La flexibilité

Si vous songez faire de la croisière à la voile rappelez-vous que la qualité principale que vous devrez avoir pour bien profiter de l’expérience c’est la flexibilité. Cette année en particulier les voileux qui sont partis vers les Bahamas sont mis à l’épreuve plus qu’à l’accoutumé à mon avis.

Je regarde les commentaires sur le site qui y est dédié et je lis ceux  de mes ami.e.s qui sont là-bas et je me dis est-ce que les Québécois sont chialeux ou bien…
Alors pour vous permettre de mieux juger je ne vais vous parler que de mon expérience personnelle. J’ai embarqué Éric le Premier de l’An à Jacksonville et nous faisons de la voile cet après-midi pour la première fois. On est tout de même le 18 janvier. En plus il a fait tellement froid qu’il a attrapé la crève et il tousse encore comme un déchaîné. Pas tout à fait l’image idyllique qu’il avait en tête quand il a pris le vol avec ses palmes et son tuba.
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Ce qu’on a fait pendant tout ce temps : grelotter pendant 4 jours à  Jacksonville, trois jours de tourisme à Boca Raton et la grande finale, fairer ouvrir une cinquantaine de ponts pendant trois jours avant d’arriver à Miami. Si Eric me dit que c’était ce qu’il avait prévu, moi je vous dit que c’est un devin.
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Deuxième épreuve de flexibilité: il devait descendre à GeorgeTown dans les Exumas le 23 dans 5 jours d’ici. Son séjour à bord d’un autre vaisseau est déjà cédulé et réservé là-bas. Il va prendre son vol à partir de Miami pour le rejoindre dans les Exumas.
Car c’est impossible de faire cette traversée à la voile avec des « avertissements de trop gros temps pour les petites embarcations » à tous les jours à cause d’un vent du nord constant au-dessus de 14 à 20 nœuds depuis une semaine et pour une autre jour au moins encore d’après Windy et Sailflow, mes deux applications météo complémentaires préférées
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Pendant ce temps au Québec, Pierre-Olivier et Isabelle qui avait déjà réservé leurs billets pour George Town se démènent pour les faire changer vers Miami pour le 23. La croisière prévu du sud des Exumas vers Cuba pendant 3 semaines va peut-être prendre une tournure tout à fait différente. Qui sait par où nous allons arriver à Cuba?
Si nous choisissons d’aller à Cuba. Parce qu’il y a encore des Bahamas qui n’ont pas été explorées par ce jeune couple de mes amis. Et ils sont encore mes amis parce que ce sont des voileux et qu’il et qu’ils comprennent bien que : « un capitaine si hot soit-il, ne contrôle pas toujours là météo. »
La météo c’est le boss c’est ma nouvelle marotte.
PS Une consolation : ça nous a donné le temps d’installer LINUS, mon nouveau pilote automatique. Un travail que mon ami Eric à réaliser avec minutie et une grande fierté de laisser sa marque sur SurpriseS.
Merci Éric!😉
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Période touristique

