Jour #45 – Norfolk

Et nous n’y sommes même pas rendus au Premier novembre, ma date butoir pour ce marqueur du début de l’Intracostal de la côte Est. Au Statut Mile 0 de ce parcours qui en compte 1 250 jusqu’à sa limite Sud à Key West. Nous, par contre, n’en comptons que 1 050 pour rejoindre No Name Harbour, notre destination ultime dans les Florida Keys lorsque nous nous dirigeons vers les Bahamas. Ce qui devrait, en mode flâneur, prendre un autre 45 jours.
Depuis que nous nous sommes parlés, nous avons exploré la Baie Chesapeake qui mériterait encore plus de temps pour en découvrir tous les charmes. Cette année je me suis aventuré sur la rive Est, ce qui n’est par la route la plus courte mais peut-être la plus pittoresque.
Cette fois-ci, j’ai  remonté la Sassafras River jusqu’à George Town pour y découvrir un autre important centre de voile avec quatre ou cinq marinas et un nombre important de quais et de mouillages en location. Je m’y suis fait dire par Luc sur Lady Lou II avec qui nous avons fait ce détour pour le plaisir pour moi et pour une escale technique pour lui qu’il y avait 50 000 places à quai dans la Baie Chesapeake. Pas surprenant que vous vous retrouviez dans un de ces gros centres ici est là. 

A terre nous avons bien mangé au pittoresque resto de la Marina Granary avec vue sur la rivière et un menu aux saveurs particulières.Sur l’eau, nous avons passé deux jours à l’ancre dans un endroit calme malgré le nombre de bateaux dont plusieurs seront déjà hivernés au moment où l’on passe.

 

Une autre escale, sur cette rive à Wortons Creek  et nous sommes revenus du côté d’Annapolis pour que Odette voit cette ville plus au naturel, au lendemain du Boat Show. À mon avis, elle est plus agréable à visiter sans tout le flafla de la Grand’Messe de la voile. Puis, ça a été intéressant de voir comment et à quelle vitesse on dégrayait tout ça le lundi matin. Mardi matin au réveil sur notre mooring, il ne restait aucunes traces du passage du gros marché.


L’étape suivante nous a fait découvrir Saint-Michael’s aussi du côté Est de la Baie, un peu au sud de Annapolis. Une invitation des C&C du coin qui s’y étaient donnés rendez-vous et en particulier de Manon et Brian qui y participaient avec La  Neige, leur beau C&C 36/40 qu’ils préparent minutieusement pour la grande descente de l’automne 2021. Même si vous n’avez pas un C&C, Cette belle escale vaut le détour à cause du site charmant un peu en retrait que l’on rejoint après deux bonnes heures de sinuosités dans la Eastern Bay.


Le Musée vaut la visite tout comme une petite distillerie artisanale bien expliquée par un distilleur de rhum très enthousiaste. Quant à la rue principale coquette et proprette, elle charme les magasineuses, mais pour moi quand chaque maison est un commerce, je devient vite saturé. Je considère tout de même que cette escale mérite une place dans le Guide de l’Intercostal.


A partir de là, le reste de la Baie, c’est Solomon’s Island et Deltaville que je vous au déjà racontés à quelque reprises. Tout ce que je peux vous dire cette année c’est que mon équipière commençait à trouver que le plan d’eau s’élargissant et que la vague prenait de l’ampleur un peu trop pour sa courte experience J’ai donc suivi le conseil de mon ami Gaëtan qui m’a suggéré de « sortir ma blonde de la baie » pour retrouver la tranquillité de l’esprit. Je dois avouer que le simple fait de prendre cette décision a facilité les derniers jours. Même la course vers Norfolk avec un vent portant qui nous a mené de Deltaville à Portsmouth, non-stop, une « ride » des plus costaude, s’est bien passée, même pour ma fiancée.


Ce qui a culminé dans un des bassins municipaux que  la ville de Portsmouth nous offre gracieusement et d’où, le lendemain, le petit traversier à roue à aubes nous amène directementau centre-ville de Norfolk pour admirer les sirènes. Ce que nous avons fait avec Nathalie, Philippe et Marie, l’équipage de Fulub et Diane et Richard de Rambling Fish qui tous  étaient déjà dans le bassin à notre arrivée.
Une belle occasion de s’offrir un lunch en ville entre amis.Une autre des activités réconfortantes de la descente de l’Intracostal

Flâner la Chesapeake

C’est le cas de le dire, après un court arrêt à Chesapeake City en compagnie de Lady Lou II le 7 octobre, nous constatons qu’il nous reste un bon trois semaines pour explorer la grande Baie.


