Dimanche après-midi au soleil.

Enfin l’impasse est résolue. Même si elle était plus profonde que prévue. Le résultat net c’est que je vais acheter un « S » pour ajouter au nom de notre bateau. Il le mérite bien.

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Quand nous avons appris que nous devions rester à quai quelques jours, en attendant la pièce du moteur, Maurice a constaté qu’il avait atteint le bout du possible pour ce voyage-ci. Il verra le Fior la prochaine fois, il a repris l’autobus pour Québec après avoir contribué à résoudre une des surprises, celle de la barre à roue. Nous nous connaissons et apprécions encore beaucoup plus depuis. J’ai rarement vu un gars aussi positif et créatif tout en étant doté d’un raisonnement logique à toute épreuve. Une combinaison rare chez l’être humain civilisé. De plus, il n’a presque pas le mal de mer et que très rarement. Il a une « invitation ouverte » à la manière de celles que l’on offre à certains à l’émission « Tout le monde en parle ».
Pierre, le mécano s’est présenté avec la pièce et son coffre d’outils vendredi après-midi pour démonter la tête du moteur. Quand il a vu à l’intérieur, il  a été plut démonté lui aussi par ce qu’il a vu et il à changé son diagnostic : « Ne dépensez pas d’argent à me faire rassembler cela; vous avez besoin d’un reconditionnement majeur du moteur. Je vois un trou par où entre l’eau dans votre cylindre. » Si vous pensez qu’il était démonté, vous auriez dû voir la tête de Manon en comparaison. J’ai même une photo qu’elle ne veut pas que je montre. 
Moi, je suis plutôt optimiste dans la vie mais je sais que reconditionner un moteur ça se fait, mais la garantie de 3 mois n’est pas longue… et ça reprsente tout de même un gros montant d’argent; à peu près la moitié du coût d’installation d’un moteur neuf. Ne cherchez pas d’usagés, il n’y a pas de « cours à scrap » de bateaux autour. Je suis très triste sur un petit fonds de « j’aurais donc dû » que je réprime aussitôt.
C’est là que je croise Curt sur le quai. Un américain de mon âge qui navigue son Person Triton 30 du Minesota vers Halifax pour visiter un ami. Curt refait des vieux bateaux et les revends comme hobby. Il a un Atomic 4 dans son bateau lui aussi et refuse de croire au diagnostic de Pierre. C’est un rayon de soleil (si non un ange envoyé du ciel) ce gars-là. « Laisse-moi regarder ce cylindre percé, Philippe. »

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Il essuie, assèche, me revient de son bateau avec une manivelle faite maison pour tourner les moteurs et les mettre en marche quand la pile est à plat. « Allez tourne-moi ça d’un quart de tour, encore un peu. » Il se penche sur le malade, regarde sous tous les angles et me propose de remonter le tout et de faire un ultime essai. Il y croit tellement qu’il me convaint de me remettre le nez dans le compartiment encore une fois. Manon va nous chercher des grattoirs au garage du coin pendant que nous enlevons le plus gros du vieux joint d’étancheité dont une moitiée est resté collée sur chacune des parties. Deux heures plus tard, on a tout nettoyé et on remonte, rattache, resserre. Manon nous taille même un joint pour le couvercle du thermostat qui est brisé.

Une autre heure plus tard, nous avons tout remis en place et resserré. Les doigts croisés, je tourne la clé et le starter tourne le moteur autant que nous le voulons mais sans succès. Je refais mon petit exercice de retirer les bougies pour y verser un peu d’essence pour lancer le premier départ et je trouve le cylindre No 4 et no 3 pleins d’eau. Désespoir, suite et fin. Il est 21h00 et Manon nous prépare un bon souper de morue fraiche qu’elle est allée chercher en haut de la côte qu’elle a monté et descendue pour la troisième fois aujourd’hui.

