Vivre à bord… seul ou avec d’autres ?

Premières questions que je ne m’étais pas posées :

  • Est-ce que je vais pouvoir vivre seul le reste de ma vie?
  • Avec qui serais-je capable de vivre dans la même pièce 24/7, à perpet?
Un coucher de soleil en partage

Un coucher de soleil en partage

Pouvez-vous vous imaginer regardant descendre le soleil sur l’horizon ouest sans pouvoir vous retourner et lui dire : “Est-ce assez beau à ton goût !?!”  

À mon avis, la première question critique se pose en ces termes. Sinon, pourquoi tous ces gens qui prennent la photo du coucher de soleil pour la partager ? Pourquoi suis-je assis sur mon roof à taper mes impressions que je posterai sur mon Blogue le soir même.

Si vous vous sentez interpellé par la perspective de vous retrouver seul à bord, votre premier défi est d’identifier la personne qui sera ravie de partager ce moment avec vous. Surtout, quelqu’un qui sera tout autant excité par la perspective de tenir la barre le lendemain matin quand le vent forcira et que la pluie commencera à tomber dru. Car, on ne peut pas “accompagner” quelqu’un dans son projet de voile pour des raisons autres que faire de la voile ensemble. C’est une activité trop irrationnelle; à plein temps, on aime ou on déteste.

Le compagnon ou la compagne doit être tout aussi enthousiasmé par la perspective d’une aventure aussi folle que vivre à bord d’un voilier à plein temps. Assez enthousiasmé aussi pour vivre 24/7, dans le champ de vision de l’autre. Je me souviens d’une boutade à des amis dans la quarantaine qui pensaient avoir trouvé l’âme-soeur, mais voulaient des preuves, des garanties : “Venez passer une semaine à bord de Maïté (un Person 30) et vous saurez.” Une amie, entre autres, m’est encore très reconnaissante de cette semaine d’essai de son jules qui a changé le cours de sa vie. Et celle du jules aussi par le fait même.

Quand l'ancre ne peut plus lever.

Quand l’ancre ne peut plus lever.

Si au contraire, vous êtes un “bernard l’ermite” qui est tout à fait auto-suffisant et qui ne rêve que de faire le tour du monde en solitaire, cette question critique du compagnonnage est heureusement résolue pour vous. La seule éventualité que je vous proposerai de considérer. Que ferez-vous si en cours de route, vous cessez d’avoir le goût de la vie à bord? Car vous devrez alors avoir une solution de sortie qui vous permettra de quitter cette coquille qui vous paraîtra dans un premier temps assez confortable somme toute, mais qui risque de se transformer en épave et vous aussi. Il suffit de descendre l’Intracostal à partir des Carolines pour être désolé par la vue de certains de ces bidonvilles flottants.

 Ou pire encore, allez jeter un coup d’oeil du côté du lagon de St.Maarten. Je me souviens de cette tête ébouriffée qui a émergé du voilier à l’ancre près de là où j’allais jeter la mienne, il y a quelques années. Jusqu’à la hauteur des yeux puis est redescendue sans mot dire, sans même un signe de la main, pour ne jamais réapparaître.

Une alternative attrayante pour certains: le charter amical.
72J’y ai goûté de différentes façons. D’abord, lors de ma première descente dans les Bahamas vers la fin des années 80. Puis lors d’une année sabbatique aux Îles Vierges. Dans un cas comme dans l’autre, je me suis bien amusé parce que la visite qui arrive tout enthousiasmée par la perspective de faire une croisière amicale et qui repart la semaine suivante en vous laissant un petit pactole pour subsister jusqu’à la prochaine, est une perspective de vie facile. À l’époque, je vivais seul à bord de Maïté et je recevais un couple ou deux copains pour une semaine ou deux. Huit à dix semaines à ce rythme, même à un “tarif amical” et je pouvais vivre à bord le reste de l’année.

Puis, j’ai voulu pousser le concept un peu plus loin et avec ma compagne de vie à l’époque, nous avons lancé “Les Croisières Au jour le vent”. Nous avons fait des croisières journalières aux Iles-de-la-Madeleine en été et de la croisière à la semaine à partir de St-Martin en hiver. Avec le plaisir de la descente et de la remontée entre les deux saisons de travail. Vous venez de remarquer que je viens d’employer le mot “travail”? Fin de l’illusion!

CroisièreSi vous devez gagner votre vie à faire travailler un bateau conçu pour la plaisance, vous allez vite comprendre la différence. Primo, votre équipement brise plus souvent et doit être réparé à plus grands frais quand cela  presse, que si vous avez tout votre temps de bricoler vous-même. Secondo, votre offre de service va se démoder très rapidement face à la compétition. Notre beau catamaran, un  PDQ de 10 mètres était tout petit et complètement ignoré, au salon de la croisière de Antigua, à côté des unités européennes ou même nord-américaines avec leur équipe de service à bord en costume aux couleurs de la compagnie.

HERAJe ne dis pas que vous ne pourrez pas faire du charter amical, mais n’en espérez pas beaucoup plus. J’ai rencontré des couples de retraités qui l’ont fait pendant quelques années, mais c’était à une époque où la perspective de retraite était beaucoup plus courte qu’aujourd’hui. L’autre facteur à considérer, c’est que la location à la semaine sur catamaran est très à la mode ces années-ci. Mais si vous êtes un passionné de voile vous n’avez peut-être pas un catamaran à proposer.

En fin de compte, ce que vous aurez l’occasion de tester lors de vos premières croisières, c’est votre capacité à conjuguer la vie à bord à deux, à trois ou à quatre. Quant à moi, je dois avouer que je n’aurais pas su dire avec certitude avant d’essayer. Alors si vous n’avez qu’une réponse partielle à vos interrogations à ce niveau, ne soyez pas déçu ou inquiet. Certaines questions suscitent des réponses qui changent avec l’endroit ou avec le temps. Pensez à : “Qui suis-je?”, “ D’où viens-je?” et “Où vais-je? nous sommes dans ce registre-là. Peut-être que la proposition à valider, c’est que : choisir de partir en croisière à la voile à plein temps est un choix fondamental de vie.

 Questionnement parfois déchirant entre :

“Choisir sa propre vie” et “Choisir de partager sa vie”.

  • Allons-nous voiler ensemble ou vivre ensemble sur un bateau ?
  • Se séparer ou se retrouver par moment pour faire un bout de route?

En dernier ressort la question se pose peut-être tout simplement ainsi :

  • Est-ce que je suis en train de décider de ma vie, de mon projet de vie?
  • Est-ce que nous sommes en train d’élaborer notre projet de vie commune?

 Et enfin, pour soulager votre angoisse, rappelez-vous que :

Partir un jour, ce n’est pas nécessairement partir pour toujours !

 

La semaine prochaine on explore ensemble les différentes options de croisière à explorer avant de partir…

« La croisière… au large ou en cabotage? »

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