Ma première étape incontournable, c’est bien sûr Havre de Grâce pour passer un moment avec Manon et Brian que je visite depuis quatre dans déjà. Ces deux-là sont en train de se préparer activement pour le grand départ dans deux ans. Ils ont déjà vendu leur condo avec vue sur la baie, qu’ils ont remplacé par un Trawler de 46 pi qui est presqu’aussi spacieux que leur condo précédent. En fait assez spacieux pour accueillir confortablement sept convives à table pour dîner. 


En effet, Manon toujours prête à rendre service avait déjà accueilli dans sa marina Paul-André Lagacé qui avait besoin d’un survey de Plein Soleil pour l’assurer chez BoatUs. C’est Manon qui s’est chargée de trouver l’experte maritime et Luc  qui à fait la traduction des termes plus difficiles pour l’anglais de P-A.
Pendant ce temps, elle me trouvait un mécanicien pour jeter un coup d’œil à mon moteur qui avant changé subitement de son en entrant dans la baie qui mène au village de HdeG. Ce jeune homme n’a pas mis de temps à poser un diagnostic en vérifiant je moteur de tout côtés même avant de le mettre en marche. Il a tout regardé, senti, c’est tout juste s’il n’a pas goûté à l’huile du moteur avant de me demander de mettre en marche.
Ça lui a pris quelques minutes à confirmer qu’il s’agissait de mon filtre à air qui s’était encrassé et que mes valves avaient besoin d’un ajustement par la même occasion. Deux heures et qu’elles dollars pas tard, j’étais rassuré que mon moteur était maintenant en bonne condition pour poursuivre sa route à toutes points de vue. Incluant un filtre à air neuf et des valves bien ajustées. Rassurant tout de même pour un novice des moteurs diesel, mon premier depuis très longtemps.


La Chesapeake au début d’octobre, c’est aussi l’occasion de visiter le super Boat Show de Annapolis. Je ne suis pas un grand consommateur de ces événements mais je suis un petit animal sociable. Donc je ne suis laissé entraîner par mes amis du moment et la possibilité d’y aller en auto grâce à Manon (encore elle, bien oui) qui avait sa voiture à nous passer pour la journée.
Sur place, c’est la frénésie des « très gros »! Tout est très gros ou inabordable, au delà de se rincer l’oeil de belles lignes ou d’intérieurs spacieux élégants. J’en au profité pour montrer à Odette la différence d’aménagement de 1981 à 2019 en lui faisant visiter un Catalina 32. Même longueur que mon C&C Mais le double du volume intérieur en apparence. C’est fascinant de voir à quel point le design à évolué. Comme c’est aussi plutôt impressionnant de visiter certain monocoques de 50 pi ou des Catamarans dans la quarantaine.


Notre guide pour la journée, Gratien Courtois qui est un adepte du Boat Show de Annapolis depuis plusieurs années et qui fait un reportage sur la page Facebook des Voileux du Lac Champlain à chaque année pour nous montrer ses coups de coeur du Show. Il est aussi avec Marielle, l’organisateur du 5 à 7 des Québécois qui regroupait une bonne quinzaine de voileuses et voileux qui se sont lancé dans la dégustation des « Pain Killers » du Pusser’s un autre incontournable du Show.


Le lendemain, P-A prend la route du Sud car il doit laisser son bateau à Norfolk pour revenir faire un court séjour dans la neige à Québec City. Quant à Louise cet Luc, nous les s’accompagnons jusqu’à George Town tout en haut de la Sassafra’s River, là où Luc se transformera en plombier pendant quelques jours pour terminer des travaux qui n’avaient pas eu le temps d’être complétés avant le grand départ.

Puis ça me donne l’occasion de découvrir cette petite localité qui est aussi un grand centre de plaisance aussi bien à voile qu’à moteur avec trois grandes marina et quelques petites. Luc y a trouvé tout ce dont il avait besoin pour complèter ses projets. Et nous y avons trouvé un havre de paix pour quelques jours.


