Le bonheur, une demi-journée à la fois

 Ancré dans un mouillage forain à l’entrée de Cedar Creek après une demi-journée de voile avec le vent de 10 à 15 Nds au trois-quart arrière ou en ciseaux entre 5 et 6 Nds (10 12 km/hr) de vitesse. Si ça n’est pas LE Bonheur, c’est tout de même un grand Petit bonheur. je regarde filer les jours et je me trouve tellement prévilégié de pouvoir m’offrir, jour après jour, ce plaisir que j’ai découvert il y a plus de 30 ans, maintenant, et qui ne m’a pas lâché depuis.
Puis, comme je l’avais prévu (ou espéré) le vent m’adonne tellement mieux qu’en descendant l’automne passé. Je crois que j’ai inversé les proportione et cette fois, c’est plutôt 2/3 voile et 1/3 moteur. aujourd’hui par exemple, au lever pas de vent et un peu de pluie. J’en profite pour faire les provisions, c’est pour ça que je me suis arrêté ici, à Beach Haven, hier. Puis un peu de surfing sur le net jusqu’à ce que je vois le temps se dégager vers 13h. Oh hisse la Gr’voile et le Génois #3, mon favori ce printemps, puis me voilà en route pour Barnegate Inlet où je vais passer la nuit, puis continuer demain vers la dernière sortie avant New York, Manasquan Inlet. Tout ça pour dire que si je n’étais pas parti de Cape May hier, j’y serais gardé prisonnier car, il y avait un avertissement pour les petites embarcations au large aujourd’hui à cause des orages et des vents de 33 Knds (70 km/hr).
Alors, c’était la journée pour faire de L’ICW et j’en ai profité autant que de ma sortie en mer hier. Si j’étais vantard, je dirais que j’ai tout planifié ça, mais vous connaissez mon humilité (dont je suis particulièrement orgueuilleux), alors, je me contenterais de dire ce que je me disais tout bas aujourd’hui: « Le petit jésus est de mon côté. »
Je me demande ce que je vais manger pour dîner. J’ai suivi le conseil de Manon et j’ai retrouvé son camembert qui se marie bien avec le saucisson que je me suis procuré ce matin. Avec la Cuvée du Vieux père, un carton de 3 litres achetée en sauvette à Annapolis, ça accompagne bien le soleil couchant; le traditionnel « Sundowner » des gens de voile. Peut-être quelque chose de léger ce soir; une soupe et quelques biscuits salés. Tout est si calme à 19h10, il n’y a que Christopher Cross et « Sailing » pour compléter le décor. je vous laisse là-dessus et vous souhaite de profiter aussi au maximum de votre « bateau »… quel qu’il soit.
Le lendemain, la deuxième demi-journée. levé tôt je me rends à moteur vers la dernière sortie avant New York. Si j’y arrive assez tôt, je peux rejoindre la Grande Ville aujourd’hui même car on prévoit des vents légers qui vont monter du secteur sud en après-midi. ça ressemble à un bon pronostic pour me rendre au moins à Sandy Hook une vingtaine de miles plus haut ou mieux encore, quelques 15 miles plus loin au pied de la Statue de la liberté.
Je fais le plein avant de sortir et je me dirige vers Manasquand Inlet. Oh! la la! (traduction libre: Holy Shit!) D’abord, c’est complètement bouché de brume, le vent ne s’est pas encore levé. Mais pire encore, la mer à des creux de 2 mètres, les restes des 30 Nds de vent d’hier. Puis en sortant, je droise un bateau de pêche qui entre. Alors, vous savez à quoi j’ai pensé.

La je suis bien assis dans le charmant petit café « Sweet Tese » de la rue principale dans une petite ville (village) de bord de mer à manger un scoone fait maison avec un bon café bien corsé comme je l’aime. mon bateau est attaché à un mooring dans Glimmer Glass Bay juste derrière un petit pont levis dont je vous montrerai des photos à la prochaine publication
Ciao tutti. la vita è bella!!!

