Le bateau idéal… pour la course ou la croisière ?

Monimage bateau idéal, je l’ai revu la semaine dernière amarré à un quai de Marina dans l’Intracostal en Caroline du Sud. Un ketch de 12 mètres gréé en cotre; un plan de voile bien reparti. C’était une préoccupation de sécurité et de confort, avant l’ère des enrouleurs. Aujourd’hui, j’imagine que l’équivalent serait un Bénéteau 46 ou 54 que je croise, même sur le Lac Champlain. C’est le genre de bateau dont je rêvais quand je naviguais les week-ends sur le Lac des Deux-Montagnes et la semaine, dans les revues « Cruising World » ou « Voiles et voiliers ». Jusqu’à ce que je me rende compte que même si cela commence par un rêve, il y a un moment où je devrais passer en mode réaliste si je voulais partir un jour.

C’est la lecture de Thoreau, ce philosophe américain du minimalisme qui m’a permis de passer du rêve à la réalité et de chercher le bateau que j’avais les moyens de m’offrir avant qu’il ne soit trop tard pour partir. Maïté, un Pearson 30 acheté d’occasion m’a effectivement amené beaucoup plus loin que je ne l’aurais jamais imaginé.

Le bateau idéal pour Mark et Jade

J’ai rencontré Mark à la Marina de Coinjock NC en descendant l’ICW il y a 3 ans. Il était mousse d’occasion sur le voilier d’une quarantaine de pieds de son oncle et il était fasciné de me voir faire le même périple sur Brigadoon, un Mirage 24. Un an plus tard, avec Jade, une autre petite BCBG torontoise comme lui, ils me rejoignaient en Floride pour que je les aide à choisir leur « bateau idéal ».

Beau défi! « Pour aller où? » « Bien, on pense aux Bahamas d’abord, j’y suis alléJade et Mark l’an passé. Puis on verra… le tour du monde, peut-être. » Devant un beau rêve aussi ouvert, je leur ai proposé mon approche « à la Thoreau » et progressive, en plus. Ils ont investi 10 000$ dans un vieux Hunter 33 que l’on a mis à jour ensemble puis, ils sont partis passer l’hiver aux Bahamas où ils ont découvert le monde fascinant de la croisière. Surtout celui des couples plus âgés sur des bateaux trop grands pour eux qui étaient contents de prendre ce couple de jeunes à bord pour faire des traversées d’île en île.

Au printemps, ils ont ramené le Hunter en Floride, l’ont revendu le même prix qu’ils l’avaient acheté et sont partis à quatre, vers le Maine sur un plus grand voilier.

Aux dernières nouvelles, Jade était rentrée à la maison après une expérience d’équipière d’une saison sur un très grand voilier de charter dans la mer Baltique. Quant à Mark, après avoir fait une formation de skipper en Australie, il est maintenant sur un voilier en Amérique du Sud. Dites-moi, si vous le pouvez, comment dire quel est le bateau idéal avant de partir si l’on est pour se retrouver si loin de l’idée de départ.

Et le vôtre, quel est votre bateau idéal?

Si vous ne le possédez déjà, les banquiers se feront un grand plaisir de vous enrôler dans un programme de mensualité plus grand que vos plus grands rêves. Sinon, le marché de l’usagé est incroyablement fourni d’occasions en tous genres. Un expert maritime pourra vous aider à ne pas transformer votre trêve en cauchemar. Quoiqu’il en soit la question fondamentale à résoudre restera la même : « Pour partir… pour où? »

Si vous possédez déjà un voilier, pourquoi ne pas tout simplement partir avec celui-ci. De toute façon, ce n’est qu’en route que vous allez découvrir celui dont vous aurez vraiment besoin, selon l’évolution de votre projet de croisière ou de vie à bord. Selon la découverte progressive de votre possible.

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Si vous vous en tenez au cabotage, vous réaliserez rapidement que votre quille fine et profonde, idéale pour les virements de bord rapides de la « régate du mercredi soir » deviendra votre hantise dans les canaux. Pour les Bahamas, j’irais même jusqu’à suggérer (Oh sacrilège!), une quille relevable. Ou si vous en avez les moyens, un petit catamaran. C’est le bateau que vous allez croiser de plus en plus sur le banc.

Si vous optez pour la grande traversée, vous comprendrez rapidement que le « lourdaud à quille longue » devient tout à coup très attrayant, sans compter le Pilot House qui augmentait le fardage disait-on, mais qui, par mauvais temps, en mer bien formée, sera votre home at sea.

Quoiqu’il en soit, vous passerez d’une série de critères de choix du régatier qui veut remonter au vent à celle du bourlingueur qui veut vivre à bord confortablement. Soit dit en passant, on ne remonte que très rarement au vent en croisière. Les routes choisies sont plutôt au portant. Sinon, on a le temps d’attendre que le vent tourne et adonne.

Un trawler peut-être…

Je sais que je viens de faire sursauter plus de  la moitié des lecteurs propriétaires de voiliers, mais si vous optez pour le cabotage, pourquoi pas? Permettez-moi de vous mettre au défi de distinguer entre « propriétaire de voilier » et « voileux ». Mon expérience de la voile, que ce soit au lac ou dans l’Intracostal, c’est que je vois beaucoup de propriétaires de voiliers qui promènent leur mât plutôt que de remonter un vent plus fort ou se laisser porter par un vent plus léger. Alors à tous ces promeneurs de mâts, je demande :  « Pourquoi traîner tout ce fardeau inutile? »

Même moi qui me targue d’être un « voileux » invétéré qui ne manque pas un vent si léger ou si costaud soit-il, je n’arrive pas à faire de la voile plus que 50% du temps. Et encore là, dans bien des cas, j’ai le moteur qui tourne au ralenti, prêt à venir en appui quand un virage de la voie d’eau m’amène trop au près ou trop au vent arrière.

L’hiver dernier, j’ai et l’occasion de faire un essai dans les Keys de la Floride sur le trawler de mon ami Jean-Guy. Un Marine Trader de 34IMG_20140321_175728 pieds Il est au moins quatre fois plus logeable que mon voilier de 28 pieds et il consomme un peu moins que mon vieux moteur Atomic 4. 

Ce qui m’a fasciné le plus, c’est cette impression de flotter dans l’air au-dessus de l’eau, assis sur le pont supérieur. À la vitesse de croisière du voilier on parcourt le même chemin mais dans un confort de loin incomparable. Pensez-y la prochaine fois que vous vous laisserez prendre à promener votre mât.

Trawler ou voilier ou tout autre voiture d’eau; vivre à bord en croisière, c’est se balader doucement dans sa maison. Plus vous y vivrez à plein temps, plus vous la voudrez confortable. Mais si vous voulez partir maintenant, n’oubliez pas le message de Henry David Thoreau:

« Le plus petit bateau qui va pouvoir vous porter là où vous appellent vos plus grands rêves. »

Au bout du compte, osons nous poser les questions qui tue :

  • Combien cela coûte la vie des gens riches et célèbres?
  • Ais-je les moyens de partir maintenant et pour combien de temps?

Je vous révélerai mes secrets à ce sujet lors de notre prochaine conversation.

 

 

 

 

 

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