la rue pour la vente aux enchères de la première journée de l’automne, comme c’est la coutume. Va falloir partir quelques jours plutôt à la manière de Nathalie et Yves sur ODANATA qui heureusement nous ont fait un bon reportage photo la semaine précédente.
La bonne : j’ai découverte un petit bijou de la gastronomie sur Main St. Le Café Méditerranéen nouvellement ouvert par Salah, un cuisinier originaire d’Égypte qui maîtrise la palette des arômes de la Méditerranée aussi bien dans un wrap au poulet délicieusement différent que dans sa côtelette d’agneau offerte en table d’hôte au lunch. Faut le faire tout de même. Mais il m’a aussi impressionné avec sa machine à café italienne d’une autre époque.
J’ai vécu en Italie et je l’ai parcourue du nord au sud et de retour en faisant une enquête sur la raison qui fait que le meilleur café au monde se boit debout dans un Caffe-Bar italien. Mais je n’avais jamais vu une telle œuvre d’artisanat que cette machine traditionnelle à piston des années 40 en cuivre martelé. Et c’est à Catskills, un petit bled du nord de l’état de New York que j’en rencontre une en personne. La vie nous offre de ces occasions inattendues qui la rend si passionnante.
J’y ai fait aussi de belles rencontres, cette année, dont mes bons amis Louise et Luc sur LADY LOU II. Les tous premiers clients de mes Guides nautiques, ce qui nous fait quelques belles d’années d’amitié. Ils avaient passé tout droit à Casteltown avec FULUB même s’ils avaient considéré s’y arrêter pour remâter par eux-mêmes. Une décision que j’ai considéré sage quand le mât est assez grand pour nécessiter deux étages de barres de flèches.
Enfin, aujourd’hui c’est lundi à Kingston et c’est jour de repos pour DESTINY IV US, mais pas pour l’équipage qui est passé par le lavoir, grâce à SUNTEN qui fait un arrêt technique ici à la Marina pour cause de changement de pompe à eau sur son moteur tribord. Gaëtan et Diane,  un couple charmant qu’il nous a fait grand plaisir de retrouver par le fait même.
Voilà ce que je ne vous avait pas dit, parce que je n’avais pas l’énergie de m’y mettre pendant cette semaine, là plus fatigante de la descente…
… à date!🤪

C’est parti… enfin!

Je vous avais annoncé notre départ pour lundi et j’ai réussi à le faire jeudi. Juste a temps en fin de compte pour ne pas partir un vendredi 13, tout de même. Ça illustre bien le thème de la descente cette année « en mode flâneur ». J’ai choisi de bien mettre en pratique mais écrits et profiter de la vie à bord de mon nouveau bateau.

Jour 1 – St-Paul de l’île aux noix jusqu’à North Hero sur le Lac Champlain.