Prochaine étape : Annapolis le lendemain du show pour voir à quel rythme on va démonter tout ça. Mardi matin il ne restait que quelques piquets à retirer de la baie et à terre, déjà rien n’y paraissait du passage de cette grande foire.  C’était un meilleur moment pour faire découvrir ce coquet centre-ville à ma fiancée qui l’avait vu en mode grand marché de bateau quelques jours auparavant.


Nous sommes encore a la mi-octobre et les ouragans ne sont pas tous passés en principe. En fait, Nestor se prépare à prendre de l’ampleur dans le Golfe du Mexique. Alors, nous décidons sur invitation de Brian, de nous joindre à eux à Saint-Michael’s pour un rendez-vous de C&C le weekend du 19 octobre. Bonne idée puisque c’est justement le moment où Nestor passera sur la Côte Est à notre hauteur. Où mieux se protéger qu’au fond d’une petite baie à l’intérieur des terres. Avec raison, car au moment où j’écris ces lignes, la pluie qui nous a réveillés ce matin cesse finalement et le coup de vent annoncé nous a passé par dessus la tête. Assez haut pour que nous ne le ressentions pas à la surface de l’eau.


Il y est quinze heures trente, Odette prépare un pâté au saumon pour le dîner. Je l’avais reçue à déjeuner plus tôt aujourd’hui. Ce n’était que la deuxième fois que nous mangions à l’intérieur depuis le début du voyage. Ce soir nous mangerons probablement son pâté sur la véranda (plus élégante comme expression que « la cabouse », pour désigner cette enveloppe de plastique clair qui nous protège des intempéries), le mercure monte depuis une heure environ.


Demain nous reprenons la route vers le sud et possiblement Solomon’s Island pour rendre visite à mon ami Jerry qui habite là et que je ne peux pas passer sans le saluer. Et rejoindre la communauté de Québécois (Subtil, Sunten, Fulub, Odanata, Audrey Bast, Jade et quelques autres que je connais moins) qui y séjournent depuis une semaine environ, peu pressés tout comme moi, de passer Norfolk avant le Premier novembre

Enrôlez-vous qu’ils disaient

Puis après vous êtes enrôlés, sans que vous vous en rendiez compte. C’est au moment où ils ne vous laissent plus débarquer que la réalité vous rejoint.

On me reproche parfois de « peindre la réalité en rose »; de ne pas tout raconter les parties difficiles d’un voyage à la voile. Moi je me défends en disant que je ne trouve pas ça difficile; j’aime tellement ça. En fait, si Odette avait été partante, nous vous aurions fait un journal à deux voix; ce qui serait vraiment amusant. Alors j’y vais, j’essaie de faire les deux voix, pour cette fois-ci.

Destiny VI US sous voiles pour la première fois 😎

Ça commence à New York là où on s’était arrêté la dernière fois pour une courte visite de Time Square et de Macy’s. Alors cette fois-ci Odette me dit qu’elle veut voir la ville : Central Parc Soho et autre quartiers typiques. Je me transforme en guide touristique enthousiaste et après avoir débarqué à Battery Park je l’entraîne vers Greenwich Village et Soho. Puis, je la traîne vers Little Italie et le Chinese District. Je dois vous avouer que nous ne nous y sommes pas rendus. Et que même une visite chez Macy’s pour les cadeaux de Noël des petits n’a pas récupéré le coup manqué.

Qu’à cela ne tienne nous sommes ici pour faire de la voile pas de la ville. Alors demain, Sandy Hook puis après la descente de la côte Est en mode flâneur. Nous y rejoignons Louise et Luc sur Lady Lou II ainsi que Véro, Jean-François et le petit Ludovic sur Lud-eau-vic, Paul André et sa fille Caro sur Plein Soleil et Gaëtan et Danièle sur Sunten II. Certains d’entre eux profitent du service après vente de leur Guide de l’intracostal et me demande de les accompagner un peu pour les premières expériences.
Et pour ma fiancée aussi Sandy Hook c’est une première expérience ou presque. Enfin pas juste pour elle, mais pour à peu près tout le monde qui était autour ce matin du départ, c’était une première expérience de sortie en mer. Là où le mal de mer veille…

Odette à la barre en mer bien formée au large de Sandy Hook.