Contrairement à toutes mes recommandations je n’ai pas tourné vers l’ouest à Port St.Lucie pour aller rejoindre le golfe du Mexique et la côte Ouest de la Floride en passant par le lac Okeechobee. En fait, je n’avais plus assez de temps, mais surtout je n’y serais pas allé de toute façon à cause des dommage que l’ouragan Irma y a causé cette année. Ce sera pour l’an prochain.
La conséquence c’est qu’à partir de la, jusqu’à Miami, nous avons nos 59 ponts à faire ouvrir. Alors nous avons décidé de dormir près de Jupiter Island, cette Île célèbre chez les amateurs de golf et de Celine, quand mes amis Myriam et Jayme, sur Odyssée nous ont fait de grands signes de là main pour qu’on les rejoigne dans un ancrage en marge du canal. Ils y ont passé la nuit avant de faire la traversée directement de Jupiter Inlet jusqu’à GreenTurtle Cay dans le nord des Abacos. Ce sont de bons marins qui naviguent sur un Guzzard 36; ils sont capable d’en prendre de la mer.
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Le beau phare de Jupiter Inlet
Pendant ce temps nous, dans le canal, anous allons faire ouvrir des ponts, au 15 minutes par bouts, jusqu’au sud de Lake Worth. Je prends un instant pour vous parler de ce port de mer très achalandé. Une première impression frappante cette grande quantité de voiliers habités en particulier autour de Peanut Island il y a quelques années d’abord, mais maintenant de part et d’autre du canal.
J’imagine que c’est entre autres à cause du travail saisonnier accessible dans un port qui fait l’entretien et la réparation the super méga yachts privés. Ceux du genre que vous voyez en exposition dans les Marinas de Fort Lauderdale, mais qui ici, sont au chantier entre autres.
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Nous pouvons croire aussi que c’est à cause de l’affluence qu’il y a dans le village voisin, West Palm Beach. Probablement le site de villégiature de la côte est qui abrite les résidences secondaires du plus grand nombre de milliardaires per capita. Et celle du President du pays en plus.
Alors vous comprendrez que je ne trouve pas d’ancrage à mon goût dans ce secteur. J’ai donc découvert juste un peu plus loin un petit coin absolument charmant, cachés,  non répertorié, dont je vous parlerai dans mon prochain Guide de croisière, celui de  l’Intracostal, à paraître à l’automne 2018.
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Il s’agit de Ocean Ridge Park une petite enclave dans un Parc d’État à deux pas de chez mon  frère Michel à Boynton Beach.
Une alternative si le vent est trop fort dans le Lake Boca Raton, à deux heures de route plus au sud. Ceci étant dit cette année la température au lac était vraiment superbe au point que nous y avons passé 3 jours. Ça a été notre période touristique du voyage.

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Première occasion l’invitation de Suzanne et Robert qui ont un condo tout près du lac et qui nous ont invité à dîner dès qu’ils ont su qu’on arrivait. Robert nous a fait les pâtes et Suzanne la conversation. Et nous on leur a fait la surprise des voileux***. Ils nous ont reçus de bon coeur et avec génerosité. Nous avons passé comme toujours un bon moment ensemble.
Même sentiments au sujet du brunch du dimanche chez mon  frère Michel et Jeannine, ma belle-sœur favorite qui nous ont reçus hier midi. Nous aussi on est entrain de devenir des plaisanciers touristes. Attention, danger.
Samedi, c’était avec Frédéric que nous avons lunché sur le Bordwalk  à Dearfield, où il est en train d’aménager son nouveau condo. Un marin qui a rangé son  bateau cet hiver. Là, il fait des plans pour s’associer deux autres partenaires pour, à trois, se partager : un condo en Floride, un voilier au Lac Champlain et un voilier aux Bahamas. Mes amis voileux commencent à se ranger doucement.
Ce matin, nous avons finalement pris congé du Lake Boca Raton et de mes deux Trawlers amis qui y sont ancrés pour un petit moment encore. Costa Toutouna et Lazy Lady sont des poids lourds qui ont tendance à ne pas trop déranger leur ancre si possible.
Nous nous dirigeons allègrement vers Fort Lauderdale et son magasin d’articles de marins West Marine, où je devrais recevoir LINUS, mon nouveau pilote automatique pour remplacer Charlie Brown qui a rendu l’âme définitivement malgré une intervention de transplantation de cerveau qui ne l’a pas libéré de sa mauvaise habitude de perdre le Nord.
A suivre au prochain chapitre de la vie trépidante à bord de SurpriseS.
La surprise des voileux***
C’est ce qui vous attend quand vous nous invitez à dîner et qu’on arrive avec notre poche de lavage puis qu’on vous demande avant toute chose, si on peut prendre une douche. Difficile de dire non car, ça se sent, ces choses-là. 😂😂

La réinsertion

Que dire maintenant après avoir vécu le pire de la température extérieure et le meilleur de la chaleur humaine? Car vous avez bien compris que partir en mer c’est pas juste aller faire un tour de bateau. C’est aller faire un tour dans les méandres de la météo et dans l’arc en ciel des valeurs humaines; surtout la partie du haut.

