Novembre, le mois des tests de caractère

On me reproche gentiment parfois de ne montrer que le beau côté des choses et avec raison car c’est un choix délibéré. Je suis en désaccord avec les vendeurs de malheurs, les leurs ou ceux des autres pour faire des sous. Alors, évident, je n’arrivais pas à me décider à vous parler de mes malheurs de moteur même si j’avais tout le temps. Ce qui explique que mon mutisme du dernier mois.

Maintenant que nous roulons à moteur depuis 7 jours je peux oser m’exprimer. L’équipe de Darrell Foster (252-671-3946) de Oriental m’a fait un changement de moteur qui a tout règlé. Un vrai professionnel, très axé sur la satisfaction de son client. Avec Sharon, il font une excellente équipe que je recommande sans restrictions. Si ce n’est que les meilleures sont très occupés et qu’il m’a fallut profiter des charmes du joli Village de Oriental NC pendant trois semaines pour lui donner le temps de se libérer et pouvoir me consacrer la douzaine d’heures requises pour compléter le travail.
Le village de Oriental compte 850 habitants et 3,500 places à quai. Pas surprenant qu’on y trouve des gens compétents pour l’entretien des bateaux. C’est aussi le siège de la New Village Brewery qui est la deuxième meilleure parmis les 360 brasseries artisanales de la Caroline du Nord. Sans oublier que leur Lily’s Breakfast, une « stout » de très bon  goût  est classée la meilleure bière de l’État, toutes catégories confondues. Sur la rue Broad St, à ne pas manquer, même si votre moteur va bien.
Ça vous donnera l’occasion de découvrir
l’animal fétiche du village. Après les Chats de Catskills, voici les Dragons d’Oriental. Ceux-ci sont répandus ici et là aux coins des rues. Charmant lien que quelqu’un a imaginé pour justifier le nom du Village qui est est dû à la femme du premier Maître de Poste qui trouvait que le nouveau nom de Whittaker Creek faisait « juste une autre Creek ».
Maintenant que j’ai osé parler de mes malheurs dans la descente vers le Sud, laissez-moi vous parler du « test du novembre noir ». Un paragraphe que je devrai ajouter à la prochaine version de mon guide qui est en révision constante. Si je parlais avec des jeunes je dirais que novembre, c’est le mois de la formation du caractère dans l’Intracostal. Mais puisque je parle avec des adultes qui viennent de se retrouver à la retraite ou de se retrouver tout court, je parlerai plutôt de « test des caractères ». On a souvent dit que si vous voulez découvrir votre compatibilité avec quelqu’un, allez faire une semaine de voile ensemble. Je paraphraserai: « Est-ce la personne avec qui vous voudrez poursuivre votre vie? » Amenez-là dans l’Intracostal en novembre, vous saurez! »

La poissonnerie où Odette a découvert les pétonques. Photographiée lors de sa troisième visite.

