Faire de la voile c’est tirer des bords

Nous nous sommes offert un petit rappel amical à ce sujet Anne-Marie et moi lors de la dernière journée de croisière des filles. Vent du secteur Ouest de 15 à 25 Nds avec des raffales à 30. L’avertissement pour les petites embarcations en vigueur c’est pour nous avertir de ne pas sortir en mer. On a compris mais l’ICW c’est en eau protégée et en Georgie, c’est presque toujours dans les méandres sinueux et étroits des cours d’eau tranquilles qui alimentent les Sounds quand ils se transforment en rivière qui s’écoule vers la mer. Du Sapello Sound à la rivière Savannah en passant par le St.Catherine, l’Ossabow et le Wassa Sound, nous en avons remonté et descendu des petites rivières et gros ruisseaux pendant près de 50 Miles et une douzaine d’heures. « À voile, monsieur!!! »
La petite aime ça border les voiles, changer les voiles, passer le Génois, enpanner la Gr’voile. Elle a en plus appris à s’aider du moteur pour de cours bords au près trop serré et à prendre un ris dans la Gr’voile. Quand je lui propose d’aller aux voiles pendant qu’elle est à l’intérieur pour s’assécher et mettre de nouveaux vêtements secs, je lui propose de prendre son temps, Louise-Andrée est capable de barrer Pendant que je vais aller affaler le Génois. « Non, non, j’y vais. J’aime ça aller aux voiles! »
Marie-Andrée à appris avec son papa qui a lancé l’École de voile du Lac Ouarreau, quand elle était petite. Il construisait des Tornados, les catamarans qui ont volé la vedette quand leur design est apparu et est vite devenu une classe Olympique. En fait, j’aurais eu quelques sujets en commun pour jaser avec ce gars-là. C’est de lui qu’elle attrappé, sur un dériveur, la passion de faire de la voile. Et ça fait toute la différence, même à bord d’un quillard. Dans l’Intra-Costal, la très grande majorité des propriétaires de voilier font du bateau à voile pour s’en aller dans les Bahamas ou ailleurs dans le sud et en revenir. Comme les gens de bateau à moteur à une exception près. À l’occasion, quand le vent adonne, ils déroulent plus ou moins le Génois. Non pas qu’ils ne sont pas capables d’apprécier; deux couples d’américains sur un voilier de 12M nous fait une « Ovation debout » en tappant des mains au moment où on s’est croisés vers 15h, suite à un virement de bord bien réussi.
Moi aussi je tappais des mains intérieurement. Puis après les douches à la Marina à Savannah et un bon dîner de pates qu’elles nous a préparé avec Loulou, pendant que j’attendais leur retour du brossage des dents, j’ai décidé d’en profiter pour me mettre au lit et relaxer un petit peu. J’avais aussi mon voyage dans le corps; surtout le dernier bout en remontant la dernière rivière, vent debout, dans un F4 avec des pointes à F5 à voile et moteur. quand je me suis réveillé, le soleil se levait, les filles dormaient encore, la vaisselle avait été lavée, rangée, la maison mise en ordre, les pac-sacs, remplis pour le départ ce matin vers l’aéroport de Charleston à 2 heures d’ici en auto, par où je passerai dans deux jours et demi.
Parce qu’aujourd’hui, c’est mon dixième jour en route et la journée d’hier compte pour 2. merci Anne-Marie, merci Louise-Andrée pour une semaine trop courte passée « à la voile ».