La VIGIE, comme dans vigilance

Je veux dédier particulièrement cette chronique de cape May à Beach Heaven, à Tintin le Marin qui prend des notes pour sa descente l’an prochain. C’est une partie de la route qu’il vaut mieux faire à l’extérieur car les ponts au sud d’Atlantic City ne sont pas commode et certains demandent qu’on les appelle 4 heures d’avance. Pas commode si vous découvrez leur numéro en arrivant à vue du pont. C’est pourquoi J’ai choisi de faire ce trajet de 35 Nm par l’extérieur en descendant et que je vais faire de même aujourd’hui. Surtout que le pronostic météo m’offre un vent léger du Sud au départ devant forcir jusqu’à 15-20 Nds en virant au Sud-Ouest en après-midi. Idéal!
Contrairement aux amis de SUBTIL qui ont décidé de prendre une pause à Cape May et au gars que j’avais rencontré à Annapolis qui craint la pluie, je décide de m’offrir le passage qui somme toute sera des plus facile dans ces conditions. Voile-moteur d’abord avec ce que j’ai de plus grand et un léger appoint du Honda pendant que Charlie Brown s’occupe de tenir le Cap. Dans ces conditions, il est meilleur que moi. Très concentré et très stable. Je n’ai qu’un léger mais important soutien à lui apporter : mes yeux car, il barre aveuglément, fixé sur le Cap que je lui assigne et les légères corrections que j’apporte au besoin.

Tout ce que j’ai à montrer d’une journée en mer… peut-être mieux ainsi.

Tout va bien pour la majeure partie de l’avant-midi et j’occupe mon temps en lisant « Elles ont fait l’amérique. », une ré-écriture de Marie Christine Lévesque, des histoires que nous racontait son chum Serge Bouchard il y a presque 10 ans maintenant, sur les ondes de Radio-Can au cours de l’émission : De remarquables oubliés. Je me rappelle le plaisir que j’avais quand je vivais seul à Magog, de l’entendre nous raconter l’histoire des gens « ordinaires » qui ont vécu des aventures extraordinaires au début de la colonie. En passant, je vous le recommande fortement pas juste parce que c’est une autre création graphique de Loulou pour LUX éditeur, mais pour le plaisir de lire les histoires de ces femmes qui ont contribué plus que des bébés à la colonie.
Mon seul rôle significatif aujourd’hui, ajuster les voiles occasionnellement mais surtout ne pas me laisser absorber dans ma lecture au point de manquer à mon important rôle de VIGIE. « Pourquoi je ne descend pas par l’extérieur, me demandent les amis moins initiés à la voile ». Parce que je dois assurer la vigie, ce que je ne peux pas faire 24h sur 24h , 7j sur 7j. Les avis sont partagés sur cette question. certains comme moi pense que c’est essentiel d’avoir les yeux tout le tour de la tête en tout temps, en mer. D’autres plus expérimentés ou plus « vieux loups de mer » nous disent qu’un tour d’horizon aux heures suffit à assurer leur sécurité. Mon expérience personnelle, sur le Fleuve près du port de Montréal, c’est qu’un cargo, ça arrive vite. Celle de l’autre qui a traversé l’Atlantique en solitaire c’est qu’il faut aussi dormir. Nous avons probalement tous plus ou moins raison, enfin, ceux qui sont encore vivants et qui n’ont pas été frappés par un transatlantique.
Ainsi, aujourd’hui, après quelques heures de route fin seul sur mon coin de l’Atlantique, je distingue finalement entre les haubans de tribord, 3 ou 4 bateaux de pêche commerciale qui trainent leurs filets sur un haut fond. Je me dégage de 10° sur babord pour éviter que nos routes ne se croisent de trop près et je me replonge dans ma lecture. Au prochain tour d’horizon, j’arrive presque à leur hauteur et je les vois par le travers à un peu moins d’un mile. Mais entre le premier et le deuxième, j’apperçois un plus petit bateau de pêcheurs qui reviennent de la tournée de leurs casiers sur le même haut fond, et lui, il ne navigue pas en parallèle mais vient perpendiculairement, droit sur moi. Rapidement.
Va-t-il passer devant ou derrière moi? Je l’alligne sur un chandelier et il reste toujours en ligne. nous sommes sur une course collision et elle s’en vient à 25 miles à l’heure et directement sur moi. Je ne fais ni un ni deux, je désengage Charlie Brown et je pousse la barre franchement pour faire un virage de 180° car, j’ai l’impression que c’est par là, la sortie. Et avec raison et je l’ai échappé belle grâce à ma vigi-lence. Il est passé si près qu’un des deux gars qui étaient occupés à dépecer leurs prises dans le long espace arrière pendant que leur Charly Brown aveugle ramenait le bateau à toute vitesse à la maison vers Townsend Inlet, m’a aperçu du coin de l’oeil et a relevé la tête. Il avait l’air surpris/choqué que je sois si proche. Pas autant que moi mon gars!
La morale de cette histoire c’est que selon les circonstances et selon les opportunités de traffic anticipé, routes commerciales, territoire de pêche, approche d’un port ou d’une entrée, la vigilence doit certainement être modulée et ajustée en conséquence. Par exemple, le prochaine bateau que j’ai croisé, je l’ai aperçu vis à vis de l’entrée d’Atlantic City. Entrée que je n’ai finalement pas prise parce qu’il était encore tôt et que de me rendre à Little Egg Inlet une heure plus loin me permettait d’éviter le cheminement particulièrement tortueux que prends l’ICW juste au Nord de Casino-ville. Puis de m’arrêter au quai municipal de Beach Heaven où j’avais passé la nuit en descendant l’an passé. J’en ai profité pour aller manger une pointe de Pizza avec les mexicains à la pizzeeria irlandaise opérée par un couple de mexicain, justement.
Je sais, Grace, que tout ce mélange de nationalité t’inquiète pour la saveur de la pizza, mais je te jure qu’elle n’est pas mauvaise du tout cette pizza au fromage et champignon pâte mince. Puis la conversation avec des mexicains poseurs de pierre (ça fait un peu italien ça aussi, non?) a été des plus intéressante. Ils étaient fascinés par le fait que je voyageais seul en voilier. Leur jeune contremaître qui assurait la traduction m’avait invité à me joindre à leur table qu’ils venait d’occuper. Ces gars-là habitent à Philadelphie, à 5 heures de route d’ici. C’est parce qu’ils sont particulièrement bons artisans me dit-il qu’ils ont du travail partout autour.
Puis, on parle de famille. Combien j’ai d’enfants? Le plus vieux à aussi deux filles, l’autre ne sait pas combien nous avoue-t-il en s’esclaffant et mon jeune hôte, lui, à un gars et trois filles qui lui sautent au cou quand il rentre à la maison. À la fin, quand on parle de la place grandissante que prennent les latinos au USA (un phénomène que je trouve particulièrement enrichissant pour les WASPs du point de vue hunain), il me confie qu’il s’est laissé dire qu’après le noir, Obama, son fils pourrait en son temps devenir le premier président latino.
Nous nous sommes quittés avec une accolade, sur cette note d’espoir.