C’est en novembre que mon moteur nous a fait poireauter pendant trois semaines dans un petit bled perdu de la Caroline du Nord tellement perdu que lorsque la nouvelle que nous devrions y passer tout ce temps est tombée, notre premier réflexe a été de rentrer à la maison en attendant. Mais ça s’est avéré si compliqué qu’on a décidé de prendre notre mal en patience et de prendre des marches. Ceci étant dit, c’est sans compter que dans la deuxième semaine, la température est tombée a peu près égale à celle de Québec, a moins à 4°C. C’est là qu’on a révisé l’horaire des vols sans succès. Bon,marche,marche, marche…
Puis ne me dites pas pour me consoler que j’ai été malchanceux. Je vais vous répondre que Robin et Martine sur ROBINSON ont passé le mois hors de l’eau sur les blocs pendant qu’on essayais à deux reprises de réparer puis finalement changer la transmission.
Louise et Luc sur LADY LOU II avaient un bateau parfaitement en ordre à la sortie de la Baie Chesapeake. C’est en novembre, un mois plus tard, que Luc a découvert que son support d’alternateur avait besoin d’être réparé. Il en est a sa quatrième tentative entre Georgetown et Fernandina Beach de le réparer. Définitivement. Et on n’est pas rendu au premier décembre. Eux ont dû attendre au froid que ce troisième front en 10 jours passe ici et là dans le bayou.
Quant a Nathalie sur FULUB, c’est au moment où Philippe est rentré au Québec pour une semaine en novembre qu’elle a pris conscience, devenue maître à bord, qu’elle n’avait pas confiance à son profondimètre. Et ça dans le bayou de l’arrière pays de la Géorgie là où c’est peu profond et ou les marées vont jusqu’à deux mètres. Dur sur les nerfs de la madame. Surtout si elle doit barrer avec tuque et mitaines.
Pendant ce temps, Chantal sur son Cruiser a aussi des problèmes de transmission qui ont changé drastiquement sa perception du plaisir de la croisière vers le Sud. Rendue a Savannah, ça fait déjà quatre fois qu’ils sont stoppés a cause debris mécanique. Et pourtant, tout ces bateaux rouleront bien sur le lac Champlain. Malheur de moteur sur un autre Cruiser, celui de Diane et Richard, un couple fort sympathique que je vous savait présenté a Norfolk.
Puis je sais que les copains de Nathalie et Yves sur ODANATA (un des rares bateau qui a tenu je coup sans défaillance) sont restés accrochés en Géorgie, eux aussi pour un temps indéterminé à cause de problèmes sur JADE. Avec Danièle et Jean, sur SUBTIL puis Diane et Gaëtan sur SUNTEN II, ce sont mes deux seules couples d’amis qui sont passés à travers sans difficultés autres que les coups de froid.
Et je ne vous donnerai pas tous les détails des multiples mésaventures de Véronique sur ATYPIQUE, une nouvelle venue à la voile qui pourrait déjà evrire un livre sur la Loi de Murphy à bord en novembre seulement.
Enfin, je ne connais pas tout le monde qui sont sur la descente, mais je dois dire que 80% de ceux que je suis de près ont eu au minimum une avarie importante en novembre. Il y a lieu de prévoir un petit pécule au cas où. Et une bonne dose de patience pour bien vivre le moment, à deux, quand ça va nous arriver.
Voilà pour mon courrier de réalité-check du mois de « novembre noir » sur la côté Est. Vous vouliez la vérité, toute la vérité; bien, vous l’avez toute crue!
Bonne baisers de Géorgie😘
PS Le plus paradoxal dans tout ça, c’est qu’après coup tous et  chacune de ces voileux/se, quand ils vous raconterons, finiront par vous dire : « Mais on a été chanceux dans notre malchance parce que … »
Et si c’est le cas, je dirais qu’ils/elles ont passé le test du « novembre noir ».
À deux, ils iront loin ensemble sur la route des îles…

3 réflexions sur “Novembre, le mois des tests de caractère

  1. C’est vrai Philippe, on l’a pas toujours facile quand on navigue. Mais le bonheur de vivre à bord, d’être en contact avec la nature, de partager avec les amis de voile nous donne toujours le goût de recommencer. Et puis, au final, il y a quand même beaucoup plus de bons moments que de moments difficiles. Amusez-vous bien!

  2. Bon papier capitaine BonhommeRéalité! 😉 La vie n’est jamais un continuum et la suele chose qui soit prévisible et constante c’est notre propension à faire des plans… linéaires. Bonne continuation avec voter nouveau moteur et rsistez bien à la tentation de le pousser au maximum pour revenir au plan q

  3. Salut Odette et Philippe!
    Bel article! Nous somme aussi en descente mais étrangement pour nous c’est octobre qui a été notre mois Frankestorm! Mais on comprend très bien et compatissons avec ceux qui l’ont eu dure! Bonne continuation et bon vents!

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