Partir pour un an… ou pour tout le temps ?

 

C’est pas l’homme qui prend la mer; c’est la mer qui prend l’homme.

Renaud

Marie-Andrée rêve de partir et elle a planifié son itinéraire; elle hésite à faire le grand saut dans un monde inconnu. Michel rêve de partir, il connaît sa direction, mais il n’a qu’une vague idée de jusqu’où il va se rendre; il fouille les guides de croisières pour préciser son itinéraire. Jacques ne sait pas avec qui il partira; il hésite entre Marthe et Julie. Marie-Thérèse veut vivre sur son voilier au chaud dans les Antilles avec son homme, mais elle hésite.Elle craint de perdre de vue ses petits-enfants.

Mon expérience me dit de vous suggérer d’oser partir ! Peu importe la direction, peu importe le projet, ceux qui l’ont fait vous diront qu’ils se sont retrouvés ailleurs, éventuellement, de toute façon. Partir, c’est faire la découverte de possibilités insoupçonnées qui vous attirent plus loin, ailleurs. Quand je suis parti…

  • La Chatte-coquesLa première fois, je m’en allais descendre le fleuve jusqu’à Québec.
    • J’ai mis à l’eau « La Chatte » sur le fleuve St-Laurent à la hauteur du Lac St-Pierre et avec mon beauf, nous sommes descendus pendant trois jours en voile camping. J’avais lu un article dans Voile et Voiliers sur un gars qui faisait cela dans les îles grecques. On était en 1976, j’avais 33 ans.
  • MaÏté seule - EditedLa deuxième fois, je m’en allais aux Bahamas.
    • Avec « Maïté », mon Pearson 30 d’occasion, j’ai descendu la Côte est avec mon ami Jacques jusqu’à Miami FL. Puis avec Ed, nous avons traversé jusqu’à Nassau pour l’hiver. Ensuite, au cours des trois années suivantes, j’ai fait le tour de l’archipel jusqu’aux Îles Turk et Caïcos. circa 1987-1990.
  • La troisième fois, je m’en allais à Bora-Bora ou quelque part par là.
    • À partir de Providentiales, je suis parti… sans destination précise en sabbatique vers… Bora-Bora pour ceux qui avaient vraiment besoin que je décline une destination. Moi je savais que je partais; cela me suffisait comme orientation. Je me suis rendu dans les Antilles jusqu’en Grenade puis je suis revenu faire du charter amical dans les îles Vierges (BVI) pendant quelques années. circa 1990-1991.
  • HERALa quartrième fois, je m’en allais aux Îles de la Madeleine.
    • Avec ma partenaire de vie d’alors, nous avons acheté « HERA », un PDQ 30, et nous nous sommes lancés dans le charter à plein temps.  « Les croisières au jour le vent » faisait des sorties journalières aux îles de la Madeleine en été et de la location à la semaine dans les Antilles en hiver. Nous avions le plaisir de faire de la voile libre au printemps et à l’automne entre nos deux bases d’opérations. circa 1991-1993.
  • La cinquième fois, je suis descendu et suis remonté de la Floride.
    • À deux reprises, ma blonde prenait un vol avec Air Canada et je prenais la mer avec « Brigadoon » d’abord, un Mirage 24 puis avec mon « nouveau » vieux Newport 28 pour la rejoindre là-bas. Elle prend quatre heures pour le trajet Montreal-Vero Beach; je prends six semaines et nous prenons un petit break tous les deux 😉 circa 2013-2015.

photo-jerry4.jpgJ’ai encore Bora Bora sur la liste des îles que je n’ai pas visitées, mais depuis quarante ans que je pars en croisière, mes défis, mes intérêts, mes goûts,, ont bien changés et entre temps, ma vie aussi. Ce qui demeure stable et inchangé, c’est mon envie de parti, mon élan pour partir.

SurpriseS en routeCe que j’ai appris, c’est que :

  • La première fois, on a besoin d’une destination, un but, un objectif. Une vieille déformation professionnelle de toute une vie au travail.
  • Puis, on se rend compte que l’on peut partir et revenir et repartir et que rien n’est définitif.
  • Ensuite, on part plus facilement, comme cela, dans une direction avec un temps d’arrivée non précisé.

Quelques exemples de belles options de croisière pour un an ou plus à partir du Québec vers…

Les Bahamas

Deux jeunes couples que j’ai suivis de plus près au cours des deux dernières années. 

SubtilDanielle est une professionnelle et Jean un enseignant. L’année avant de devenir grands-parents, ils se sont offert une escapade avant de reprendre leur rôle d’initiateurs des tout-petits à la voile comme le papa de Danielle l’avait fait 50 ans auparavent. Ils ont pris une année sabbatique et ont fait l’aller et retour à partir de leur Marina de Portneuf où je les avais connus, il y a quelques années. http://voiliersubtil.blogspot.com/

namasteNancy-Ann et Jean-François un jeune couple d’amis BCBG que j’ai connu à l’École de voile de Boucherville. Pendant que J-F traversait l’Atlantique en course sur le voilier d’un ami, Nancy-Ann s’initiait à la voile avec son fils de 8 ans, Justin, sur Laser. Les deux se préparaient pour une année qu’ils avaient choisi de vivre intensément en famille avant de passer à d’autres défis professionnels. Ils ont acheté un Gib Sea 43 d’occasion pour faire le même périple, mais en famille quant à eux. Ce sont des jeunes qui ont encore plein de défis à relever.  Alors, en rentrant au Lac Champlain, J-F a revendu le bateau sans perdre d’argent et ils sont passés à autre chose. https://voiliernamaste.wordpress.com/

Jean-Guy sur Sea Drifter, un Marine Trader de 34 pi. dans les Keys de la Floride et aux Bahamas 

IMG_20140321_175728L’an passé j’ai fait une minicroisière à bord de Sea Drifter, le Trawler de mon ami Jean-Guy dans les Floridas Keys. Une pub de leur agence du tourisme propose : « Visitez les « Floridas Keys »: les Bahamas moins le Gulf Stream. J’avoue que c’est une publicité mais pas si exagérée que cela. Tout dépend de votre préparation et de votre prédisposition.

