Enfin des maringouins!!!

Bon, je sais que c’est une drôle façon de présenter les choses, mais pourquoi dire simplement que la chaleur est arrivée quand je peux vous y amener par un petit détour déroutant.

Il m’en est arrivé une nuée au coucher du soleil, juste avant que j’entre préparer mon hambourgeois de luxe avec frites et tout. Je ne sais pas pourquoi, c’est rendu mon repas favori. Faut dire que je choisis bien ma viande.

Quant aux maringouins, j’ai toujours été plutôt zen par rapport à eux. Mon expérience, c’est que si on n’essaie pas d’en assassiner un ou deux à grandes claques par la tête, les autres sont moins portés à venir les venger en vous attaquant à leur tour. Quand je les sens sur ma jambe ou mon bras, je glisse simplement ma main sur ma peau et en écrapouti quelques uns au passage. Surtout ceux qui tentaient de se fixer.

Essayez ça pour voir…

Aujourd’hui, j’ai fait une bonne journée sans rien de spécial à signaler. Une répétition de celle d’hier dans des conditions tout à fait semblables.

Alors je vous laisse deux photos du jour pour compenser le manque d’anecdotes.

La première est pour vous dire que les pêcheurs, j’allais dire percheurs, sont haut-placés, ici, en Caroline du Nord. Ils patrouillent les rivages de là-haut. Je crois que ça leur permet de repérer les bancs de poissons.

La seconde c’est un aperçu de mes compagnons de route que j’ai rejoins au pont vers midi. Ils m’avaient tous dépassé pendant l’avant-midi, à vitesse de coque. Mais un pont qui n’ouvre qu’aux heures comme celui de Wrightsville Beach, ça ramasse du monde, une journée comme aujourd’hui.

Puis j’ai profité par hasard de deux marées qui ont adonné. Alors j’ai passé tout droit à Wrightsville Beach pour aller jeter l’ancre plutôt à Carolina Beach, une heure de route plus loin, pour la nuit. Je connais l’endroit, je m’y était arrêté en remontant, il y a deux ans. J’y avais d’ailleurs manqué mes amis de Voilier Subtil de peu à leur retour des Bahamas.

Les premiers seront les derniers

Ils m’ont tous dépassé.

Je suis parti le premier ce matin. À 7h15, j’avais déjà largué les amarres. Mon nouvel horaire plus matinal. Une suggestion de Éric qui a bien de l’allure. Comme ça on arrive plus tôt là-bas et on peut mieux en profiter.

Aujourd’hui, ça m’a permis de constater que je n’était pas seul sur la route du soleil. En effet, puisque je suis le plus petit, donc le moins rapide, ils ont été au moins une vingtaine à me dépasser entre 10h et15h. Des voiliers surtout. Trois ou quatre Trawlers. Et tout ce beau monde à moteur car ce bout de canal allait exactement dans le vent léger toute la journée.

En fait c’est ce qui a fait qu’il y en avait tant. Il a venté fort ces jours derniers. Alors tout le monde attendait que ce vent tombe pour prendre de l’avance sur la route à faire. Car, pour plusieurs, c’est bien évident que c’est "de la route à faire". Ils ne se baladent pas par ici. Ils s’en vont le plus rapidement possible là-bas.

Le meilleur exemple, c’est ce vieux monsieur qui veut me dépasser. Il est rendu à une longueur de bateau de mon tableau arrière et il tient sa ligne : là "Magenta Line". Vous savez cette ligne de couleur mauve qui indiqué sur la carte, le tracé de l’ICW.

Alors, il y a des gens qui la suivent avec une telle rigueur qu’ils ne peuvent en dévier d’un poil. Ce matin, je roulais par hasard en plein sur cette ligne dans un chenal de 100 mètres de large. À la fin, il s’est décidé et m’a appelé sur le Canal 16 pour me demander de me tasser un petit peu pour qu’il puisse passer.

Je vous le jure, moi non-plus, je n’y croyais pas sur le coup. C’est quand je l’ai vu si proche que j’ai compris qu’il était sérieux. J’ai donné un coup de barre à bâbord et il a filé tout droit comme une flèche. Ne manquant pas au passage de me faire un grand signe de la main pour me remercier pendant que sa madame à la barre regardait droit devant sans se laisser distraire.

Ceci étant dit, je vais probablement retrouver la majorité d’entre eux dans un ancrage très populaire où je me dirige : Mile Hammock Bay. Tout justfe à la fin du terrain de jeu des militaires de Camp Lejeune près de New River Inlet.