La météo nous propose un vent du Nord-Est  de 15 Knds ce qui est parfait. Avec des bourrasques à 25 ce qui l’est un peu moins. Les vagues de 3 à 5 pi, mais aux 17 secondes, c’est tout de même acceptable. L’autre bémol, c’est la météo officielle de NOAA qui nous donne un « Avis aux petites embarcations » ce que Louise me relaie vers 6h30. Cela va me retenir pour quelques heures ainsi que Jean-François sur son Trawler. Mais bon, , il y a des options de replis au cas où. Hors donc, P-A s’engage pour Atlantic City parce que sa fille doit rentrer et Lady Lou II part pour « on verra en route… » Lud-eau-vic m’attend. Nous laissons les autres partir et nous dire l’état de le mer puisque nous ne dépasserons pas Manasquan Inlet à 4 heures de route seulement, c’est décidé avant le départ. Je crois que c’est plus facile à deux de toute façon quand je regarde Odette faire des photos et du film de l’autre bateau qui nous accompagne.  Ce qui fait qu’elle ne sent pas trop le mal de mer avec un Gravol, si ce n’est une attaque de sommeil plutôt. En définitive, malgré l’avertissement de NOAA, même sur le Trawler, la traversée c’est fait sans douleurs. Ce qui fait dire à certains que NOAA la joue « prudente » avec ses avertissements et qu’ils peuvent être remis en question parfois.

Au final, nous nous sommes retrouvés les derniers entrés à Manasquan et ce n’est que rendus que nous avons retrouvé les trois autres bateaux qui avaient finalement aussi pris la première ré-entrée là où ils pouvaient mettre fin au brassage. Bien sûr, parmis tout ce beau monde, c’est moi que la Garde Côtière a intercepté en entrant dans l’Inlet, pour une inspection de routine. J’ai maintenant mon certificat de conformité pour ce qui est des éléments de sécurité requis à bord. Rassurant pour la suite des choses.

Deuxième journée de descente par l’intérieur cette fois, c’est J-F qui apprends la navigation en eau peu profonde car, cette partie du New Jersey est particulièrement peu profonde. Heureusement pour lui, les vents forts de l’Est des derniers jours ont fait monter de presque de trois pieds le niveau de l’eau dans Barnegate. La où on s’attendait à un jeu de 6 po d’eau sous la quille, mais y avons trouvé plein d’eau. C’est Lady Lou II qui d’autre part, a failli s’en retrouver coincé sous le pont qui n’annonce que 55pi de libre quand le Hunter 35,1 tire 56pi avec son antenne de VHF. Qu’à cela ne tienne, Lucky Luke prends la chance d’y passer doucement et n’a même pas entendu le « schling » du frottement de l’antenne sous la structure. Ce qui nous fait réfléchir à deux choses: la hauteur inscrite est spécifiée : hauteur minimum et l’arche du pont est plus haut au centre que sur les côtés. Il y a donc un ou deux pieds de jeu non inclus dans le chiffre sur la plaque. Ce qui se confirmera quelques jours plus tard sous deux autres ponts dans le Canal de Cape May 
C’est aussi ce qu’avait confirmé la Garde Côtière consultée, mais laissé perplexe, le représentant local de TowBoat US, notre autre référence dans ces circonstances.

Petite pause d’autre le « fameux » Boardwalk!

Rendus à Atlantic City après deux jours de navigation à l’intérieur, nous devons attendre un autre deux jours une météo favorable, semblable à celle du départ pour nous rendre à Cape May, ce qui sera notre plus belle randonnée en mer au portant avec une mer bien formée et une plus grosse (5 pi) vague au 15 secondes pour nous garder éveillés. Ce qui fait que ma fiancée a oublié de me demander s’il y avait un aéroport proche puisque l’idée de rentrer au Québec ne lui est pas venue malgré ces deux passages obligés. Je dois dire qu’elle a appris à bien balancer sa ration de Gravol pour ne pas être nauséeuse tout en restant bien éveillée.