Cette année, nous avons traversé aux Bahamas et nous avons exploré les Exumas, Eleuthera et les Abacos, trois versions des Bahamas très différentes les unes des autres qui vous donnent le goût d’y revenir et d’approfondir l’expérience. D’Autre part, ce fut pour moi une belle occasion de comprendre et valider  pourquoi et comment  trawlers et voiliers sont deux « petits cousins » qui se fréquentent si aisément. Plus qu’ils ne réussissent à le faire avec les motorisés plus rapides  avec lesquels ils ne se trouvent pas ou peu de parenté.

Les Antilles jusqu’en Grenade

J’ai fait cette expérience lors de mon premier « grand départ » il y a une trentaine d’années. Je n’y étais jamais allé auparavant. J’ai découvert des mondes si différents du Lac Champlain d’où j’étais parti alors pour me rendre jusqu’en Grenade, l’Île aux épices. J’aurais voulu passer le reste de ma vie à explorer les îles et les coutumes si différentes entre St-Martin et la Grenade. J’apprenais à vivre à bord de Maïté, un Pearson 30 acheté d’occasion et remodelé à mon goût. Je n’avais pas imaginé alors, que je me retrouverais ailleurs quelques années plus tard. Sans compter que je m’y remarieraisé À St-Barth, devant le substitut du maire, avec son bandeau bleu,blanc et rouge qui lui traversait la poitrine en diagonale.

grenadaSur la route, j’en ai rencontré de tous les genres et de tous les modèles de « partis sur leurs voiliers ». Celui qui m’a peut-être le plus marqué, George, un propriétaire de magasins de chaussures du Mid-West américain que j’ai rencontré à Georgetown dans les Exumas. George avait décidé contrairement à plusieurs qui attendent la retraite à 65 ans à l’époque, de partir à quarante ans. Son raisonnement : « Maintenant, je suis en forme physiquement pour faire de la voile : hisser, border, changer de voile, jeter et relever l’ancre. J’ai tout vendu et me suis offert le voilier de mes rêves. Quand je serai plus vieux et que mes forces diminueront, je vendrai mon voilier après 20 ou 30 ans de vie à bord. Je retournerai dans ma petite ville pour ouvrir un magasin de chaussures de quartier  et finir mes jours en m’amusant à raconter mes voyages à mes clients. »

Lui aussi m’a marqué. Je pense à lui quand je vois des gens qui promènent leurs mâts nus ou quand je songe à mes vieux jours.

Le tour du monde

Si vous disposez d’au moins 5 ans ou si vous êtes prêts à partir pour tout le temps, c’est une option possible. Je vous ai déjà parlé de Tania Aeby, je vous ai donné quelques références des classiques. Plusieurs solitaires, couples et même petites familles l’ont fait et, ont écrit et publié leurs périples. Ceux qui sont en route maintenant autour du monde, on presque tous un blogue. Si vous avez le temps, suivez en quelques-uns au cours de la prochaine année. Ce sera passionnant, attrayant et surtout très apprenant.

La Grande boucle: mon projet de fin de vie.

Great Loop blog_Quand je songe, moi aussi, comme George, au moment où je n’aurai plus la force de hisser les voiles, je me rassure en me disant que nous disposons maintenant d’enrouleurs. Un bel exemple, Mike, ce bonhomme de 93 ans que je rencontre dans l’Intracostal. Il est de Deltaville dans la Baie Cheseapeake. Cette année, nous avons remonté tout l’Alligator River à voile, côte à côte, en régate improvisée. Il navigue sur un petit catamaran d’une vingtaine de pieds tout rafistolé mais il a un Génois sur enrouleur flambant neuf. La Gr’Voile, il a oublié cela, à son âge. « Ça fait bien longtemps que je n’ai pas eu à remonter au vent, me disait-il. Maintenant, j’ai le temps d’attendre qu’il tourne et adonne. »

La sagesse d’un vieux qui a une grande ressource à sa disposition : le temps. C’est la solution pour le confort et la sécurité, à la voile. Je vous l’assure, j’ai commencé, moi aussi, à m’en rendre compte lors de mes deux derniers aller-retour dans l’Intracostal (ICW).

Je dois commencer à m’assagir, moi aussi car, je prépare doucement mon ultime croisière. Quand George retournera vendre des chaussures, moi, je prendrai le rythme de la Grande Boucle. Un périple d’une année en descendant le Mississippi à l’automne pour aller passer l’hiver au chaud en Floride ou aux Bahamas. Et en remontant au printemps par la Côte Est pour venir faire de la voile avec les petits enfants. Un retour sur le cartes tracées par les découvreurs français partis du Bas Canada, à la recherche des castors d’abord puis de la route du Sud puis de celle de l’Ouest.

J’aurai peut-être envie de changer encore une fois de bateau, à ce moment-là. Même si ça se fait en voilier, au cours de la troisième ou de la quatrième boucle, peut-être aurai-je perdu le goût de mâter et démâter. J’oublierai tout simplement mon mât à terre sur la route et me transformerai en trawler.

Le bateau de mes rêves pour partir en croisière?

Avec une meilleure idée de votre projet de croisière, vous pouvez vous demander quel serait le bateau idéal pour le réaliser.

Ce sera le sujet de notre prochaine conversation.

 

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