C’est reparti mon Kiki

Mardi matin, l’esprit dégagé, le coeur léger, on est prêt pour tout le reste des plaisirs de « La croisière s’amuse », on n’est plus sur un étinéraire à réaliser. On prend le temps. Branlebas de combat au réveil: « T’avais pas de l’entretien à faire, Philippe, y avait pas la pompe de cale à réparer? » Heu oui, puis quelques visses à revisser en passant dans les coffres arrière. Et toujours ce morceaux de drapeau canadien sur L’étai arrière au trois-quart de la hauteur du mat. « Les enrubannages des barres de flèches, c’est pas à refaire, â aussi? » Bien tant qu’à être dans le mat, effectivement aussi bien faire le tour.
Puis je vais en profiter pour envelopper le drapeau de ma tige de marquage de l’homme à la mer qui intrigue tout le monde, montée sur mon balcon arrière. Quand tout à été réparé, le vent à commencé à se lever alors, nous avons décidé de fair un petit « Bye bye » à nos amis de la Garde côtière qui pratiquaient le jetter de l’ancre au quai (sic) de l’autre côté du bassin et nous avons quitté le quai en douce, à voile.
Puis là, l’inexplicable c’est produit. Quand nous eumes tout laissé derrière, et que nous étions en train de prendre le large dans la baie, je me suis rendu compte que ma tige de marquage de l’homme à la mer n’était plus dans son socle. Il ne restait que la petite corde attachéeau pataras qui a pour fonction de larguer le drapeau. Virement de bord, on retourne voir où elle est tombée. Nous n’avons qu’une quinzaine de minutes de route derrière nous. Retour au quai, à la voile, virement de bord, demande aux gars de la Garde côte, personne ne l’a vu. Ni nous non plus ni en retournant au quai, ni en retournant en mer. Et pourtant c’est supposé être visible de loin, ce truc; c’est ça, sa fonction. Bon, admettons qu’il ait callé entre temps. mais ça n’explique toujours pas comment il est sorti de son socle. Normalement on doit le prendre en main et le soulever de 30 cm pour le lancer à l’eau. Il ne s’est tout de même pas lancé tout seul…
J’en perds encore mon latin. Mais bon, les marins ont toujours raconté des histoires inexplicables. Voilà enfin ma première. Depuis, on a 9 heures de route de faite au vent arrière et on poursuit vers Annapolis ou nous comptons bien prendre un moment pour visiter La Mecque de la voile. Nous sommes mardi soir et Manon ne reprends son train que vendredi matin à New-York. On a tout notre temps.

11H15, mercredi matin,à quai à Annapolis.
Que dire de plus de cette nuit passée en mer à se relayer à la barre, juste en dehors du chenal principal en remontant la Baie Cheasapeak pour ne pas se heurter au plus gros qui y naviguent jour et nuit dans les deux direction. Si ce n’est que c’est un simple hazard (une chance sur deux) qui a fait que c’est Manon qui était à la barre lorsqu’on est passé dans le rétrissement de la baie à la hauteur de Cove Point. Puis une chance sur deux aussi que j’avais tracé la ligne du côté droit du chenal principal pour éviter le traffic de la pointe.
Alors c’est elle qui a dû demander que je vienne l’aider à nous sortir de la ligne de filet de pêche dans laquelle elle est entrée en douce sous voiles. Gros poisson blanc qui s’est accroché le nez dans le haut du filet, ce qui l’a gardé là, bien appuyé jusqu’à ce qu’une petite intervention chirurgicale au filin supérieur le libére. On est passé par dessus au vent arrière même si on avait affalé en vitesse. Libéré de ses entraves, le brave Brigadoon à repris sa route et nous, libérés de nos angoisses, en avons profité pour changer de quart.
Annapolis, nous partons à ta découverte juste après cette douche bien méritée pour laquelle Manon nous offre une place au quai municipal.

