Le budget… une contrainte ou un moyen ?

Le budget – Mes expériences personnelles variées

Les budgets différents d’une croisière d’un mois ou d’une année à la voile ou encore, celui de la suite de sa vie sur un bateau ne correspondent pas aux mêmes critères d’élaboration. De la même façon, quiconque a gagné la loterie ou son voisin qui prend enfin sa retraite, avec ses rentesde sécurité de vieillesse, abordent cet exercice de façons fort différentes.

Je peux vous parler de ce que j’ai fait, de ce que je crois possible pour quelqu’un qui décide de partir pour une période indéfinie, pour ne pas dire pour toujours. Je vais le faire dans laperspective de quelqu’un qui doute d’avoir les moyens de le faire, mais qui est prêt à se lancer tout de même avec une certaine perspective de se débrouiller en cours de route et plein d’espoir d’y arriver. Je vais le faire aussi sur les bases de mon principe de partir “à la Thoreau”, c’est-à-dire dans une perspective minimaliste.

Croisière amicale (8 semaines par année… facile)

Quand je suis parti pour une année sabbatique sur Maïté, je n’avais pas de revenus fixes d’anticipés. J’avais commencé à faire des croisières amicales au cours des trois dernières années aux Bahamas et j’étais persuadé que mes amis me suivraient, au fur et à mesure que je descendrais plus au sud. Du moins, aussi longtemps que je resterais dans des environnements facilement accessibles, par avion, à partir du Québec. J’avais aussi établi des contacts avec des agences québécoises qui organisaient des semaines de charter à la voile dans le sud, avec capitaine.

J’avais aussi un petit pécule en réserve au cas où que j’ai réussi à conserver intact. Pendant 4 ou 5 ans où j’ai vécu agréablement et confortablement de cette façon, aux Bahamas et aux îles Vierges. J’ai réussi à couvrir mes dépenses en louant mes services à un couple ou deux amis à la fois sur un petit bateau de 30 pieds. Le bateau était en bonne condition au départ et je n’ai pas eu de dépenses de maintenance importantes pendant cette période, sauf pour un dinghy que j’ai dû remplacer, par-ci par-là.

Comme d’autres couples de retraités que j’y ai rencontrés et qui avaient, eux aussi, pris leur retraite dans cette perspective de gagner leur vie avec le charter, je peux dire que c’est une approche possible pour un certain nombre d’années. D’autant plus qu’au fur et à mesure que nous vivons à bord, nous découvrons un mode de vie plus frugal et des manières de vivre moins influencées par la pression de la société de consommation.

Les limites de cette approche seront déterminées par votre goût pour “la visite” et votre capacité à garder votre offre de service attrayante tant du point de vue technique que du point de vue psychologique. Si vous aimez recevoir du monde et entretenir votre bateau, vous avez une longue perspective de vie agréable à bord dans les Antilles.

Croisière business (au-delà de 5 ans… difficile)

“L’ambition fait périr son maître!”

Après quelques années de “charter amical dans les Antilles et quelques changements dans ma vie personnelle, j’ai décidé d’y aller plus sérieusement. Avec ma compagne de vie d’alors, nous avons créé et lancé une entreprise commerciale : Les “Croisières au jour le vent” dont la mission était d’organiser des sorties journalières aux Îles-de-la-Madeleine en été et des croisières à la semaine dans les Antilles. Nous avons réussi à le faire en couvrant nos frais, sans plus, pendant deux ans puis nous avons laissé tomber pour plusieurs raisons, personnelles et professionnelles.

Je dirais simplement qu’il est difficile de passer de la “croisière amicale” à un “service professionnel” capable de faire compétition avec les grandes entreprises commerciales. D’abord, être assez solide, financièrement pour absorber les pertes d’une saison estivale aux Îles-de-la-Madeleine, une année où il a plu 19 jours sur 31 en juillet. Ou encore, faire face aux coûts exorbitants des services de réparation d’urgence dans les marinas antillaises. Parce que si vous avez des clients qui arrivent dimanche soir et que vous n’avez pas le temps de besogner ni d’attendre les pièces par la poste régulière.