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Mon « Ange des Atomic 4 » me revient les mains propres de son bateau pendant que je passais aux douches avec une nouvelle suggestion qu’il a glanné sur internet. Assied-toi là Curt et goûte cette sauce crémeuse sur le mélange petites fèves vertes et champignons et oublie que tu as vu ce moteur-là. Moi j’y reviendrai demain quand tu auras repris la route de Halifax après avoir échangé nos coordonnées.
Je me suis couché tard, trop fatigué pour m’inquiéter de la suite des choses. Demain matin, nous parlerons et prendront nos décisions, ma partenaire et moi. Pour l’heure, savourons une conversation de qualité, entre amis, avec un gars qui a un coeur gros comme cela, qui habite dans une chalet pièce sur pièce dans le fond des bois du Minesota, qui nous montre les photos de sa blonde et des ses vieux chiens et qui échange des trucs échologiques avec Manon qui a un chalet au fonds des bois près du Lac Memphrémagog et un vieux chiens elle aussi.
Moi je regarde ces deux amoureux des chiens là en savourant ma morue une bouchée à la fois et je me dis que lorsque les capitalistes débridés auront réussi à mettre l’amérique en banqueroute, ces deux là vont repartir à zéro à la manière de mon arrière grand père sur les terres de colons : une vache, des poules, des lapins, des pommes de terre, des carottes, des oignons, mais avec un éolienne et des paneaux solaires en plus.

La suite demain…

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Cap à L’Aigle by night

Bon, désolé de vous garder sur le quivive comme cela sans donner signe de vie pendant trois jours. Rassurez-vous, nous ne somnes pas morts. Au contraire, au quai de la Marina du Port de refuge du Cap à l’Aigle, c’est la grande vie. Des gens bien accueillants! Si j’ai un peu tardé à reprendre du clavier c’est que je cherchais les mots pour le dire…IMG_20130718_083055
Tout à bien commencé mardi matin au départ de l’Ile aux Coudres avec la marée descendante de 12h00. Avec un Nord-Est de 10 à 15 noeuds qui devrait tenir jusqu’en fin d’apres-midi, ça va être du sport mais on va rentrer au Cap à l’aigle avant la tombée de la nuit assurément.
Le moteur toussotte au moment de désancrer et me convainc de faire appel à un spécialiste rendu à la marina. J’ai atteint mon seuil d’incompétence face à ce petit sacripan. Même Maurice en perds son latin. On se replie sur la théorie du clapet manquant mais je n’y crois pas trop, on n’a pas refait de vent arrière. Oublions tout cela et allons profiter du vent. SURPRISE remonte vaillamment au vent avec un ris dans la Grand’voile, le génois 110 % que nous enroulons ou déroulons au besoin pour garder la gite raisonnable et Manon à la barre qui prends la mesure de son nouveau voilier. Je surveille et inspecte le grément qui pour la première fois me donne la chance de le tester. Tout tient bon et répond aux ajustements comme prévu. Sous voile, on performe bien!

IMG_20130716_184319Après un bonne heure, Manon cède la barre à Maurice pour aller s’étendre, un peu somnolente. Notre barreur invité s’en donne à coeur joie après son chiffre d’assistant mécanicien à St-Laurent de L’Ile d’Orléans.
Vers 16h00 nous sommes à vue du Port de refuge et le vent tombe comme prévu. Il ne reste que 6 Nautiques à franchir avec notre « rotteux » on devrait y arriver. Mais non, il n’est pas juste rotteux maintenant, il est mort. Plus une goute d’énergie à tirer de ce petit 4 cylindes d’habitude si vaillant. J’appelle le Port de Cap à l’Aigle avec trois demandes:  i) une place à quai pour la nuit, ii) un mécanicien demain matin et iii) un remorquage dès que possible. Le responsable acquiesque aux deux premières demande mais ne peut remplir la troisième. QUOI? Pas un seul petit bateau à moteur dans le port? Un gars avec son annexe pourrait venir nous tirer de là; la mer est d’huile. « Demandez de l’aide à la Garde côtière. me suggère-t-il » Comment la garde côtière? Manon a le mal de mer, elle n’est pas sur le point d’accoucher ou quelque chose d’urgent à ce point pour faire venir une vedette de Tadoussac.
C’est là que deux optimiste ses mettent en fait d’attapper les petites pofs de vent de direction variable qui subsistent. Vous allez rire mais pendant 2 bonnes heures, nous avons franchi la moitié de la distance surtou en créant du vent apparent en nous laissant dériver avec le courant de côté avec le foc ouvert et tout juste gonflé. Maurice suit l’évolution sur son GPS et n’en revient pas: « Il crée du vent! » À 2 Noeuds, temps estimé d’arrivée 20h30… Pendant ce temps, le gars de la garde côtière fait des PAN PAN PAN aux demi-heure pour nous trouver un bon samaritain autour mais nous sommes les seuls pharisiens en mer aujourd’hui: le vent n’adonnait pas.