PS Lendemain matin. il pleut tranquillement et le vent n’y est pas. Bonne journée pour refaire les provisions ici au village et faire une peu de gestion internet chez Buckalews où la connection est bonne et le chauffage efficace.

 

Week-end au soleil

Samedi matin, la descente de la Baie du Delaware
Bien ammorcée au moteur pour sortir de la petite rivière qui nous a conduit en ville. Puis à voile sur le Delaware, passé le Fort qui en protégeait l’accès sur l’ïle aux Pois. Puis ensuite une étude comparée des sources d’énergies en passant devant la Centrale nucléaire. Et plus bas, tous les employés de la centrale et leurs copains qui sont à la pêche à la igne en ce beau samedi matin. Ils doivent être une centaine de bateaux de la chaloupe au moyen bateau motorisé à pêcher à la ligne, juste en aval de la Centrale. Plus bas, tout devient plus calme et le vent baisse au point que je dois demader à « DoRiS » de prendre la relève pour m’amener jusqu’à « False Egg Point », à peu près à mi-chemin de Cape May où j’ai jetté lancre pour la nuit.
Je retrouve mon rythme de navigateur solitaire et je cesse d’avoir à rejoindre quelqu’un à une date précise, à l’arrivée d’un avion. Heureusement que Renée n’est pas un modéle « date précise » car un coup d’oeil à mon planning me fait remarquer que 2 épisodes de mal de mer non prévus m’ont mis en retard de 4 jours sur mon horaire. Quatre jours de plaisir de plus à naviguer. Merci les filles!
Dimanche matin quai à Cape May
Chassé par le brassage inconfortable dans l’ancrage ce matin, je suis rentré à Cape May en fin d’avantg midi. Je prends une pause douche, marche en ville, approvisionnement avant d’entreprendre la Côte Est et le dernier stretch. Il fait une soleil radieux et le fond de l’air est tout justeu n peu frais. Faut pas remonter trop vite. Je vous laisse quelques images pour vous régaler du charme du coin.