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Ça nous a pris une journée finalement pour nous éloigner de la froidure de Jacksonville. Pour une fois j’ai passé tout droit à St.Augustine, un peu contre mon gré mais tellement anxieux de prendre une douche et de retirer mes sous-vêtements en laine de Merino que mes filles mont offerts. Viennent les 20°C, les bermudas et les t-shirts. Mais ça ne sera pas à New Smyrna Beach au Quai municipal pour permettre à mon équipier d’aller se chercher des médicaments pour une dure attaque de grippe. Une grippe de gars, en plus, le pôvre.
C’est à Véro Beach que nous avons fait la transition. Après une nuit à l’ancre un peu frisquette encore à Cocoa puis finalement une plus douce a Sebastian. Entre-temps entre-temps rien de spectaculaire à raconter si ce n’est 5 journées à moteur dans le petit vent d’Est ou les temps morts qui ont suivi le pire coup de vent hivernal du siècle sur l’Atlantique Nord-Ouest. Même Québec et Montréal en ont souffert misérablement.
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Alors c’est à l’occasion de la douche chez Grâce et Jean, ainsi que le super « souper à l’Italienne » d’hier soir que nous avons réintégré la vie humaine, l’activité sociale et la température clémente.
Aujourd’hui, en direction de Port St.Lucie, nous relaxons enfin assez pour profiter de la musique du grand mélomane qui est à la barre de SurpriseS cette semaine. Éric mon DJ privé nous fait passer de la musique punk de la fin des années 70 à la chansonnette française du milieu du siècle sans compter les variations de jazz de différentes époques.
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Quand le « BoomBox » n’est pas alimenté par sa collection privée sur son cellulaire, c’est son récepteur Nexus qui prend la relève. Sachant que ces petits appareils récepteurs se donnent sur Kijiji et que l’abonnement mensuel est à moins de 15 dollars par mois ça commence à me donner des idées.

Chaleur de Trawler

J’hésite toujours à refaire un post de blogue trop semblable au précédent. Mais là je dois avouer que la température me joue un sacré tour.

 

Je vous avais parlé de froid quand Audrée était là avec moi, tellement qu’elle a dû quitter. Bien si je vous disais que là c’est moi qui aurait le goût de quitter. Si ce n’était d’un virage à tribord bien fait en rentrant dans la Rivière St-John qui mène à Jacksonville. D’abord j’ai eu le goût de tourner au Sud vers St.Augustine après une journée en mer, mais je me suis rendu compte que je n’irai pas très loin de toute façon en fin d’après-midi.
Alors j’ai plutôt décidé d’aller passer la nuit à mon quai municipal gratuit favoris juste à la sortie de l’intraostal,avant d’arriver dans la rivière. Quelle agréable surprise d’y retrouver les amis Yannick sur Costa Toutounas et Dominique sur Lazy Daisy, deux Trawlers avec chauffage central.
Il y avait même Jaimie sur son Cape Dory 22 tout au fond derrière deux autres voiliers aussi bien mal équipé que moi pour l’air froid nordique soufflé à partir du Canada là-haut.
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J’ai pris la dernière place restante à quai entre les deux Trawlers et j’y suis collé depuis deux jours par ce vent du Nord qui souffle autour de 25 Nds sans arrêt et qui nous est promis pour deux autres jours encore.
Alors je vais vous parler de chaleur. De la chaleur irradié par les radiateurs alimentés par une génératrice qui fonctionne en permanence. Vous savez celle qui nous dérangent tant dans les ancrages le soir à Deep Bay ou ailleurs.
Bien je vous jure que la nuit passée, à bord du Trawler de Yannick  elle ne m’a pas dérangé du tout, du tout, du tout. Je dirait même qu’elle m’a gardéles pieds bien au caud sous la douillette dans la cabine avant, pendant que Jamie lui profitait de la banquette du carré central. La chaleureuse hospitalité à bord de Costa Toutouna. C’est de cette chaleur que je voulais vous parler aujourd’hui.
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Une chaleur qui n’a d’égal que celle qui se dégage ici à bord de Lazy Daisy pour le dîner du lendemain du Jour de l’An tout aussi festif que celui de la Saint-Sylvestre et du Jour de l’An même. Des repas chauds préparés par Nancy pendant que Do s’occupe du service et d’animer la conversation pour qu’on ne se sente pas mal à l’aise d’abuser délégué hospitalité. Un grand gars qui sous de allures de trucker a un coeur grand comme ça et un fin psychologue à sa façon.
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En fait c’est de chaleur humaine que je voulais vous parler aujourd’hui de la chaleur humaine d’une communauté de plaisanciers faite de voileux et de trawleux, deux groupes de gens de bateaux qui se ressemblent et se fréquentent aisément à la même vitesse de croisière et ancrés dans les mêmes petites baies et ruisseaux.
Quelle belle façon de commencer l’année que je vous souhaite bonne et heureuse dans l’affection des voileux comme ceux-ci qui sont en train de me faire débuter la mienne.