IMG_20130716_184021Finalement, le Comodore du Club nautique de Cap à l’Aigle réquisitionne Jean-François qui est en train de se qualifier pour devenir Garde côte auxiliaire et ensemble il viennent nous chercher avec le plus gros « Cruiser » du port. À 19h00 nous sommes à quai et nous racontons notre histoire pour les remercier de la bière offerte par le remorqueur. Je le maintiens, si vous voulez vous faire des amis, il suffit d’être assez dans le trouble pour demander de l’aide. Et là-dedans, je suis un expert.
Post script:
Mercredi midi, Pierre Villeneuve, le meilleur mécano de la région vient diagnostiquer le fautif et lui trouve une allure de joint d’étanchéité fatigué (gasket de tête qui fuit). Il peut réparer cela sans problème… si je trouve la pièce. Travail en équipe quoi. Il n’a aucune idée où trouver cela. J’appelle mes amis chez Maska qui me vendent mes pièces pour la mise au point; pas d’idée. J’appelle le gars qui ne m’a pas rappelé chez Boulet et Lemelin mais la standardiste se trompe d’extension et je tombe sur un monsieur qui me dit que non, il ne travaille pas aux pièces mais que pour un Atomic 4, c’est Antony Keats en Ontario. Google me donne son numéro et en moins de quinze minutes, la pièce est en route via Purolator, nous l’aurons demain. Mais Pierre qui est le meilleur dans la région est aussi le plus sollicité alors il ne pourra venir que vendredi après-midi pour faire la réparation.

IMG_20130718_130201IMG_20130718_124651Ça adonne bien, on a un peu de maintenance à faire ici et là, on sort la « To do List » et notre jeudi se passe bien, au soleil, à écouter nos musiques favorites et à colmater les fuites, recoudre le dodger, visser le comptoir, recoller le recouvrement, installer les drapàpeaux, et finalement écrire le récit des aventures de SURPRISESSS.
More to come…

Un week-end à Québec

Après toutes ces années que nous passons un week-end à Québec que dire d’original dans ma chronique journalière.

Le Cap Diamant est toujours là avec « mon beau Château ». Je suis impressionné de la quantité de voilier sur l’eau malgré le peu de vent. C’est vrai que c’est le premier samedi des vacances annuelles pour plusieurs. Après avoir montré son bateau à ses petits frères, à la Marina Vauquelin de Neuveille, un endroit où il fait toujours bon s’arrêter, Manon nous amène à celle du Club Nautique Baccus de St-Laurent où nous embarquerons notre matelot en fin d’après-midi. Celle-là. il va falloir l’apprivoiser. Le monsieur avec le gros wlakie-talkie nous a donné une leçon de civisme élémentaire parce que nous n’avions pas appelé d’avance.

IMG_20130713_164623Je lui ai expliqué que nous cherchions à nous amarrer au quai du fédéral pour un embarquement mais que maintenant que le « Courrier de l’Ile d’Orléans » y fait escale, nous avons dû nous raviser à la dernière minute. Il s’est finalement adouci quand il a compris que nous n’étions pas des squaters, même si nous n’étions pas tout à fait civilisés à son goût (peut-être un petit relent du vieux clash Montréal-Québec). Maurice, à bord, nous quittons prestement pour aller nous mettre à l’ancre un peu plus bas pour les côtelettes d’agneau que Manon nous a préparé en l’honneur de notre invité. Après ce souper exquis, nous décidons de nous avancer vers le bout de l’ïle pour le départ à marée descendante tôt dimanche matin vers Île aux Coudres.