Pas de vent, ça adonne bien nous allons nous habituer progressivement au bateau en faisant la 1re sortie à moteur. Il se comporte bien, la barre est douce, là portée est plus douce aussi à cause du poids légèrement supérieur à SurpriseS. C’est bien parti.
Notre importante en passant, le célèbre Fort Montgomery est a vendre pour un peu moins de 3M$. Si vous cherchez un petit coin tranquille sur le Richelieu.
L’ incident du jour, juste passé le Fort, puisqu’ il en a toujours un; allons-y c’est la partie amusante. ça se passe aux douanes américaines, où nous avons abordé à quai d’une façon professionnelle sans que personne ne s’en rende compte jusqu’à ce qu’on monte la rampe d’accès à leur roulotte pour être accueilli gentiment par un jeune douanier du nom de ******, prononcez « Mô-kou-inne ». Un nom bien Canadien français qui me met en confiance jusqu’à ce que je réponde à sa question : « Quand retournerez-vous au Canada? »
Comme un jeune à ses premiers contacts avec « Custom & Border Patrol » je reponds candidement que mon bateau va rester dans le Sud cette année après mon séjour aux Bahamas. Et là c’est changement de situation je deviens un délinquant dangereux qui va laisser son bateau aux États-Unis pour une année ce qui est complètement illégal. J’ai beau lui expliquer que le bateau ne sera pas là pendant une année que c’est la pratique courante de beaucoup de Canadiens de laisser leurs bateaux en Floride au retour des Bahamas et avant du retourner dans quelques mois. Sa replique c’est que beaucoup de Canadiens peuvent être dans l’illégalité ça ne rend pas la chose légale. Hum…
Après quelques intervention de sa collègue, l’agent *****, prononcez « i-épaisse » qui tentait constamment de me faire dire des choses que je n’avais pas dites pour me prendre en flagrant délit de mensonge, je me voyais retourner à St-Paul pour revenir passer toutes lumières éteintes au milieu de la nuit.
J’ai dû finalement lui demander de vérifier avec ses collègues de Melbourne où je suis allé à quelques reprises avec mon ami Jean-Guy pour les procédures bien légales d’entreposage afin qu’on lui explique ce qu’il n’avait pas encore compris.
Finalement, tout s’est réglé comme par magie et il m’a remis la « Cruising License » que je lui demandais et rien de plus, quand un autre bateau, américain, celui-là, est arrivé pour passer la douane à son tour. Mes deux lurons avaient maintenant autre chose à faire par ce beau jeudi après-midi et m’ont laissé partir sans plus de soucis tout à coup.
La morale de cette histoire : aux douanes vous répondez par oui ou par non. Point, à la ligne.
Tout ça ne nous a pas empêchés de profiter de la dernière partie de l’après-midi pour nous rendre à North Hero l’ancrage favoris de plusieurs de mes amis au lac et je comprends pourquoi c’était magnifique tranquilité dans l’ancrage.
Jour 2 – North Hero à Valcourt
Pour saluer les amis qui ne manqueront pas d’être là un vendredi soir. Gérald entre autres doit nous y retrouver sur un bateau qu’il a loué pour une dizaine de jours avec son chat Bosco et autres invitées mystère.
Une courte randonnée avec un léger vent variable qui va se placer bientôt de face et forcir avant notre arrivée à Valcourt. Ce qui va me permettre de confirmer que la coque du C&C passe bien dans la vague, mais que petit Yamaha de 15hp est un peu limite pour déplacer les 10 000 livres du bateau habité. Une donnée à se rappeler lors des déplacements à moteur…

Arrivé à Valcourt où nous devrions être bien protégé contre le vent du sud très fort prévu, cette nuit, c’est mon ami Gratien Courtois qui est venu me donner un coup de main pour mieux choisir mon ancrage. En fait, je me suis retrouvé à coté de TWEETY II dans Bluff Point North, le spot le mieux protégé des vents du Sud. Et le meilleur endroit pour accepter l’invitation de Marielle de venir prendre l’apéro à bord. A 15h c’est permis l’apéro sur l’eau. Que l’on ne rentre chez soi que vers 20h, c’est dire que la conversation a roulé bon train. Dans compter la visite d’un magnifique voilier de 39 pi qui m’a réconcilié avec la marque Hunter.

Ce qui a fait que j’ai complètement manqué l’arrivée de mon chum Gérald avec qui je n’ai réussi à prendre contact qu’en soirée, quand le vent avait monté au point que les visite en Dingy entre voiliers étaient annulées.

À la prochaine mon ami!😚

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À deux c’est mieux.

Bonjour mes amis voileux et voileuses que j’ai négligés pendant une saison de pause pour redécouvrir les charmes de la vie à deux.

Après une année de pause forcée au début, à cause mes mon « ami Luc », mais ensuite bien remplie, dans mon nouvel environment socioaffectif à Québec City, me revoici sur la route du Sud. Nous revoici, Odette et moi, devrais-je dire. Elle était venue faire un premier essai si vous vous souvenez au printemps 2018, mais c’était une course contre la montre pour remonter en mode « convoyage de yacht ». Là, je me promets bien que notre descente se fera en « mode flâneur » comme le suggère mon guide.

Puis pas juste une nouvelle équipière, une nouvelle fiancée, même! Ulysse, c’est du passé, maintenant alors vous allez découvrir toute une nouvelle touche aux aventures ( et mésaventures) que je vais vous raconter tout au long de la descente cette année.

Ça commence lundi si la température le permet, à partir de St-Paul de l’île aux noix pour un premier essai sous voile de DESTINY IV US. En passant, ça me fait tout drôle de ne pas parler de SurpriseS qui est partie vers d’autres aventures. Elle va me manquer sentimentalement, mais probablement pas autrement.

Si vous jetez un coup d’œil sur la photo vous conviendrez que je nous offre du confort comme je n’en ai jamais eu à bord. En plus des quelques pieds de plus pour ranger la garde-robe de ma fiancée, regardez la concession majeur que j’ai fait pour nous transformer mon cockpit en une Florida Room. Imaginez les belles heures de relaxation même sous zéro à l’extérieur; comme on le vit habituellement en entrant en Floride, vers le Premier décembre.

