L’heure douce

Ça se passe vers 21h ou juste avant à ce moment-ci de l’année. L’heure où on se demande si on reste dans le cockpit ou bien si on va dormir.

Puis quand il fait doux comme ce soir, j’opte pour un deuxième café et je choisis une autre heure de douceur.

Je suis bien ancré et il n’y a personne autour de toute façon. Je suis près de la section de mouillage des locaux et ils sont à la maison ce soir.

A l’heure du souper j’étais un peu plus bas et les marins d’eau douce étaient nerveux que je vienne m’ancrer près d’eux dans le coup de vent qui a frappé le Lac cet après-midi. Je les ai laissés me jeter des coups d’œil inquiets pour un et me jaser des techniques d’ancrage pour un autre puis je me suis éloigné doucement pendant qu’ils digéraient leurs T-Bones

Je trouve amusant de me retrouver dans la flottille des québécois du Lac. D’ancrer parmis de bonnes personnes qui vous reconnaissent comme nouveau venu tellement ils se connaissent tous entre eux.

Yves qui est venu me jaser pouvait me décrire mon ancrage dans Pilot’s Bay il y a10 jours et un autre à Mallett’s Bay la semaine dernière. Puis en bon gars bien intentionné, il m’a expliqué les vents du Lac et les squales qui peuvent nous surprendre. C’est pourquoi ils ancrent tous sur 150 pi de chaîne…

J’ai pris bonne note et je me suis éloigné pour ne pas les énerver trop avec mon ancrage sur chaîne et câblot.

C’est vrai que j’ai un bateau rouge, plus facile à reconnaître mais quand même…

Je ne voudrais pas devenir le mouton noir des Québécois du Lac.

En bateau, à pied ou en train.

Je devais expliquer ma présence sur le train à l’agente du Poste frontalier de Rousses Point. Ce qui m’a permis de prendre conscience du privilège que j’ai.

Je rentre pour le week-end pour permettre aux miens de me faire un gros câlin à l’occasion de mon anniversaire. Pas de problèmes.

Je laisse mon voilier sur le mouillage que David à devant sa maison à Port Kent. Je montre la pente douce jusqu’à la plate forme d’embarquement d’Amtrak et je m’assois confortablement à bord du train pour vous écrire un petit mot pour vous dire combien j’ai apprécié touts vos bons voeux. Soit par courriel ou Facebook avec qui vous m’avez réconcilié en quelques bons souhaits.

Et je maintiens ma moto pour une année encore : « Life is good! »

Y a de l’espoir!

Vous m’entendez souvent déplorer le manque de capacités de beaucoup de propriétaires de voiliers de bien profiter de leur achat et de sous-utiliser les voiles de leurs bateaux.

Quand nous avons mis sur pied l’École de voile de Boucherville, quelques amis et moi nous avions aussi ce désir de voir plus de jeunes prendre goût pour la voile. Mais Walter qui a plus d’expérience avec le nautisme au Québec nous mettait en garde contre un programme de voile qui ne débouche pas sur le goût de la voile en quillard. Il s’y connaît, c’est lui quoi vous invite au nom de l’AMQ au Salon annuel du nautisme au Québec.

Ce matin toutefois, j’ai été rassuré quand Mathieu m’a confié qu’il revenait pour la première fois à Mallett’s Bay sur son propre voilier, PASSION REBELLE. Il y venait sur le voilier de son papa il y a 25 ans.

Aujourd’hui, c’est lui le papa et Sabrina me dit que les quatre petits ont tous navigué pour la première fois dans les bras de leur maman comme le petit dernier présentement. Je les appellerai tout simplement les « grands marins » quand je pense que la plus grande qui a probablement 6 ans maintenant a été précurseur des trois gars dont le plus jeune à l’air d’avoir moins d’un an.

Ils ont tous au moins 30 ans d’avance sur moi qui pense avoir une bonne expérience de la voile, enfin, à mon âge.
Et quand ils auront grandi à leur tour, peut-être tireront-ils des bords sur le Lac, eux aussi.

En tout cas, dans l’ancrage devant la Marina Champlain, ils ont gagné le concours de la « Photo du Jour ».

The Gut

Si vous regardez attentivement sous le génois vous allez apercevoir une ouverture dans la jetée désaffecté, là où passait le train à une autre époque.

Comme plusieurs voies ferrées désaffectées celle-ci a été transformée en piste cyclable sur le Lac, au beau milieu de laquelle on a pratiqué une ouverture pour laisser passer les bateaux.

Nous pouvons ainsi passer de la partie principale du Lac, au sud de Plattsburgh vers une autre section tout à fait différente du côté du Vermont.

Passé un premier grand bassin presque circulaire où il fait bon naviguer en eaux protégées de toutes directions, vous accédez dans une autre marre un peu plus petite : Mallett’s Bay. Là vous découvrez les marins, les vrais voileux du Lac Champlain.

Pas les touristes de Montréal et de ses banlieues proches (Boucherville) ou éloignées (Québec ou Trois-Rivières) mais les gars de voile de course qui tirent des bords en prévision de la Mayor’s Cup qui sera disputée en fin de semaine devant Plattsburgh.

Mais même grand-père dans son bateau de bois ruisselant ou à bord d’un petit canot à voile de conception originale et de fabrication domestique soigneuse vous rappelleront que vous êtes dans un autre monde. Vous n’êtes plus dans le North Country de mes amis républicains vous êtes dans l’État vert des démocrates, nos autres voisins moins connus.

A moins que vous soyez déjà un fan de la rue principale piétonnière de Burlington et que vous ayez déjà compris que les Américains se suivent mais ne se ressemblent pas tous nécessairement.

Venez vous y balader cette semaine, vous allez me voir titrer des bords avec les autres grands-pères verts.

Même Marina: différente ligue.

C’est ce qui est merveilleux du Lac Champ, il peut accommoder aussi bien celui-là que celui-ci. Tout le monde y trouve sa place Sans énerver les voisins.

Même dans les ancrages, il y a à certains endroits une cohabitation sympathique tandis qu’ailleurs, une sélection naturelle s’opère. Tout ça pour dire que même Jean n’aurait pas à pester contre les motorisés qui nous frôlent de trop près.

Aujourd’hui, grosse journée de voile même si ce fut une des plus courtes. Dans le petit nord-ouest qui forcit en route pour monter a au moins 25 Nds, je me suis ennuyé de mes équipiers. Mais sans problèmes, j’y suis arrivé. Grâce à mon enrouleur; à mon âge, je crois que ça s’impose, pour le confort aussi bien que pour la se sécurité. Mais rassurez-vous, je suis encore capable de prendre un ris en route avec l’assistance de Simrad, mon pilote automatique.

Port Kent – Plattsburgh en 2 heures, c’est peut-être pas un record mais une saprée bonne moyenne.

Ce matin, un ami de Anne rencontré hier au BBQ est venu plonger pendant près d’une demie-heure pour localiser le mooring de David. Je peux maintenant y attacher mon bateau que je sois à bord ou de retour à Boucherville pour une petite visite à ma blonde.

Demain, un beau dimanche sur l’eau comme beaucoup de monde, cette fin de semaine-ci. Destination : selon le vent.

À quand votre tour?