IMG_20130714_170509Rendus à 23h30, nous n’avions atteint que St-Pierre, encore loin du bout de l’Île, quand on a décidé de jetter l’ancre pour la nuit, la fatigue commençant à s’emparer des concourrants. À la barre, avec Maurice à la proue, ancre en main, je me dirige vers 4m00 de profondeur où je vire la barre « à babord toute » pour virer vers le courant et jeter l’ancre. 

C’est là que nous avons découvert que la fatigue s’était aussi emparé de l’encablure du système de direction qui a cédé à ce moment précis. Après 40 ans de vaillant service, le cable d’acier de 3/16″ a cédé. « Jette l’ancre, Maurice!!! »
Pouvait pas choisir meilleur moment par contre. C’est dans ces moments-là que je me demande toujours qui est l’Ange qui me protège? Robert? Marie-Laure?

Dimanche matin; changement de plan. Retour chez « notre ami » de la Marina de St-Laurent avec la barre de fortune installée directement sur la mêche du safran entre les jambes. Je barre « avec le cul » comme je l’ai déjà enseigné à Manon l’an passé, sur la route de la Floride. Maurice cherche à réveiller ses garcons à tour de rôle en ce beau dimanche matin pour trouver celui qui ira nous chercher le matériel requis chez RONA pour faire la réparation. C’est Ghislain qui répond en premier et qui viendra avec Caroline nous livrer le fil et les bagues à pressions. Ça adonne bien, c’est son frère Marc et sa petite famille qui était venu reconduire grand-papa hier après-midi. En attendant, nous sommes invités à partager le « Déjeuner du Capitaine » du Club nautique Baccus qui est servi pour tous, ce matin (contribution facultative). Ça devient de plus en plus sympa ce petit gïte.
photo2Midi, 30 C, soleil de plomb, les deux mécaniciens de fortune se mettent à l’oeuvre et en dedans d’une heure, les fils d’acier sont coupés, enfilés dans la collone de direction et à travers le mécanisme, maillés, certis, la tension ajustée. le tout complété. Petit test de manoeuvre: ça tourne avec un léger petit bruit de frottement vers la droite et avec un gros « kaklung » en passant, dans l’autre direction. Nous nous regardons penauds tous les deux… Manon à l’air aussi découragée que nous juste à nous regarder nous regarder. Le soleil plombe encore plus chaud que tout à l’heure, nous sommes en sueurs, les mains sales de vieille graisse noire d’avoir manipulé la chaîne d’entraînement.
Nous nous apprêtons à réouvrir le tout pour chercher à comprendre où nous avons faillis. Manon vient à la rescousse avec 2 Pepsi bien froids. On fait une bonne équipe tous les trois. après quelques tentatives de déductions logiques et un regard plongeant dans la collone de direction avec un miroir et un rayon de soleil par dessous. Euréka! Maurice constate que nous avons entrecroisé les deux fils de métal du montage. On recommence…
Deux heures de brettage et de gossage plus tard, nous avons réussi à défaire et refaire les passages de fils qui au deuxième essai sont un peu tordus par le premier montage et passent moins bien. Les douches réussirons à chasser la fatigue mais pas tout à fait le découragement des nouveaux proprietaires de SURPRISE.s.s.s qui malgré un bel après-midi de voile auront leur premier accrochage de co-proprio lors de l’ancrage au bout de l’Ile.
NDLR La tension à bord, ça se manifeste toujours au moment de jeter l’ancre. Allez comprendre pourquoi.
Lundi matin, L’empreur sa femme et son petit prince…
Pardon, Philippe, Manon et Maurice qui ont passé la nuit au bout de l’Île profitent du montant pour rejoindre l’Île aux Coudres. Départ à 9h00 parce que le brassage à l’ancre est trop inconfortable, nous mettons le moteur en marche pour donner un peu de stabilité.
Deux heures plus tard, le vent monte et nous filons au vent arrière, avec un bon vent qui va atteindre 15 Noeuds. Deux heures de bonheur pour des barreurs avertis tourefois, car, la vague de 1m50 nous donne des poussées qui vont nous porter vers notre ancrage avant la fin de l’après-midi. Puis, renversement de situation, tout tombe au neutre en passant à la hauteur du Massif de la Rivière St-François. Re-moteur qui re-refuse. Bon: « Been there done that. » On vidange le filtre séparateur d’eau. Rien ne va. J’y vais pour mon vieur truc d’enlever les deux bougies arrières du moteur pour y verser un peu d’essence et relancer après avoir vidangé le filtre.
Rien ne va! Oh! SURPRISE ! L’eau jaillit du cylindre No 4 d’où j’ai retiré la bougie. Problème nouveau. Maurice et moi nous nous consultons mais ce dernier perd le goût de penser quand le mal de mer le terrasse. Je continue de démonter les bougies, d’y verser de l’essence et de tenter de relancer. Après quelques essais, nous réussissons, Manon et moi à remettre le bateau en route vers notre destination pendant que nous parlons avec notre consultant à Trois-Rivières qui nous suggère d’assécher le tout et de tenter de remettre en marche… puis de faire installer un clapet anti-retour à la première occasion.
Et moi, je pense à Mélanie qui me disait: « Le Fleuve? Est-ce aussi difficile que le Lac Champlain comme plan de voile? » Des fois, il y a des vagues dans le Fleuve qui peuvent monter un peu plus haut, peut-être…
Si le gars du chantier Boulet & Lemelin me rappelle nous verrons s’il peut nous fournir cette pièce. Sinon, nous pourrons toujours nous protéger avec un tapon de guenille, à la prochaine occasion sachant ce qui nous menace. Entre temps, j’ai passé une autre après-midi de voile la tête dans le compartiment moteur, ce qui a pour effet de décourager Manon.
Mais à l’ancre dans le Mouillage de la Prairie au Nord-Est de l’Ile aux Coudres, on peut oublier tout cela et regarder le soleil se couher et la lune aussi…
Mayden voyage, sacripan!