Ragaillardis, nous quittons Cape May dès le lendemain matin pour profiter d’un vent idéal du Secteur Sud et de la marée pour remonter le troisième passage obligé : la Baie du Delaware. Moi je trouve que ce fût ma plus belle remontée de cette baie depuis que je le fais régulièrement. Mon bateau se comporte bien sous foc seul dans 15-18Nds au portant. Des pointes à 8,5-9Nds sur le surf d’une plus grosse vague au 15 secondes nous portent en haut de la baie vers 16h30. P-A qui la fait il y a deux jours est déjà rendu à Chesapeake City et me dit que l’ancrage est plein en ce beau dimanche après-midi. Je propose donc à mes compagnons de route de jeter l’ancre pour la nuit derrière Reddy Island juste avant l’enteee du C&D Canal, devant Canada’s Beach. Tout est en place pour le charme du coucher de soleil mais c’est malheureusement nuageux. Puis le vent et la vague qui nous ont portés en haut de la baie entrent par la pointe Sud de l’ancrage et les vagues ont encore du pouvoir de brassage même rendu à nous. J’ai mis une longueur de plus de chaîne pour être assuré que mon ancre ne dérape pas. Mais ce n’est pas tout à fait assez pour rassurer ma fiancée. Odette va passer la soirée dans le cockpit comme Louise d’ailleurs sur Lady Lou II. Je me demande ce qui fait que les gars ont plus confiance à la chaîne d’ancre que les filles. Odette pense que c’est à cause de 30 ans d’expérience de différence. Elle a un point là! Le lendemain, je l’ai amenée de reposer a Chesapeake City, ce petit coin charmant ou le vent n’est jamais venu déranger personne. C’est la fin des passages obligés.

C’est toujours plus calme sur la photo, la baie du Delaware!

Prochaine étape : Flâner la Chesapeake!

Une troisième quinzaine qui sera bien différente des deux précédentes. Mon plus grand défi : apprendre à ma blonde à aimer faire de la voile avant qu’elle ne désaprenne à aimer son Capitaine.
Je garde les doigts croisés.😉


C’est dur la vie de marin!

Je sais, vous ne voulez pas me croire, mais regardez ce qui se passe. Plus d’une semaine sans donner de nouvelles à mes meilleurs: mes lecteurs favoris. N’allez pas croire que c’était pour me faire désirer. Au contraire, à tous les jours je me disais, aujourd’hui, je vais écrire, mais le temps était trop court ou le sommeil trop rapide à arriver.

