Savannah, enfin!

Le grand hangar de Thunderboat Marine, le chantier de réparation des gros bateaux, à voile ou à moteur est le signe réconfortant de l’approche de Savannah et de la délivrance du bayou.

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J’ai beau être un grand amateur de l’intracostal, mais je dois admettre que les trois jours de bayou dans l’arrière pays de la Georgie sont longs à passer et platte à endurer. Surtout cette année, avec des essaims de grosses mouches qui nous prenaient une bouchée de peau et laissaient un trou béant par où le sang s’écoulait. Sauf un dauphin ici et là, la vie est bordée de joncs et les fonds peu profonds quand la marée de 2 mètres est à son plus bas.

C’est ce qui a justifié que nous prenions le temps de passer l’après-midi en ville en attendant que l’eau monte dans Fields Cut pour sortir de la rivière et poursuivre notre route dans les méandres de la Caroline du Sud maintenant vers Charleston à une centaine de milles plus au nord. Je vais être là en fin de mai, au moins un mois en retard sur mon horaire habituel.
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Et ce au moment où même La Presse, fait un reportage sur la prochaine saison des ouragans qui est annoncée encore intense cette année. Et hâtive en plus. Faudrait tout de même que j’ai le temps de rentrer. Les ouragans en descendant, d’accord. Mais en remontant, il y aurait un petit problème de séquencement là.
Alors prenez patience. Amuseez-vous bien au Lac, vous risquez de me voir passer à un moment donné, le mat bas en signe de tristesse de voir ma saison d’été fortement amputée.
Entre temps, gardez la ligne, je risque de vous parler de convoyage de yacht au cours des prochaines semaines mène si c’est contre mes principes de plaisancier.
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Il pleut encore😣

Vous vous sentez abandonnés.

Le Capitaine Bonhomme ne joue pas bien son rôle de vous faire vivre l’expérience de la remontée au jour le jour.
C’est que cette semaine ressemble beaucoup trop à la précédente. Seuls les noms des escales changent. Mais au sommaire, il pleut à tous les jours. Parfois beaucoup parfois plus tranquille mais plus long.
Ce qui n’empêche pas les gars de « Border Protection » de nous aborder, mais avec delicatesse et belle humeur dans le Nord de  la Floride.
Heureusement que j’ai fait un effort récent, avant de quitter les Bahamas, de refaire les calfeutrages les plus critiques. Mais, même si l’eau de pluie ne s’infiltre pas, l’humidité qui varie enter 80 et 90 % à tout imprégné.
Lorsque nous aurons une journée ensoleillée, je vous ferai des images de séchage.
Autrement, je m’offre les petites surprises habituelles pour le divertissement. Fuite d’eau dans le système de refroidissement du moteur que j’ai du colmater en quittant St.Augustine hier midi. Je crois que l’époxy marine de marque « J B Weld » va faire l’affaire du moins jusqu’à St-Paul, ma prochaine sortie de l’eau planifiée dans 6 semaines. En tout cas, j’ai été très rigoureux avec le mode d’emploi.
Cet après-midi, mi chemin de Jacksonville, c’est l’alternateur qui a cessé de charger les batteries. Au secours Éric!!! Mais non, s’agissait simplement d’un joint du fil de transfert qui avait perdu de sa stabilité. J’ai du l’accrocher en travaillant ma patch d’époxy hier.
Mais à part ça, Madame La Marquise, tout va très bien, tout va très bien.
Titusville était toujours l’arrêt incontournable pour le provisions. Et on y est si bien reçu à la Marina Municipale. Il ne restait que moins d’une demie-douzaine de bateaux dans le parc de mouilllages toutefois.
New Smyrna Beach et son quai municipal est toujours aussi disponible pour un arrêt d’une nuit. Nous y étions avec un voilier suédois et deux marins très affables mais avec un fort accent sympathique. Ils avaient traversé.
J’ai failli m’arrêter à la Marina de Marineland, devant Pellicier (prononcez à haute voix avec un accent américain et voyez ce qui se révèle) Creek pour dire à mon ami que les gants d’hiver qu’il avait confié à un descendant vers les Bahamas à ma demande étaient arrivés sur SurpriseS à Hope Town durant mon absence. Je lui dirai ça l’automne prochain; il n’en reviendra pas.
À St.Augustine, je me peux pas résister. J’ai beau me trouver un peu en retard, je ne vais pas me priver d’une marche en ville. Particulièrement plaisante, cette année. Là aussi, nous sommes bien reçus.
Puis le quai municipal de Jacksonville où nous avons eu si froid à l’automne est chaud et humide aujourd’hui pour balancer la moyenne.
Demain il pleuvra encore pour notre dernière journée en Floride.
Vite la Georgie et le soleil si je veux pouvoir vous raconter des choses plus agréables