 

En passant par Batiscan

Passé Trois-Rivières, on commence déjà à avoir l’impression de se dépayser un peu. Derrière nous les perchaudes du Lac St-Pierre ou ce qu’il en reste puisqu’on en a maintenant dû en interdire la capture. Derrière nous la gentillessse des Trifluviens et la générosité de Brouille et de Monsieur Peterson, nous entrons dans le royaume du petit poisson des chenaux et du grand-père de Manon, Albéric Léveillé, qui était pilote du St-Laurent à partir de Batiscan. Nous avons longuement regardé le petit phare blanc et rouge sur la grève devant la maison où il habitait à l’époque. C’est à partir de cette marque que les bateaux remontants savaient où ralentir pour permettre à son épouse de le reconduire à bord de sa petite barque à moteur jusqu’à l’échelle de corde sur le flanc du transatlantique.

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Après deux heures de voile, le vent nous laisse de nouveau tomber pour nous permettre de tester notre vaillant petit Atomic 4 qui prend la relève. Un mot au sujet de ces moteurs que nous retrouvons sur les voiliers des années 60 – 70, j’en avais un semblable sur Maïté un Pearson 30, il y a 25 ans. Ils ont été conçus à l’époque de la guerre pour les Jeep Willis. les américains en ont fabriqué 80 000 et il parait qu’il en reste presque la moitié encore en circulation, sur les anciens voiliers et vieilles machineries de ferme. Ce qui fait qu’on peut toujours trouver des pièces.
Celui-ci, ronronne comme un neuf quand l’alimentation en essence n’est pas obstruée par l’eau dans le filtre séparateur. C’est ce que je me disais quand il s’est arrêté de nouveau après un peu moins de deux heures de route. « Au secours, Monsieur Peterson! » Un coup de fil et il me rassure: « Ne cherche pas ailleurs, ton trouble est là. » me répond mon consultant au téléphone. « Mais est-ce que je vais en avoir longtemps comme cela à démonter le filtre et le vider aux 2 heures? » Il me répond rassurant que ce n’est que passager. Si le bateau à été rangé avec peu d’essence l’hiver dernier (justement, Nicolas l’avait laissé tout à fait vide sous prétexte de le nettoyer; ce qu’il n’avait pas eu le temps de faire finalement) toute cette condensation peu représenter un bon verre d’eau. Il me suggère donc de changer le filtre et d’ajouter un additif au prochain plein.
C’est Maurice, notre compagnon de route qui embarque à Québec demain qui se chargera de cette commission.