Sans blague, la dernière semaine a été sans répits. Oh, on a bien eu une petite pause quand Patrick est venu m’aider à monter les voiles pour la première fois dimanche dernier à Burlington. Il m’a même aidé à descendre et remonter la dérive qui n’avait pas bougé depuis quelques années. Heureusement qu’il était là avec les bras forts d’un jeune homme pour la remonter. Je crois que je vais y aller à dérive relevée pour l’instant, car même comme ça, le bateau remontait très bien, même par petit temps. C’est un C&C après tout. Et les voiles sont en bonne conditions.
Le démâtage
Deux jours plus tard, nous sommes rendus à Chipman Point pour le démâtage sous les hospices de Chip qui était un peu dans la lune à la première heure. Je dois dire, à sa décharge que c’était un matin plutôt brumeux. Alors il a pris un peu de temps à retrouver mes supports de mât qu’il m’avait pourtant garanti avoir bien en main. J’ai donc accepté de manière fort galante  de laisser passer mes amis Nathalie et Philippe sur FULUB devant moi sous la potence. Ainsi quand mon retour fût venu, Chip était bien réveillé et a fait un bon travail comme d’habitude.
Odette qui était impressionnée par l’opération nous a mis tout ça en photo pour la postérité, puis nous avons entamé la descente de la rivière le mât bas mais le cœur léger. Un beau petit tour dans le bayou où l’on croise un couple de pêcheurs occasionnels et plein d’oiseaux aquatiques.
Fin de journée à l’ancre dans le dernier tournant avant de faire face à l’écluse #12. Je vous dit cela pour vous faire noter de ne pas vous ancrer là où vous le suggère mes amis de Active Captain. C’est rare, mais ici, leur marque d’ancrage est trop au nord. Vous devrez vous ancrer au-delà de l’endroit indiqué, même si vous devez rester un peu dans le chenal. Confiant qu’après la fermeture de l’écluse pour la nuit, il ne devrait pas y avoir beaucoup de trafic dans le coin. Inutile d’allumer votre lumière de mât (hahaha); optez plutôt pour un fanal accroché dans le cockpit qui éclairera votre « cabane de plastic » de façon très voyante, au cas où.
Note légale
Officiellement, vous devriez faire votre premier rapport de position ici à Withehall pour satisfaire aux exigences de CB Protection pour les embarcations de plaisance étrangères qui circulent sur le territoire avec un « Cruising License ».
Les écluses
Même si je vous dis que c’est facile avec l’expérience, ce n’est pas moins dur sûr les vieux muscles. J’en ai un à l’épaule droite qui est encore douloureux une semaine plus tard ou presque. Ça s’est passé dans la première, la #12, à Withehall, là où, contrairement aux autres, vaut mieux ne pas être à mi-chemin du mur, car c’est là que l’eau entre et qu’on se fait brasser les préposés aux amarres sur le bateau.
Pour la suite, tout s’est bien passé jusqu’à la #7 car mon équipière n’en était pas à ses premières armes. Rappellez-vous, la dernière fois, c’est elle qui tenait l’amarre avant en remontant du Sud.
L’écluse #7, c’est l’arrêt de plusieurs amateurs, à peu près à mi-chemin du parcours, à Fort Edwards, là où la municipalité nous offre un beau grand mur d’amarrage sans frais et une bonne douche chaude pour quatre « trente sous ».
Danièle et Jean de Voilier SUBTIL y étaient déjà amarrés pour nous accueillir puis nous présenter Diane et Gaëtan sur SUNTEN un petit Trawler Grand Banks qui se faufile bien entre les voiliers. Quelques minutes plus tard c’est FULUB qui nous a rejoint après avoir franchi la bosse de boue moins profonde entre les écluses #9 et #8. Il a fallut convaincre Nathalie d’y aller de bon gré pour cette partie car Philippe avait déjà déclaré forfait sur Facebook une heure auparavant. Ce qui m’a valu quelques appels sur Messenger pour rassurer ceux qui étaient derrière, que la situation accidentelle allait être réglée le lendemain pour les tirants d’eau de plus de 6 pi. La preuve que ça ne prends pas grand chose pour inquiéter des voileux qui ont déjà avec un peu de nervosité normale pour une première descente.
Nous avons bien ri de tout ça au dîner autour d’une bonne pointe de pizza chez Stompy’s sur Broadway. La place en ville pour pour une délicieuse  pizza servie à la pointe. Prenez-en une deuxième pour apporter au bateau, vous ne le regretterez pas.
Petit matin brumeux à Fort Edwards.
Le paysage était féerique et la météo annonçait 1°C, ce que je vous ai rapporté sur Facebook. Mais c’était sans préciser que dans l’étau à 20°C et sans facteur éolien, c’était tout à fait confortable dans le bateau et même sur les quais quand j’ai pris la photo. Si j’ai un peu retardé mon départ, c’était pour permettre à la brume de se dissiper et nous révéler notre chemin.