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La mer prends la femme et la femme pogne le mal de mer (bis)

L’intention, la volonté, la motivation, la détermination, tout était là. Manon s’en promettait une traversée de nuit, un 36 heures en mer. L’opportunité était bonne, le long Cap à contourner au large pour entrer à Cape M ay à partir de Norfolk. Ça me plaisait aussi car, je ne veux plus faire de ces traversées seul à bord. Je commencerais peut-être à être raisonnable, moi, là.
Alors, après une nuit tranquile dans le bassin charmant de Hampton road à observer une jeune famille de « live aboard » comme on appelle ceux qui ont tout quitté pour un an ou deux pour donner une expérience différente à leur petits. Ceux-ci en avait quatre de 5 à 10 ans qui courraient et grimpaient partout sur le baeau d’une trentaine de pieds aux formes amples traditionnelles. Le genre de bateau qui peut traverser le mer dans n’importe quel temps, sur pilote automatique.
Après une douche matinale au quai municipal, nous nous sentions bien prêts pour l’aventure. Surtout que la météo nous donnait les vents favorables. Est d’abord qu’il fallait remonter à moteur pour passer l’ouverture dans le Pont-Tunel puis virage à gauche au grand largue pour les deux prochains jours si tout va bien.
Mais allez m’expliquer ce qui se passe dans la tête et le coeur de ces filles!?! Tout comme Loulou, il y a une semaine,à l’approche du large, quand les vagues commencent à arriver de manière un peu plus croisées et combinées à la houle de l’Atlantique Nord, elle passent par le même rituel. D’abord moins jasante, puis un baillement réprimé, puis un deuxième qui se laisse aller et en moins d’une demie-heure, je vois le teint changer de couleur.
Alors que j’ai déjà contre-attaqué avec ma stratégie de les mettre à la barre et de leur donner des objectifs de performance sur les quels elle doivent se concentrer, le mal prends le dessus sur ma technique et la fille me demande de prendre la barre car elle ne se sent pas bien. Même si je faignais de l’ignorer, ça fait une bonne demie-heure que j’ai vu les signes et que je m’acharne contre le mal. Nous eommes deux à le combattre d’un point de vue différent.
Finalement Manon doit s’avouer vaincue, et elle passe la tête pardessus bord. « Je préfère qu’on rentre, me dit-elle, en maudit. » C’est là que j’ai compris pourquoi il y avait une deuxième section de tunel dans le grand pont. On l’appelle le Chenal Nord et pendant que Manon dormait, dans son Sleeping, moi je partageais le chenal avec un navire militaire pour ramener mon équipière dans la Baie de Cheasapeak pour la remontée par l’intérieur. Pendant qu’elle récupère, je me dis que me voilà libre, plus de pression de rencontrer des échéanciers à New York ou ailleurs. On peut maintenant s’amuser à faire de la voile au rytheme des plaisanciers et prendre le temps de profiter de Cape Charles nous avons décidé de rentrer vers 16 heures pour passer la nuit.
Ça ne veut pas dire que la croisière est terminée. au contraire, elle a pris une autre tournure avec son lôt d’aventures nouvelles. D’abord, une heure après que Manon ait ré-émergé, plutôt en forme, assez pour reprendre son rôle de captaine du vaisseau, elle a eu le plaisir de subir un abordage de la Garde Côtière qui fait des vérifications de routine. Nous avons choisi de les faire attendre que nous soyons rentré dans le port pour nous laisser aborder. Ce qui leur conveanit bien puisqu’ils y ont leur base.
Après avoir montré nos papiers et nos ceintures de sauvetage, à l’épaule ancré dans la baie, nous avons cfinalement choisi de nous désancrer et d’aller nous installer à un quai de courtoisie dans le bassin du fond, face à leur base. La dans la tranquilité du bassin, nous avons tenté de nous expliquer « Pourquoi? ». Je ne suis plus sur de ma petite théorie à l’effet que le mal de mer soit relié à la peur inconsciente ou pas de mourir.
Ce que je sais toutefois, c’est que ça se passe au moment où nous passons des eaux protégées aux eaux plus dégagées de la mer. Est-ce le mouvemant différent? Est-ce le large? Est-ce un je ne sais quoi d’ans l’oreille interne qui lance de mauvis messages. Toujours, est-il que c’est quelque chose qui change le projet de croisière ou le projet de vie. C’est selon.