L’autre aspect à prendre en considération : la désuétude de votre voilier en comparaison avec les unités modernes que les grandes compagnies de charter mettent en service à chaque année. Même tout près, au Lac Champlain. Vos clients amis ne se préoccuperont pas de vos voiles qui commencent à prendre de l’âge ou du fait que vous n’avez pas une salle de bain complète par cabine. Mais les clients anonymes recrutés par une agence le verront d’un autre oeil. Même l’agence, après 5 ou 10  ans, vous disqualifiera pour cause de manque de modernité de vos équipements.

À moins que ce ne soit vous qui perdiez le goût de travailler dans un atmosphère où tout le monde est en vacances. Car, le faire professionnellement, ce n’est plus la même proposition ni non plus le même sentiment de liberté qui était le motif premier du départ.

Liberté 55 – Budget de retraité (2015) – Un exemple : descendre en Floride

Après cette petite digression, revenons en à notre proposition initiale : Partir…

Supposons que nous partions doucement sur le chemin le plus facile : la Côte est jusqu’en Floride et même les Bahamas.

Je l’ai fait à deux reprises au cours des dernières années (2012-2013 et 2014-2015) avec grand plaisir, tout doucement sans me presser. J’allais rejoindre ma conjointe pour passer l’hiver à Vero Beach dans un Golf Resort. Elle m’aime assez pour me laisser faire mes folies et je l’aime assez pour jouer au golf en hiver.

Je suis parti avec un vieux  bateau en relativement bonne condition. J’avais acheté SurpriseS, un Newport 28 datant de 1977 pour une chanson et lui avait fait faire un test de croisière dans le golf St-Laurent l’été précédent. Cela m’avait permis de mettre à jour les petites surprises que l’on découvre toujours après quelques miles de croisière. Un exercice prudent, car il vaut mieux découvrir ces réparations ou améliorations à apporter, ici près de la maison avant le rangement hivernal, plutôt qu’au printemps suivant, en traversant le Gulf Stream.

Donc en partant du principe que votre bateau est en bonne condition, vous ne devriez pas avoir d’investissements majeurs en réparation ou améliorations pour les premières années. Sauf pour des améliorations locatives de confort à bord que vous vous découvrirez à l’usage ou au contact d’autres voyageurs comme vous que vous croiserez sur la route. Ainsi, si je fais abstraction de celles-ci, voici comment mon budget s’est réparti en moyenne au cours de ces deux années de descente et remontée de la Côte est jusqu’en Floride.

Alimentation 20 $ par jour

Je mange à bord la grande majorité du temps. Je mange frais, viande, poisson, fruits et légumes. Sensiblement comme à la maison ce qui veut dire que j’inclus 2 $ par jour pour la glace. Je bois du vin en mangeant, de la bière l’après-midi. Je vais peu au resto et quand je le fais. c’est dans un quick lunch. Je suis prudent de ne pas perdre d’aliments en conservation.

Fuel, marina et démâtage 15 $ par jour

Je ne vais pas à la marina une fois par semaine avec mon bateau. Parfois, j’y vais en dinghy et je ne paye que pour la douche et pour le lavoir. Quand je fais un plein, je fais aussi une vidange d’eaux brunes, deux dépenses que je contrôle avec soin. Je ne motorise pas pour faire de la route. Je suis retraité, j’ai le temps de me rendre à voile. Quant à la fausse sceptique, j’y envoie le minimum d’eaux de rinçage.

Entretien et maintien 2500 $ par année

À la question de mon ami Jacques : “Est-ce que ça brise souvent, ces bateaux-là ?” Je dois répondre qu’effectivement, quand je vis à bord, c’est comme si je me promenais dans un vieux camion 1977 avec une maison du même âge, montée dessus. Oui, il y a de la plomberie, de l’électricité, du calfeutrage, un joint qui lâche, une voile qui déchire, des produits d’entretien annuel et régulier en route. Les communications et les assurances sont aussi comprises ici.

Vivre à bord selon ses moyens

J’arrive à vivre à bord avec mes revenus de sécurité de vieillesse pour couvrir mes coûts d’opération. Je peux aussi couvrir mes frais d’entretien si je n’ai pas de malchance majeure et si je fais tout cela moi-même. Je ne paye pas de services techniques, mais je dois tout de même payer pour les pièces et le matériel… en acier inoxydable.

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