Pour cette deuxième journée d’éclusage, nous avons fait la queue derrière SUBTIL et SUNTEN jusqu’à la croisée des canaux à Waterford où nous avons laissé nos partenaires du moment pour continuer jusqu’au quai municipal de Albany. Pourquoi le quai municipal de Albany plutôt que celui de Waterford? Qui sait? Peut-être tout simplement une préférence personnelle. Où est-ce à cause de la tranquilité de l’endroit, à moins que ce ne soit les souvenirs d’y avoir passé de bons moments avec d’autres compagnons de route diffetents à chaque année.
Je dois avouer que cette fois-ci, j’avais un agenda précis. Je voulais m’assurer de pouvoir être démâté dès mon arrivée à Catskills vendredi midi car je croyais que ce soit possible en fin de semaine. En effet, Shan de Hop O Noze a accepté de me remâter vendredi midi lorsque je l’ai appelé en me précisant d’arriver aussi tôt que possible. Ce qui m’a fait parcourir les premiers miles dans une brume assez intense pour être seul sur l’eau à 8h du matin.
Je dois dire que c’est à ce moment que j’ai apprécié que mon propriétaire précédent ait équipé son bateau d’une VHF réceptrice de signaux AIS. Une dépense que je n’avais jamais osé faire sur mes bateaux précédents sous prétexte que même si les gros se font voir, les petits n’en sont pas nécessairement équipés et eux sont tout aussi dangeureux.
Donc au départ de Albany en pleine brume matinale, je pouvais voir tous les gros à quai et qu’aucun d’eux ne venait vers moi. Quant aux petits, je me suis dit que personne ne serait assez téméraire pour partir à moteur dans une telle visibilité nulle. Ce qui s’est avéré sauf pour ce vieux fou qui navigait en bordure du chenal, toutes oreilles ouvertes et les yeux bouchés bien durs pour la première heure.
Remâter à Catskills
Chez Riverside, à tribord en entrant ou tout au fond chez Hop O Noze, a babord? Je dis dans mon guide que les deux sont très compétents et vous offrent un bon rapport qualité-prix. Dans les faits, je me retrouve chez Hop O Noze la plupart du temps car j’ai un faible pour leur côté artisanal et un peu vieillot du côté des installations.
Ça n’empêche pas Williams de faire un travail méticuleux et de prendre le temps de vous donner un coup de main au besoin. Puis, il prends du gallon face à son patron, au point que Shan peut dorénavant se concentrer sur son rôle de cuisinier dans un resto-bar qui va de mieux en mieux.
Ainsi, il accepte maintenant de partager la fonction critique de grutier avec son bras droit, pour le mieux de l’entreprise.
Maintenant, la bonne et la mauvaise nouvelle de Catskills 2019:
La mauvaise d’abord : nous sommes arrivés deux jours trop tard, les chats avaient quitté la rue pour la vente aux enchères de la première journée de l’automne, comme c’est la coutume. Va falloir partir quelques jours plutôt à la manière de Nathalie et Yves sur ODANATA qui heureusement nous ont fait un bon reportage photo la semaine précédente.
La bonne : j’ai découverte un petit bijou de la gastronomie sur Main St. Le Café Méditerranéen nouvellement ouvert par Salah, un cuisinier originaire d’Égypte qui maîtrise la palette des arômes de la Méditerranée aussi bien dans un wrap au poulet délicieusement différent que dans sa côtelette d’agneau offerte en table d’hôte au lunch. Faut le faire tout de même. Mais il m’a aussi impressionné avec sa machine à café italienne d’une autre époque.
J’ai vécu en Italie et je l’ai parcourue du nord au sud et de retour en faisant une enquête sur la raison qui fait que le meilleur café au monde se boit debout dans un Caffe-Bar italien. Mais je n’avais jamais vu une telle œuvre d’artisanat que cette machine traditionnelle à piston des années 40 en cuivre martelé. Et c’est à Catskills, un petit bled du nord de l’état de New York que j’en rencontre une en personne. La vie nous offre de ces occasions inattendues qui la rend si passionnante.
J’y ai fait aussi de belles rencontres, cette année, dont mes bons amis Louise et Luc sur LADY LOU II. Les tous premiers clients de mes Guides nautiques, ce qui nous fait quelques belles d’années d’amitié. Ils avaient passé tout droit à Casteltown avec FULUB même s’ils avaient considéré s’y arrêter pour remâter par eux-mêmes. Une décision que j’ai considéré sage quand le mât est assez grand pour nécessiter deux étages de barres de flèches.
Enfin, aujourd’hui c’est lundi à Kingston et c’est jour de repos pour DESTINY IV US, mais pas pour l’équipage qui est passé par le lavoir, grâce à SUNTEN qui fait un arrêt technique ici à la Marina pour cause de changement de pompe à eau sur son moteur tribord. Gaëtan et Diane,  un couple charmant qu’il nous a fait grand plaisir de retrouver par le fait même.
Voilà ce que je ne vous avait pas dit, parce que je n’avais pas l’énergie de m’y mettre pendant cette semaine, là plus fatigante de la descente…
… à date!🤪