Pour ce qui est de la photo du jour, je vous la donne en mille. Le petit bateau rouge, c’est SurprisS et regardez sur tribord, le nom de la crique. Je voulais m’y arrêter pour faire le plein d’essence, mais à marrée basse, mon tirant d’eau était trop grand. J’imagine que mon ailleul qui s’y est risqué il y a fort longtemps de ça, avait un plus petit bateau encore.

Beaufort (Prononcez: bô-forte)

L’autre Beaufort {prononcez : biou-forte) c’est en Caroline du Sud.

Pour moi, celui qui est particulièrement significatif, c’est celui-ci. Il y a 33 ans, j’y arrivais à la barre d’un PDQ de 10 mètres baptisé « Héra ». Fallait-il que je l’aime!?!

C’est aussi là où j’ai rencontré Jean-Guy, le chum de Marius qui deviendra mon chum, même après Marius. C’est là que nous avons appris la valeur des » routeurs » occasionnels… Qui nous font sourire aujourd’hui.

C’est tout de même une escale que je me peux pas éviter. J’y suis arrivé aujourd’hui en plein coeur d’après-midi. Une hérésie pour un skipper de livraison qui aurait pu ajouter au moins 25 miles de route avant de jeter l’ancre.

Mais pour moi, il ne s’agit pas d’accumuler des miles mais plutôt de vivre et revivre « l’aventure c’est l’aventure ». Et je me peux pas la laisser passer sans vous y inviter.

Et quel coucher de soleil! Non!?!

PS
Les commentaires de Loulou me rassurent que les publications vous parviennent. Et vous? Qu’en dites-vous?
PPS
Je vous sais tous avec moi. Ce que je ne sais pas c’est ce qui vous touche le plus dans mes posting???

La famille à la voile

Je vous ai parlé d’eux dernièrement mais j’avais manqué la photo.

Alors, les voilà dans toute leur splendeur sur les quais de Beaufort/Morehead City. Au centre c’est Laurance. Autour, dans le sens des aiguilles d’une montre, Éric, Sandrine, Benjamin et Geneviève.

Une jeune famille qui s’est permis de faire vivre à leurs tout-petits, une expérience d’une qualité inimaginable.

Je suis tellement de tout coeur avec eux.
Permettre à ses enfants de constater de visu, que la vie est peut-être autre chose que ce que nous montre la TV.

Imaginez!!!

Hallow’een

C’est bien drôle que je pense à ça, car je suis bien loin des sorcières et des "trick or treat". C’est probablement parce qu’avant hier, j’en entendait parler par les petits familles rencontrées sur la route.

Pour les parents, c’était important de permettre à leurs petits qu’ils sont en train de de régionaliser avec une année sabbatique a la voile fama les Bahamas, de garder tout de même quelques contacts avec leurs balises. Je trouve que les parents qui choisissent d’amener leurs tout-petits en bateau sont de la classe de ceux qui sont très conscients de leur rôle et des responsabilités qui en s’y rattachent et qui veulent l’assumer au mieux.

Il s’appelle Eric et elle Geneviève; les petits Laurence, Sandrine et Benjamin. Ce qui a donné "Belausa" comme nom du voilier. Faut dire qu’Éric avait déjà appris la voile sur le bateau de ses parents, à l’époque ou cette construction d’un nom de bateau était populaire. J’ai déjà, moi-même faillit nommer mon voilier : "Pathémaloupa"., Même le chien avait ses deux premières lettres incluses. C’est quand je me suis rendu compte que nous avions les mêmes que j’ai compris que ça n’avait pas de sens. "Maïté", était tellement plus charmant et facile à associer à un bateau si on accepte la tradition anglophone qui veut que le bateau soit féminin. Et que les Capitaines leurs associent le nom de leur dulcinée.

Toujours est-il que c’est une des deux rencontres significatives des derniers jours. L’autre, c’est Mike, le gars que j’ai retrouvé après trois jours sur des chemins divergents exactement devant moi comme lorsque nous nous étions quittés, au passage d’un pont. Là-bas à Norfolk, juste avant de se séparer et ici, juste après s’être retrouvés, dans Alligator River. Une coïncidence remarquable, mais pur produit du hasard.

Notez toutefois que nous commençons à nous reconnaître, les uns les autres, quand nous nous dépassons dans un canal ou nous retrouvons dans un ancrage. Depuis Norfolk, je sens que la route est maintenant celle des Snowbirds. Pas au point de chercher à aller m’ancrer à côté deux toutefois; je préfère votre compagnie et celle de la collection de livre que Loulou ma offerte comme d’habitude lors de mon départ.

Lire et écrire sont mes moments de conscience entre les longues périodes de contemplation que la facilité de la voile côtière me procure.

PS Avez-vous vu les incroyables photos de Jean-Marie. Le lien est dans son commentaire sous l’article sur Élizabeth City. Il y en a des absolument dramatiques prises à New York entre autres.