Vent réel ou vent apparent

On lui avait promis la mer et nous en avons tous profité. Sortir au large par la Rivière à Jacksonville par vent du Sud-Est, c’est du sport mais quand le vent ne dépasse pas 10 Nds, c’est idéal pour tirer des bords autour des barges qui entrent, tirées par leur petits remorqueurs. Attention de ne pas tirer le bord entre les deux par contre. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Anne-Marie est à la barre, je passe et borde le génois et Loulou est heureuse. Elle prend des photos du bonheur qu’elle se procure en faisant vivre son expérience de la mer à sa copine. Une demie-heure plus tard, nous avons franchi la dernière bouée de chenal. Hourra! nous y sommes. Virage à gauche vers le Nord vrai, il est 15h, le vent est portant et nous avons des « inlets » à plus ou moins tous les 30 Miles. On y va autant que la petite aimera ça. Si elle devient malà l’aise, on entrera par la porte la plus proche.
Mais voilà qu’un 10Nds idéal au près va progesssivement devenir un vent nettement insuffisant au portant. Avec un vent apparent qui tombe à près de 5 Nds, la vague de 1m50 nous brasse assez pour que la barreuse en ait plein les mains et que la photographe, plein l’objectif de faire vivre la mer à sa chum. Les belles joues rosées par le vent pâlissent progressivement accompagnées du baillement caractéristique précurseur du « mal qu’avait parfois sa mère ». « Si tu prenais la barre, Loulou?! » Un capitaine-papa essaye ses vieilles tactiques.¨Ça marche assez pour stabiliser l’état de la barreuse mais pas assez pour donner le goût de continuer. Ma fille va aller s’étendre un peu pendant que je prends la barre à mon tour et qu’Anne-Marie prend des photos des éclairs du système orageux, là-bas à terre.
Quatre heures plus tard, nous sommes à la bouée d’entrée de St-Marys’ Inlet grâce à l’appui du moteur. Il nous reste maintenant à faire face à la musique, et enseigner à A-M à entrer de noirceur dans le chenal balisé et se fiant aux feux d’alignement là-bas, tout au fond, comme dans le bon vieux temps. Quand nous rejoignons le système orageux à mi-chemin du bord et que la pluis tombe suffisamment pour masquer les feux d’alignement, je redeviens très moderne et lui montre que le petit triangle blanc sur l’écran en couleur du GPS est bien sur la ligne rose, entre les deux petits points, vert à gauche et rouge à droite. Ça la rassure assez pour lui donner le courage d’aller affaler la Gr’voile qu’on avait gardée pour assurer l’équilibre du bateau dans la vague mais qui est devenue inutile vent debout.
Nous optons pour le virage à droite rendus à l’intérieur puisque nous poursuivrons vers le nord demain matin. Quand nous jetons finalement l’ancre près de l’Ile Drum Point dans le Cumberland Sound, juste avant la Base navale, il est 10h30 et les deux « saylors » sont fiers de leur sortie en mer. Ma fille a eu le temps de reprendre son coeur après avoir vécu tout ça avec nous dans un demi-sommeil. La voilà donc tout regaillardie par le calme de l’ancrage, l’orage passée et le vent tombé qu’elle se met à la tâche de la collation de fin de soirée (substitue du dîner… le Reistling restera au froid) avec un tel enthousiasme qu’elle en casse l’assiette dans la quelle elle se bât avec son navet difficile à trancher. « Loulou, c’est Loulou! », aurait simplement souligné sa mère.

On sort ou on sort pas

Faut pas y aller avec trop de témérité mais quand la fenêtre s’ouvre, il faut prendre l’air.

Nous avons fait de l’Intracostal toute la journée (mi-voile mi-moteur) hier de Daytona à St-Augustine. Quel endroit charmant où nous nous sommes laissés accrocher au mouillage de la marina municipale. Des gens fort accueillants; comme c’est souvent le cas des marinas municipales.

Alors, quand nous nous sommes levés ce matin sans vent, j’ai vu des yeux se lever vers le ciel en implorant. Faut ce qui faut les filles: on met le moteur et on se dirige vers Jacksonville. C’est là, la première sortie possible. Bien voilà qu’en route, les choses ont eu le temps de changer et pendant que Loulou et A-M allaient faire les courses, moi je m’occupait de la météo.

Elles viennent de revenir et sont probablement surprises de voir que le vent adonne maintenant pour prendre le bord de la mer. Je n’ai pas encore vu leur réaction, je suis caché près de la salle de lavage où je suis tombé sur une connection internet que nous n’avions pas au quai de service.

J’en profite pour vous donner la primeur: On sort! Elles ne le savent pas encore. Désolé pour les photos mais vous devrez nous imaginer encore un petit bout avant d’en voir plus. Ces connections furtives sont souvent de faible capacité de téléchargement.