Jeudi, vent fort; vendredi rencontres fortuites

Nous quittons le bassin sous voile pour être dans le ton. Facile puisque ces vents forts seront portants et que nous sommes un peu à l’abri pour l’instant. Le soleil est radieux et le temps clair. Ça va souffler par contre. Effectivement, dès que nous franchissons le long pont qui y travarse la Baie, nous nous retrouvons dans du 20-25 Nds avec des pointes à 30-35. Ça souffle. Nous avions pris un ris au départ dans la G’Voile et le Génois #2 assure un bon équulibre. Le bateau gite bien dans son angle efficace autour de 35° avec des courts moments qui doivent être contrés quand une bouffée à 35 nous frappe de plein fouet.
Ça va bien mais les barreurs doivent être vigilants. C’est pas un job pour le Charlie Brown, le pilote automatique. Nous ne sommes pas les seuls en mer mais il n’y en a pas beaucoup pendant toute cette journée qui nous mènera jusqu’à quelques miles de l’entrés du Canal où nous avons jeté l’ancre vers 17h30 derrière un promontoire sur la rive ouest devant le Parc d’état. Quelle belle tranquilité retrouvée après une journée de travail intense pour Manon et moi à la barre. Même qu’elle a senti le besoin d’aller faire un petit somme en milieu d’après-midi. ça dort bien sur un bateau, ce petit animal-là. Même par 35Nds de vent de côté.

Vendredi matin, rallier Wilmington
Presque juste une formalité en somme puisque le vent est très léger au réveil. Petite question à résoudre quand je découvre le cablot d’ancre enroulée autour de la quille. Pas facile de dire dans quel sens vents et courants de marée ont réussi le truc. J’essaye un tour dans le sens des aiguilles d’une montre et ça ne marche pas. Deux tours dans l’autre sens alors et on est libérés.
Dans le Canal entre les deux baies, abordage par la police accompagnée par l’agent des douannes. Des jeunes hommes fort sympa, rien voir avec la Garde côtière d’avant hier. Deux groupes bien complémentaires qui s’amusent sur l’eau quand il fait beau. Et là, j’en apprends une bonne: Mon permis de croisière est bien valide mais pour le garder valide, je dois me rapporter à chaque secteur des douanes américaines que je traverse. Pas me rapporter aux douannes si je sors du pays et que j’y reviens. Non, non, me rapporter quand je passe du secteur North Central Florida au secteurVirginia/Carolinas au secteur Maryland puis au secteur Philadelphia/Delaware où nous sommes présentement puis dans quelques jours, au secteur New York.
Jamais entendu parler de ça. Même pas par le gars qui m’a émis ce Permis de croisire (effectvement si on lit bien les petites lettres, c’est bien spécifié). Mais le punch c’est quand il me dit: « Si les gens ne savent pas de quoi vous parlez quand vous vous rapporterez à New York, n’insistez pas, notez tout simplement dans votre livre de bord que vous avez essayé. » (sic).
Finalement,quand on est entré dans la rivière qui mène au Centre-ville de Wilmington, pas de trace de la 7th Street Marina que j’avais identifiée sur ma carte. Il y a bien un petit embranchement qui mène à des installations abandonnées où un ancien bateau de croisière sur la rivière est amarré, mais rien d’autre qui ressemble à une marina en ville. après vérification avec un gars en petit cruiser, il s’agit bien de ça mais ça n’est plus en service. Qu’à cela ne tienne, il y a de la profondeur, on y va. Dans 15 pieds de profondeur, nous nous rendons au quai et y amarrons BRIGADDON derrière le bateau de croisière que Manon voudrait acheter pour transformer en habitation flottante sur le Canal Lachine. Une idée intéressante à esplorer. Il y a aussi une famille de Snowbirds, les vrais, ceux-là, nos Outardes qui y attendent le moment de remonter plus haut avec les petits.
La seule activité qui reste, c’est la descente de bateau où justement, deux retraités, membres de la Garde côtière auxiliaire sont justement en train de descendre leur bateau pour la saison qui commence pour eux ce week-end. Nous leur donnons un coup de main: je fais remarquer au gars qui conduit le 4×4 qu’il doit détacher le bateau avant de tenter de le faire glisser à l’eau et Manon aide l’autre à amarrer le bateau au quai quand enfin il réussi à le faire glisser de la remorque. Tout content de son coup, avant de repartir, il nous demande s’il peut nous eéposer quelque part en ville. Pourquoi pas, AVIS attend un appel pour venir chercher sa cliente mais on peut leur sauver ça.
On se fait reconduire à la Gare Amtrack où Avis à son comptoire. « Manon, avant de prendre l’auto, pourquoi ne pas vérifier au cas où, à cette heure-ci, si tu pourrais prendre le train? » Elle avait vérifié d’Annapolis avant de réserver l’auto mais bon, qui sait?. Et là, la suite des choses est de toute beauté. La préposée au comptoir d’Amtrack, nous regarde avec un grand sourire moqueur et trouve la connection demain matin à 4h50 pour arriver à NY une heure avant le départ du « Montrealer ». Juste le temps que Manon puisse prendre son petit déjeuner à la Gare. et elle lui fait ça pour la modique somme de 7$ à ajouter au 65$ qu’elle a déjà payés pour NY – Mtl. Et elle lui fait ça en français puisque Danielle François est une belle grande haïtienne joviale et moqueuse qui nous engage dans une conversation sur Montréal qu’elle va visiter pour la deuxième fois cet été.
Manon tout ravie des économies réalisées (avec la location de l’auto: 125$ plus essence) veut l’inviter à souper. Échange de numéros de téléphones, c’est partie remise, on se fera ça à Montréal cet été. Entre temps à Wilmington, c’est encore moi qui va se sacrifier et se faire payer le dîner grâce aux économies réalisées . Puis avant de partir, Madame François nous montre son portfolio de photos prises sur le bateau de croisière cet hiver. Cette femme-là est à revoir… si ça n’était que pour le plaisir des yeux: c,est tout un « pétard » Mais il y a aussi une complicité qui s’est vite engagée. Pour finir, elle a organisé le taxi pour Manon demain matin à 4h avec M. Martens un ami haïtien qui fait du taxi ici à Wilmington. Il a une belle voiture de luxe mais j’ai pas vu d’affiche de taxi quand il est arrivé. Probablement plutôt un service de limousine. Les limos,c’est plutôt le genre de Manon, de toute façon, si vous vous rappelez son arrivée.