Pour revenir à Destiny IV US, je trouve que c’est une évocation très appropriée pour cette nouvelle aventure. Ce qui m’incite à ne pas vouloir le changer même s’il est écrit dans une langue qui nous est plutôt étrangère à Québec City.

Alors, restez  branché.e.s pour la suite des histoires du Capitaine Philippe et de sa fiancée. 😙

 

 

La saga de l’arbre d’hélice

Vous avez bien raison, je vous néglige. Deux mois sans mot dire. C’est que je voulais me calmer un peu pour ne pas maudire, justement.
Commençons par la fin. Vous avez remarqué que la date ultime pour franchir le Canal Champlain pour amorcer la descente vers le Sud était hier et que je n’étais toujours pas rendu à Withehall.  En effet, vous avez raison, j’ai manqué l’échéance. Une série de circonstances m’ont mené à décider de rester au Québec cet hiver.
Le tout remonte au 25 juin quand je suis finalement rentré d’une longue remontée en mode convoyage de yacht avec Odette. J’avais réservé une sortie et remise à l’eau chez Marina Gosselin avec un entreposage pour deux mois (le mois de juillet pour prendre une pause et celui d’août pour faire mes radoubs majeurs après deux ans dans l’eau). Mon intention étant de me reposer à Québec avec ma blonde tout en rédigeant la version finale de mon Guide de l’Intracostal en mode flâneur (qui a eu un beau succès, sois dit en passant).
Mais voilà qu’après avoir laissé mon bateau à quai chez Gosselin pour leur permettre de le sortir de l’eau le lendemain, puisque c’était jour férié.
received_10155803375357426Deux jours plus tard,  mon ami P.O m’envoie cette photo en me demandant ce qui était arrivé à mon bateau. Consterné, j’appelle Luc Gamache, le responsable des ateliers qui ignore de quoi je parle. Quand je le rappelle le lendemain, il me dit que « ce ne sont pas ses gars qui ont fait ça »; « c’était brisé quand il l’ont sorti de l’eau ». Je n’en reviens pas de me faire dire une grosse menterie pareille sachant très bien que j’ai rangé mon bateau au quai que le jeune homme m’avait désigné après avoir fait le pump-out. Tout ceci avec mon moteur en marche qui avait fonctionné pour me rendre là, le jour même, à partir du Lac Champlain.
Il s’en suit un échange de points de vue différents qui ne peuvent pas se rejoindre. Je suis persuadé qu’ils l’ont brisé en le sortant de l’eau; il est persuadé que non. Mais il n’est  pas assez compétent pour m’expliquer comment ça aurait pu arriver; il fait juste mordre dans son os : »C’est pas nous ». J’ai pensé que peut-être un sous-marin allemand… mais j’ai chassé cette idée et j’ai appelé INTACT, mon assureur qui m’a donné un service impeccable et un paiement rapide (les travaux n’étaient pas complétés et j’avais le chèque en main).   5 ****
Pour vous permettre d’apprécier les dommages et de vous « faire une tête » là-dessus, voici un petit clip illustratif. Cliquez sur le lien suivant pour visionner :
Et c’est là que l’histoire devient une saga que je vous résume en mode Power Point.
  • Mon assureur me demande de choisir le réparateur de mon choix et que dès que le bateau sera rendu chez-lui, ils envoient l’ajusteur (une particularité que je ne comprends pas mais c’est eux qui payent). Mr Gamache chez Gosselin à qui j’ai demandé de le réparer n’a même pas daigné me répondre (courriel et appel téléphonique).  Faut dire que je n’étais pas très enthousiaste à lui faire faire des sous sur mon dos non-plus. Toujours est-il qu’après une courte consultation auprès de mes amis expérimentés avec St-Paul de l’Île aux Fourbes, je choisis M. Bouchard de ManuFibre reconnu pour sa compétence. Je le trouve plutôt affable quand nous nous entendons pour qu’il fasse transporter SurpriseS chez lui (Il n’est pas autorisé à travailler chez Gosselin, évidemment) et effectue les réparations. Le seul hic, comme tous les gars compétents, il est très occupé et ça va aller à la dernière semaine d’août pour les travaux. Je lui fait remarquer que je pars le 15 septembre. Il ne voit pas de problème, ce sera fait dans une semaine. 
  • Je passe le mois de juillet tranquille à Québec à rédiger un Guide et explorer les délices de l’Amour naissant avec Odette, ma nouvelle flamme*. Qui est en fait une de mes amours de jeunesse que j’ai retrouvée grace à Facebook.