C’est parti… enfin!

Je vous avais annoncé notre départ pour lundi et j’ai réussi à le faire jeudi. Juste a temps en fin de compte pour ne pas partir un vendredi 13, tout de même. Ça illustre bien le thème de la descente cette année « en mode flâneur ». J’ai choisi de bien mettre en pratique mais écrits et profiter de la vie à bord de mon nouveau bateau.

Jour 1 – St-Paul de l’île aux noix jusqu’à North Hero sur le Lac Champlain.

Pas de vent, ça adonne bien nous allons nous habituer progressivement au bateau en faisant la 1re sortie à moteur. Il se comporte bien, la barre est douce, là portée est plus douce aussi à cause du poids légèrement supérieur à SurpriseS. C’est bien parti.
Notre importante en passant, le célèbre Fort Montgomery est a vendre pour un peu moins de 3M$. Si vous cherchez un petit coin tranquille sur le Richelieu.
L’ incident du jour, juste passé le Fort, puisqu’ il en a toujours un; allons-y c’est la partie amusante. ça se passe aux douanes américaines, où nous avons abordé à quai d’une façon professionnelle sans que personne ne s’en rende compte jusqu’à ce qu’on monte la rampe d’accès à leur roulotte pour être accueilli gentiment par un jeune douanier du nom de ******, prononcez « Mô-kou-inne ». Un nom bien Canadien français qui me met en confiance jusqu’à ce que je réponde à sa question : « Quand retournerez-vous au Canada? »
Comme un jeune à ses premiers contacts avec « Custom & Border Patrol » je reponds candidement que mon bateau va rester dans le Sud cette année après mon séjour aux Bahamas. Et là c’est changement de situation je deviens un délinquant dangereux qui va laisser son bateau aux États-Unis pour une année ce qui est complètement illégal. J’ai beau lui expliquer que le bateau ne sera pas là pendant une année que c’est la pratique courante de beaucoup de Canadiens de laisser leurs bateaux en Floride au retour des Bahamas et avant du retourner dans quelques mois. Sa replique c’est que beaucoup de Canadiens peuvent être dans l’illégalité ça ne rend pas la chose légale. Hum…
Après quelques intervention de sa collègue, l’agent *****, prononcez « i-épaisse » qui tentait constamment de me faire dire des choses que je n’avais pas dites pour me prendre en flagrant délit de mensonge, je me voyais retourner à St-Paul pour revenir passer toutes lumières éteintes au milieu de la nuit.
J’ai dû finalement lui demander de vérifier avec ses collègues de Melbourne où je suis allé à quelques reprises avec mon ami Jean-Guy pour les procédures bien légales d’entreposage afin qu’on lui explique ce qu’il n’avait pas encore compris.
Finalement, tout s’est réglé comme par magie et il m’a remis la « Cruising License » que je lui demandais et rien de plus, quand un autre bateau, américain, celui-là, est arrivé pour passer la douane à son tour. Mes deux lurons avaient maintenant autre chose à faire par ce beau jeudi après-midi et m’ont laissé partir sans plus de soucis tout à coup.
La morale de cette histoire : aux douanes vous répondez par oui ou par non. Point, à la ligne.
Tout ça ne nous a pas empêchés de profiter de la dernière partie de l’après-midi pour nous rendre à North Hero l’ancrage favoris de plusieurs de mes amis au lac et je comprends pourquoi c’était magnifique tranquilité dans l’ancrage.
Jour 2 – North Hero à Valcourt
Pour saluer les amis qui ne manqueront pas d’être là un vendredi soir. Gérald entre autres doit nous y retrouver sur un bateau qu’il a loué pour une dizaine de jours avec son chat Bosco et autres invitées mystère.
Une courte randonnée avec un léger vent variable qui va se placer bientôt de face et forcir avant notre arrivée à Valcourt. Ce qui va me permettre de confirmer que la coque du C&C passe bien dans la vague, mais que petit Yamaha de 15hp est un peu limite pour déplacer les 10 000 livres du bateau habité. Une donnée à se rappeler lors des déplacements à moteur…

Arrivé à Valcourt où nous devrions être bien protégé contre le vent du sud très fort prévu, cette nuit, c’est mon ami Gratien Courtois qui est venu me donner un coup de main pour mieux choisir mon ancrage. En fait, je me suis retrouvé à coté de TWEETY II dans Bluff Point North, le spot le mieux protégé des vents du Sud. Et le meilleur endroit pour accepter l’invitation de Marielle de venir prendre l’apéro à bord. A 15h c’est permis l’apéro sur l’eau. Que l’on ne rentre chez soi que vers 20h, c’est dire que la conversation a roulé bon train. Dans compter la visite d’un magnifique voilier de 39 pi qui m’a réconcilié avec la marque Hunter.

Ce qui a fait que j’ai complètement manqué l’arrivée de mon chum Gérald avec qui je n’ai réussi à prendre contact qu’en soirée, quand le vent avait monté au point que les visite en Dingy entre voiliers étaient annulées.

À la prochaine mon ami!😚

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