Plus qu’un dodo.

Bon, le bateau est prêt. Les réparations ont été complétées à temps et avec la compétences de professionnels (avant et après). Incluant le safran qui est beau comme un neuf. La quille réalignée devrait garder Brigadoon en droite ligne sur sa course. Les deux derniers jours ont été consacré au grand nettoyage. Le chantier c’est bien salissant, pour les bateaux (et pour les autos aussi, répliquera Renée en lisant ces lignes).
Nous en sommes à samedi PM et le bonhomme est prêt aussi. la matinée a été consacrée aux provisions avec la list de Loulou. Bio, fresco, vino, on s’en promet pour une belle semaine avec Anne-Marie qu’on va initier à la mer… si elle nous permet de sortir de l’Intracostal. Pourt le moment les vents sont favorables. De l’Est ces jours derniers, ils tournent au Sud-Est aujourd’hui. Ça va donner une chance au copains sur SUBTIL qui rentrent des Bahamas lundi.
Hier, j’ai accueilli un Morgan 42 qui entrait sous pavillon de quarantaine. Deux gars de Winnipeg qui étaient content de rentrer dans la marina après une traversée du Golfe Stream un peu difficile dans des vagues de 2m quand par moment, le vent est passé au Nord de l’Est. C’est toujours un moment critique à passer que ce courrant qui remonte à environ 4Nds à ces hauteurs-ci. Surtout si le vent lui souffle à contre. Mais c’est pas pour nous, c’est tracasseries-là. Même si on sort en mer, on ne s’éloignera pas à ce point. Juste assez pour éviter les hauts fonds et roches éparses. Pas beaucoup plus.
Pour le départ de toute façon, demain matin avec Martin, ce sera molo dans l’ICW avec un petit vent arrière pour l’ammarinage.

Je me sens un peu fébrile, je dois l’avouer. Je n’ai pas de craintes; tout est en ordre et en bon état. Mais il y a toujours ce petit pincement au creux de l’estomac qui me rappelle de rester vigilent. Et de « faire attention de ne pas tomber » comme le crient les mamans à leurs tout petits qui s’amusent à courrir dans le parc. Ce « Fais attention de ne pas tomber!!! » m’a toujours fait sourire en me demandant quelle différence il peut faire. Mais j’y pense tout de même; c’est bon signe.

Prologue

La chaleur revient. On a même vu Louise sur une terrasse de la rue St-Denis dernièrement. Renée à amélioré sa partie de golf suffisamment pour être rendue à acheter de meilleurs bâtons: des Burners de Taylor Made, madame.

Quant à moi, je suis en pleins radoubs. Un des plaisirs secrets de la plupart des amateurs de voile; j’en connais même qui certaines années passent plus de temps à réparer, améliorer, fignoler et frotter qu’à naviguer. Faut dire que cette année, je m’en offre de gros avec la maladresse du gars qui est venu réparer la mienne au mouillage devant la marina à Fort Pierce. Mon bateau à l’ancre depuis plus de 3 mois a soudainement dragué sur ses deux ancres pour venir s’échouer la quille dans le sable dans trois pieds d’eau. C’est la Garde côtière qui m’a prévenu; j’avais laissé mon nom et numéro de téléphone bien en évidence sur Brigadoon.

Vraiment, je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé pour qu’il décroche. Les gens à l’ancre, autour, m’ont dit qu’il y avait eu de grands mouvements de bateaux motorisés plus gros dans l’ancrage les jours précédents. Faut dire que les gens de voilier ont le blâme rapide et facile pour nos amis motorisés. Quoi qu’il en soit, c’est « l’expert » de TowBoatUS qui était trop pressé en fin d’après-midi au moment où la marée était à son plus haut lorsqu’il est venu me touer. Il a effectué une manoeuvre de pivotement sur la quille pour ramener la proue vers le large qui a complètement « frisé » la queue de la quille et arraché la pelle du safran.

Pendant que les experts redressent la quille, je reconstruis mon safran. Heureusement que j’avais une expérience récente de reconstruction de gouvernail sur mon voilier précédent. Peut-être devrais-je m’annoncer sur le net… À part ça, quelques autres petits nik-naks ici et là et je serai prêt à prendre la mer le 15 avril comme prévu. Pour ceux et celles qui se proposent de me suivre au retour, j’ai déjà fait mon plan de route pour rentrer le premier juin, mais au rythme où les moussaillon(ne)s se manifestent, nous allons sûrement mettre un peu moins de temps.

Ça commence par deux jours d’initiation à l’Intracostal de Martin, un gars de voile de la région de Québec qui veut refaire mon périple sur son Sandpiper l’automne prochain. Louise-Andrée et Anne-Marie me rejoignent à deux jours d’ici à Melbourne pour une semaine, probablement jusqu’à Charleston. Puis Manon, ma fidèle compagne de route de l’automne dernier à bien soigné ses plaies et revient de Norfolk à New York et plus. Enfin, un petit nouveau, Roland mon partenaire de la victoire lors de la Coupe internationale de Vero Beach viendra m’aider à remâter à Withehall et à la remontée du Lac Champlain vers Boucherville. Un programme des plus attrayants et très différent de celui de la descente avec des journées plus chaudes, plus longues, et des vents plus d’adon, j’espère. Si vous voulez savoir à tout moment dans quels conditions de vent on se trouvera, faites comme nous et aller voir régulièrement sur : http://www.passageweather.com/ 

Je compte vous faire voir plus d’images de la Côte et du large et moins d’Intracostal. Bienvenue à bord pour le retour à compter de dimanche prochain.