Annapolis et tous ses charmes

D’abord, le lunch sur la terrasse du Federal House. Crab cake pour moi et Homard sur petit pain pour Manon. On se gâte un peu on l’a bien mérité. Puis les choses sont réglées pour son retour, je la laisserai à Wilmington, Del. d’où elle a loué une voiture pour rejoindre son train, le « Montrealer » d’Amtrack samedi matin à Penn Station. L’athmosphère sur la terrasse est sympa, le lunch est bon et la bière maison délicieuse. Mais le grand special de la maison, c’est la facture pliée en trois que Manon a découverte entre le petit pain et la belle portion de homard qu’elle venait de déguster avec ravissement.
Je dois dire que c’est le serveur qui a été très, très, très surpris quand il s’est fait présenter la facture par Manon, et non pas l’inverse comme d’habitude. Malgré son petit air sur de lui du début du repas, il a eu un petit moment sans parole. Par contre, le manager qui est venu nous assurer que ceci ne s’était jamais produit sur cette terrasse et que ça ne se reproduirait certainement plus était plus articulé. Malgré tout, il n’a pas osé nous présenter une autre copie de la facture de notre premier repas au frais de la maison. Les Sud-Africains à la table d’à côté en étaient verts de jalousie et nous avons eu une sympatique conversation sur la façon de bien manger à bon compte en ville.
À partir de là, nous sommes allés nous promener sur les quais qui abritent le plus bel assortiment de bateraux après les villes de la Côte d’Azur, je crois. Il y a là des designs uniques ou presque comme ce Ted Hood 75 impeccable malgré ses 30 ans de service depuis qu’il est sorti des chantiers taiwannais. Le capitaine qui était justement à vérifier ses amarres, nous disait que ce beau vernis que j’admirais venait justement d’être refait ($7 000) et qu’il devait être refait une autre fois dans l’année pour le garder impeccable comme cela.
Plus loin, un tour de ville nous a amenés dans un quartier cossus autour de l’Église St.Marry’s et tout le campus scoolaire qui l’entoure. Puis 17h et c’est la sortie des bateaux pour les régattes. Les J-30 et les Catalina 25 sortent à moteur pendant que les Optimistes et les J-24 eux, sortent à voile même si en apparence, il n’y a pas de vent dans le bassin intérieur ce soir. Puis ce n’est pas tout, quand ça va revenir, ces J-24, il devront manoeuvrer pour attendre l’ouverture du pont qui les sépare de leur marina.
Tout ça, suivi d’une petite conversation avec un couple de Boston qui étrennent leur nouveau Benetau 45 (ils avaient un O’Day 25 avant), leur maison de rêve. Et les suggestions du Capitaine pour le mal de mer: lui, prend un Pepsi; les bulles ça lui rempli l’estomac. Sa soeur quant à elle, met des bouchons dans les oreilles. Elle n’entend rien mais reste sur le pont et voit tout. Allez donc savoir lequel de ces remèdes sauvera Manon demain dans le 15 à 20 Nds prévu pour la remontée du haut de la Baie Chesapeake jusqu’au Canal qui la relie à la Baie du Delaware.