On s’entraine à Shelbourne

Valcourt à Shelbourne, mi-voile, mi-moteur avec un petit crochet dans le Port à Burlington en passant. On est en train de faire un véritable pèlerinage sur le Lac. Comme si on voulait se le réapproprier.

Il fait un temps extraordinaire de début de juillet. En descendant dans la Baie de Shelbourne, Jean-Guy prend les choses en main et va nous amener au fond de la baie près du parc de mouillage municipal. Il y connait une petite enclave tout près de la falaise ouest où il avait l’habitude de venir passer la nuit à l’époque de Cigöne. C’était Marius qui lui avait fait découvrir l’endroit.

Effectivement, il n’y a de place que pour quelques bateaux et l’ancrage se fait dans 20 pi d’eau même à quelques mètres du bord qui tombe abruptement en profondeur. Un beau grand bateau avec un petit couple d’amoureux qui se bécottent sur le pont avant va nous laisser seuls pour la soirée.

Ce que les gars n’avaient pas vu à l’époque où il ne se retrouvaient ici que le samedi soir, c’est que le mercredi, à Shelbourne, c’est la soirée de régate du prestigieux Lake Champlain Yacht Club.

Deux douzaines de voilier de toutes longueurs, à la fine pointe, voiles en kevlar et Spi multicolore se font une lutte serrée autour des bouées du parcours en triangle. Nous avons le privilège d’être immédiatement à la hauteur de la bouée au vent pour les voir se faufiler ème la bourrée et celui qui a essayé de trop la serrer et qui doit se reprendre au moment critique.

Ça fait plaisir de voir des voileux à l’oeuvre. Les amis de David de l’autre coté du Lac sont mieux de bien s’entrainer eux aussi car la Coupe du Maire de Plattsburgh risque de traverser le Lac cette année.

Et si on vous faisait une petite SURPRISES, on pourrait vous y inviter.

Food for thoughts…

Enfin de la voile !

De North Hero à Valcourt en moins de 6h au près, c’est pas un record mais c’est une bonne moyenne. Les voileux du Lac vous le confirmeront.

Puis avec un vent à 15N avec bourrasques à 25, c’est l’occasion de tester le bateau et son équipage. Je peux confirmer que l’équipage s’en est bien tiré. Surtout avec Jean-Guy à la barre qui ne veut pas la lâcher. C’est son allure préférée, l’ancien pilote d’auto de course qui retrouve là le feeling de l’attention soutenue au moindre mouvement de la machine.

SURPRISES quant à elle ne nous en a fait qu’une toute petite : le manille d’attache du bout de l’écoute de la Gr’Voile qui a cédé quand la vitesse atteignait les 6Nds. Notre pointe pour l’après-midi. Pas de dommage, juste une pièce vite remplacée à l’ancre au bord de l’ile Valcourt.

Bluff Point, au nord de l’ile Valcourt, c’est une des baies de l’ile très achalandée. Pour Jean-Guy et moi, elle rappelle toutefois une panoplie de souvenirs des plus merveilleux et un dernier particulièrement douloureux d’un ami qui nous y a quitté il y a deux ans. Il s’est "envolé" à partir de cette baie, précisément. Marius dont je vous ai déjà parlé comme étant un de mes meilleurs compagnons de voile était aussi un chum de J-G bien avant moi. En fait, c’est grâce à lui que je connais J-G, justement. Ils étaient partenaires sur Cigöne et c’est avec eux que Michèle et moi sur HERA, avions fait la descente de Beaufort à St.Marteens, la fois où un "routeur" nous avait pris 100 US$ pour nous dire que nous avions une fenêtre météo de 5 jours. Ce qui devait convaincre Michèle de partir avec nous plutôt que de nous rejoindre par avion; une manie qu’elle avait depuis quelle travaillait pour Air Alliance.

Ce qu’elle n’avait pas prévu, ni le routeur non-plus c’est que 18h plus tard, en plein milieu du Gulf Stream, nous allions essuyer un Fort coup de vent (Gale Force Wind – 40 Nds) ce qui nous à laissé notre meilleure histoire de voile au large à raconter pour tous ceux et celles qui étaient de la traversée cette fois-là.

Alors si vous voyez Jean-Guy sourire quand on parle de "routeur", vous comprendrez pourquoi.
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