La mer (en hiver)

Après 2 jours à se faire repousser par le courant à marée basse et à toucher le fond à la moindre occasion, rendus à Charleston, nous étions prêts à prendre la mer.

Mais avant laissez-moi vous parler de ma préférence pour  Charleston. La marina municipale qui est très accueillante, les services sont de premier ordre, la navette qui vous amène dans le vieux est très pratique. Que voulez-vous de plus? Si ce n’est de vous rincer les yeux à la vue des bateaux de plaisance de haute gamme qui sont toujours accostés au Grand Quai.
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Cette année, n’était pas en retard sur les précédentes et, la Haute Gamme était au rendez-vous. Ce n’est pas que la grandeur de ces voiliers qui m’impressionne; c’est surtout le haut niveau d’entretien et de lustré  aussi bien sur les boiseries que sur les coques. Les équipes qui y travaillent sont non seulement compétentes, elles sont minutieuses du moindre détail. Un régal pour les yeux.
Puis le Tour de ville vaut le déplacement avec ses maisons d’époque et ses resto aux recettes uniques. Avec Jean-Guy l’an passé, c’était les Crab Cakes qui nous avait émerveillés. Cette année avec Audrée nous ne voulions que nous séparer un plat de nachos avec une bière. Bien je vous jure que pour elle et moi, notre recette de nachos a bien changé. Surtout pour les chips qui vont être rremplacés par des pelures de pomme de terre. Mium, mium, mium.
Alors le lendemain matin, tout ragaillardis, nous étions prêts pour quitter le canal et prendre la mer. D’autant plus que la météo nous promettait des vents qui adonneraient  bien toute la journée. On avait même projeté de nous offrir un 36 heures non-stop qui nous aurait mené à Savannah avec un peu de chance.
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Après 2h pour sortir du port de Charleston en tournant vers le sud avec un vent portant qui a diminué de 20 à 12 Nds au largue. Le bonheur total! Audrée, mon équipière en est à sa première sortie et elle apprécie hautement le bruit du moteur éteint. Noud nous relayons à la barre pour le plaisir. Et pour nous permettre de nous réchauffer surtout.
C’est le Bon Dieu qui ajuste la vitesse du vent et le Diable, le degré de la température. En conséquence, nous choisissons d’entrer dans le prochain Sound, St-Helena, car nous appréhendons la chute de temperature au cours de la nuit qui risque d’être trop pour nos vêtements les plus chaud que nous avons déjà enfilés l’un par-dessus l’autre
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Tout de même, ma novice sait qu’elle n’est pas du genre « mal de mer ». Elle sait aussi qu’elle va  aimer mieux ça au chaud. Et moi je sais que ça va faire une bonne marinière car elle a le sens de la barre aussi bien que la force requise pour hisser les voiles. Une autre mordue dans le groupe.
Lendemain matin, beau soleil mais froid. Bon vent du nord! On reprend à la voile mais à l’intérieur cette fois. Dans ce secteur où l’ICW est souvent fait de rivières, où il est possible de faire de la voile si le vent adonne. Ce qui a été le cas jusqu’à midi à Beaufort (prononcez: biouforte) pour celui de la Caroline du Sud. Tout de même, si on garde une moyenne de 50/50, c’est bon. Comme en ce moment, génois déployé, moteur en appui à 1000r/m. Juste un petit ronron doux pour garder la cadence en haut de 5 Nds, c’est pas si mal et ça va nous mener passé Hilton Head à un de mes ancrages favoris. Juste après le tournant avant de sortir de Calibogue Sound, dans Bull Creak pour la nuit.
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Troisième ancrage à la noirceur dans une première semaine d’initiation à la voile. Le programme est légèrement déstructuré.
PS.
Le froid plus la perspective de pluie qui s’y ajoute pour les prochains jours ont eu raison de mon équipière. Je suis bien d’accord avec elle que de vivre dans son sac de couchage au lit la nuit et dans le cockpit le jour à ses limites. Elle a décidé de rentrer à partir de Savannah après-demain matin