  • Vient le mois d’août et grâce à l’hospitalité de Daniel et Mélanie qui ont leur voilier, Mr Kite, à quai à St-Paul, je passe le meilleur de mon temps à réaliser un programme de rénovation qui est un peu plus ambitieux que ce j’aurais dû mettre en oeuvre. Quelques milliers de dollars et plusieurs heures à monter et descendre de l’échelle, les travaux n’avancent pas au rythme que je souhaiterais. Parallèlement, mon mécanicien émérite qui ne méritait pas ma confiance se traîne les pieds et me donne des excuses pour justifier que mon bateau est toujours chez Gosselin. Ce qui gèle tout le processus d »estimation des dommages par l’assurance. Nous en arrivons à la dernière semaine d’août et il n’a rien fait et ne sera pas prêt à s’y mettre avant une autre semaine minimum. Je le remercie poliment et me retrouve devant rien ou un peu moins car…
  • Entre temps, en « gars qu’on ne fait pas « suer » indûment », j’ai eu l’occasion de parler à Mme Gosselin, la Gérante de l’entreprise pour lui faire un rapport en bonne et dûe forme au sujet du traitement reçu de son Contremaître. Je lui ai expliqué comment je trouvais que je n’avais pas été traité adéquatement en tant que client. Le tout accompagné de quelques bons exemples de failles du point de vue management dans sa cour à bateau. Une madame très affable et professionnelle qui m’a écouté et a semblé naturellement surprise de ce que je lui racontais. Nous nous sommes laissés sur : « les assurances détermineront les responsabilités ».  * ce que j’ignorais à ce moment-là c’est que le gars Gamache est aussi son époux. hahaha. Ils partaient en vacance pour deux semaines ce weekend-là. Ils ont dû en parler sur l’oreiller… 
  • Hors, donc, le lundi du  retour de vacance du petit couple en question, après avoir remercié Bouchard la semaine précédente, me voilà au comptoir de service chez Gosselin face à face avec Luc Gamache, gérant du service. Je me présente en lui précisant que c’est moi qui ai fait un rapport à sa patronne suite au traitement insatisfaisant de ma réclamation. Il est resté plutôt impassible devant ma déclaration, au point que je lui ai demandé s’il désirait ajouter quelque chose. Quand il m’a répondu qu »il n’avait rien d’autre à ajouter si ce n’était que ce qu’il avait déjà dit. Alors je lui ai proposé que nous oublions tout ça pour le moment et qu’il me dise s’il était disposé à réparer mon bateau, maintenant et quand serait-il prêt. Nous sommes passés en « mode business » et il m’a assuré qu’il avait un mécanicien qui entrait le lundi suivant et qu’il le mettait là-dessus. Le bateau serait prêt le vendredi suivant. En fait, il a été finalement livré deux semaines plus tard que ce vendredi suivant-là. Je reconnais que le travail a été finalement bien fait par l’équipe de mécanicien malgré les retards attribuables au gestionnaire. 
Vous avez en cinq temps le résumé d’un mois de promesses et de retards des uns et des autres  et en plus, de retards que j’ai pris moi aussi avec mes projets de rénovation.  De sorte que, devant un échéancier serré, après deux nuits de réflexion et avec le soutien de mon entourage, je suis arrivé à la conclusion que je tirais des bords au vent, de tempêtes en temps morts, au point que j’ai décidé de mettre fin à cette odyssée infernale pour garder ma santé mentale. 
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Donc, cette année, c’est moi qui voyage virtuellement avec certains de mes acheteurs de Guides qui me posent des questions complémentaires (Service après vente) ou qui me font part de leurs trouvailles en descendant pour m’aider à compléter la prochaine édition qui sera plus riche encore. En passant, merci à tous ceux et celles (45) qui ont acheté mon  Guide de l’Intracostal en mode flâneur. Je vous suis avec plaisir.
 
Pendant ce temps, à Québec, j’ai passé la soirée d’hier avec les Plaisanciers de La Barque avec qui je vais travailler cette hiver à développer leur moyens de communication. 
 
Puis je vais avoir de la disponibilité pour vous rencontrer en groupe en conférence ou encore individuellement en consultation, au sujet de votre prochain départ. Deux activités que je ne peux pratiquer à distance, mais que j’aime réaliser car elles me rejoignent au plus profond du marin en moi. 
Cet hiver, je suis disponible; profitons-en.😊