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Entre temps, on se rend jusqu’à Neuville parce qu’à la vitesse (9 Noeuds) qu’on descend le Rapide St-Michel, nous sommes à la Marina de Portneuf beaucoup trop tôt pour y passer la nuit. On mangera le poulet frit sur le BBQ de Manon à l’ancre juste en aval de la marina Vauquelin. Couher de soleil, coucher de lune, couchés les matelots. On peut dormir tranquiles, on est bien ancrés avec une alarme de dérive au besoin. Mais nous ne risquons pas d’en avoir besoin parce que le vent est nul aussi bien de jour que de nuit ces jours-ci.
NDLR Elle sonnera tout de même car, je n’avais pas donné assez de jeu pour compenser la renverse et les 26 mètres de cablot. Ça a permis de voir que du cockpit, je ne l’entends pas assez bien, endormi dans mon lit. Manon qui à le sommeil plus léger peut vous le confirmer. Une procédure à reviser. Mayden voyage, encore.

Lac St-Pierre

Sorel -Trois-Rivières c’est la facilité du Lac.-St-Pierre. Un beau grand plan d’eau qui permet au vent de bien vous rejoindre… Quand il vente. Ça a l’air que c’est pied pour cette fois-ci par contre. Je ne sais pas ce que nous avons de travers ce lac et moi mais, je me rappelle pas de l’avoir traversé sous bon vent.

Pas grave, on a un bon petit moteur Atomic 4 qui a été inspecté avant l’achat et qui s’est avéré bon pour la route. Le seul problème que son proprio précédent n’avait pas réussi à résoudre c’est le fait que par temps chaud, il s’arrêtait parfois après une heure ou deux de marche. Nicolas pensait qu’il chauffait. L’expert de sa marina croyait que c’était plutôt les algues qui flottent sur le Lac Champlain au milieu de l’été.

Nicolas qui n’y croyait pas prensait qu’il chauffait ou qu’il y avait des saletés dans l’essence.

Moi j’ai opté pour la solution "algues"et j’y fait installer une crépine. Ce qui a règle le problème jusqu’au milieu du Lac.

Après deux heures de moteur, le moteur se met à refuser, rater et finalement, s’arrêter tout à fait. Manon se rappelle que Mélanie lui avait dit que de laisser refroidir un peu quart d’heure permettait de reprendre la route pour une autre heure ou deux. D’où la théorie de la surchauffe qui était fausse, ce moteur roule à 140 F. Cherchez l’erreur.

Après un deuxième puis un troisième cycle marche-arrêt, nous optons pour la Marina de Trois-Rivières où nous réservons pour la nuit avec option mécano.

C’est Monsieur Pat Peterson qui répond et qui pourra venir jeter un coup d’oeil en fin d’après-midi. Tout de même, après avoir entendu le récit des symptômes, il me suggère une procédure de vidange du séparateur d’eau sur la ligne d’essence.

"Essaye ça avant d’entrer à la Marina et rappelle-moi." Je l’ai rappelé super après avoir remis le moteur en marche pour lui demander si le tarif de consultant en mécanique était différent du tarif de mécano. Ce qui la bien fait rire. Je lui ai proposé de passer prendre une enveloppe brune à la Marina à sa convenance. On est bien copain depuis.

Puis on a profité de l’auto de Brouille, la copine de Manon pour aller au Canadian Tire pour remplacer mon chargeur de téléphone et d’ordi qui avait lâché et un joint d’étanchéité pour le Charcoal de Manon.

Heureusement que Brouille a bon caractère. Quand on l’a invitée à manger une pizza pour la remercier, c’est elle qui est allé régler la facture en cachette pour se faire pardonner de ne pas embarquer jusqu’à Québec comme prévu initialement.

Mayen voyage. Hum…