Deux jours de ménage à trois

Puis Loulou qui m’avait prévenu qu’elle serait en SPM et ça ne parraît même pas. L’avantage des filles à bord c’est qu’on prend le temps de s’arrêter pour une douche. Martin et moi, pendant 3 jours, on n’avait même pas pensé à ça. Alors, nous nous sommes arrêté pour dormir devant la Marina municipale de Titusville où on est toujours bien reçu, douches incluses sans frais additionnels si vous achetez quoi que ce soit au dépaneur.
Ce matin, j’ai levé l’ancre en douce pour prendre la route quand les filles étaient encore au lit. question de pouvoir reprendre la barre un peu parce que depuis qu’Anne-MArie est à bord, elle ne lâche pas la barre. Surtout quand le vnt est portant à F-3 et qu’elle est en compétition avec un catamaran de croisière qu’elle à pris en charge passé le pont du chemin qui mène à la NASA, à Cap Canavéral.
Dès que le pont s’est levé pour nous laisser passer, le HATERI nous a coupé le chemin au moteur pour passer en premier, puis quand ils nous ont vu passer à voile, quelqu’un a eu un petit remords et a décidé de dérouler le génois. C’est là que la barreuse de compétition en dériveurs est passée en mode « compétition ». Borde ici, souque un peu là, ajuste le cap. Toujours est-il que pouce par pouce, elle a repris de la distance qui nous séparait puis est passée sous le vent de l’autre pour finalement être assez avancée pour serrer le vent devant ses coques et marquer la victoire. Quand ils sont arrivés à la Marina, nous étions déjà aux douches.
Aujourd’hui, en route vers Daytona, elle a expérimenté avec le DRS, le moteur, le Génois, pendant que Loulou photographiait tout ce qui est « tellement beau papa! », incluant une famille de lamantins. Pas si beaux que ça, il me semble. Et des oiseaux en tout genre, incluant ce qu’on a pris pour un flamand rose mais qui n’était probablement qu’une spatule… mais rose quand même.
Cette nuit, on projette de dormir au centre-ville à Daytona, entre les deux ponts comme j’ai fait en descendant. Puis on va faire sauter le bouchon de la « surprise » qui n’en est plus une puisque Anne-Marie passe autant de temps à jouer le rôle de la cuisinière que Loulou qui devait s’en charger. Elle est vraiment très occupée sur un bateau, cette fille-là…
… comme partout ailleurs, je (Loulou) vous le confirme. Dans les Chic-Chocs, en camping ou sur un bateau, difficile de la faire asseoir tranquille – et difficile de s’en plaindre bien sûr!
C’est intéressant comme le scripte fait l’Histoire, ici encore. Papa n’allait pas tout vous raconter… Faut les entendre tous les deux, la fratrie!, se demander de « passer l’écoute d’amure du DRS derrière le balcon » ou  » choquer le hallebas », « dégager la bouée tribord » alors que moi j’ai droit à « LOU! Laisse la VERTE à DRETTE!! Faut que ça rime… » Heille. (Je me demande un peu si c’est parce que je suis en jupe.) J’étais pas trop PMS, mais là…

Larguez les amarres

Une commande qui a eu pour plusieurs à plusieurs moments de l’Histoire, une signification très importante pour le reste de leur vie. Pour Martin, mon cooéquipier des premiers trois jours, la prochaine année nous dira à quel point. Un chose qui est certaine, les trois jours qui ont suivi auront été significatifs en apprentissages.
D’abord, il n’a pas lâché la barre 5 minutes et m’a relayé au rang de mousse affecté aux voiles. Heureusement que le vent portant (un beau Sud-Est de juste moins de 15 Noeuds) ne demandait pas de vierements de bord. Pendant ce temps, il arpprenait l’Intracostal. Car Martin, un Québécois qui passe aussi l’hiver en Floride, dans notre quartier est aussi propriétaire d’un petit voilier et s’est laissé séduire par l’idée de faire la descsnte l’an prochain.
Je me suis donc fait un grand plaisir de l’aider à comprendre comment c’est facile comme on ne peut pas l’Imaginer. « Vous êtes bien courageux, Philippe! » me disait la voisine, quand elle a appris que je l’avais fait cet automne. Ma répionse spontannée: « C’est pas tellement du courage , madame, que ça prend. Juste un peu d’insouciance pour partir et ensuite beaucoup de pers.v.rence pour se rendre. » Alors, les trois jours d’initiation à la persévérance se sont tellement bien passé qu’il n’y a que des moments de gand sourires et de « C’est-tu beau! » à raconter.
Sauf un fantasme dégonflé. Depuis que je vis par ici l’hiver, je vais occasionnellement rêver au Resto Capitaine Hiram à Sebastian. Situé sur la lagon, il accueille les bateaux qui viennent y passer un moment au bar ou au resto. C’était enfin l’occasion de vivre l’expérience le premier soir de la croisière. On a été accueilli par un vieux monsieur bougon qui nous trouvait pas très compétents à l’accostage entre les pilliers construit pour des gros « cruisers ». Le « Fish & Ships » n’était pas aussi bon que l’an passé. Et le prix de l’accostage à largement dépassé nos attentes.
Nous avons passé un moment tellement plus sympatique le lendemain soir, à l’ancre derrière l’approche du pont à Melbourne. Et nous avons été tellement mieux accueilli hier en fin d’après-midi par les gars du chantier « Eau Gallie Boat Works » de Melbourne, pour le changement d’équipiers.

L'Initiation de Martin

Ginette est venu chercher Martin qui n’était pas pressé de débarquer avec tout son nouveau bagage d’expérience qui l’ont rassuré pour la descente de l’automne prochain. J’y ai attendu mes deux équipières enthousiastes de la prochaine semaine, Loulou et Anne-Marie qui sont arrivée comme prévu en fin de soirée.

On a doucement quitté le quai pour aller se mettre à l’ancre pour la nuit tout juste de l’autre côté de la petite rivière qui entre dans la ville, tout près de l’aéroport. Elles dorment toujours au moment où j’écris ces lignes car il y a eu beaucoup de palabre père-fille sous la bôme tard dans la nuit au sujet de l’éveil politique de la jeunesse québécoise. Il me semble qu’au delà du prétexte immédiat, il y a de l’espoir.
À l’âge de 68, elle m’a fait revivre Mai 68. Et on n’est qu’en avril. À suivre…