Il pleut à verse

En fait, il ne pleut pas, il mouille en titi depuis 24 heures et c’est annoncé pour un autre 24, jusqu’à demain midi. Avec un coup de vent vers minuit en prime. Alors, puisque je suis bien ancré dans un endroit bien protégé j’ai décidé de ne pas bouger aujourd’hui. Mais c’est un peu moche d’être là dans la brume ou presque. Alors le mieux à faire c’est de venir jaser avec ses chums.

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Mine de rien je suis dans l’intracoastal depuis une semaine déjà : deux jours à moteur pour me rendre de Port St.Lucie à Vero Beach, pas trop frustrant après une semaine de voile intense pour rentrer depuis Marsh Harbour, incluant la traversée des plus palpitantes; deux jours de repos et de socialisation sur place puis deux jours de belle voile par léger vent de travers dans l’Intracostal jusqu’à Cocoa ou je suis ancré côté Nord-Est du pont puisque l’accès aux quais municipaux détruits par Irma n’a pas encore été remplacée.
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Vero Beach c’est un arrêt chouchou pour moi peut-être à cause du fait que j’y si passé quelques années à mon époque de golfeur. Puis, les mouillages à la marina municipale sont un cadeau à moins de 20$ par jour. La municipalité vous offre aussi un service d’autobus  gratuit qui vous mène partout en ville. Il vous permet aussi de faire connaissance avec le monde moins fortuné de la ville. Une occasion de prendre conscience qu’il n’y a pas que les résidents des grosses maisons cossues, le long de l’intracoastal.
Cette année j’y ai assisté à une superbe prise de bec entre deux jeunes noirs qui étaient en mode combat de coqs à l’arrière de l’autobus. Le chauffeur est allé prévenir l’agresseur parmi les deux qu’il devait quitter l’autobus puis il est retourné à son poste pour appeler la police au besoin. Mais tout ça s’est dénoué délicatement grave a l’intervention d’une grand-mère toute frêle qui a tiré le grand gars, doucement par la manche de sa chemise vers la porte de sortie de l’autobus. Beaucoup de bruit mais aucun dommage.
Le beau moment de la journée, ce fût l’invitation d’aller dîner sur « Léane 1 », le magnifique Chatam en aluminium que se sont construit Johanne et Luc, un couple fort sympathique qui nous a fait partager leur deuxième croisière aux Bahamas sur leur blog et leur page Facebook, encore cette année. Je suis tres impressionné quand je vois un couple de non spécialistes réaliser un tel projet avec une touche soignée rare. Luc et Johanne sont deux enseignants en formation professionnelle qui travaillent avec ma fille Marise à Terrebonne. Ça nous fait un autre lien affectif, celui-là. C’est pour ça qu’on a passé une belle soirée ensemble entre autre.
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Ils laissent leur bateau à la Marina Riverside de Fort Pierce. Une marina que je connais bien et que j’ai utilisée à quelques reprises moi-même au cours des dernières années. C’est un endroit où vous pouvez travailler sur votre bateau; ce qui la rend populaire auprès de notre groupe de plaisanciers qui veulent plutôt faire de la voille vers le Sud que dans le Nord. Ils vont peut-être finir par me convaincre à mon tour. J’y suis particulièrement sensible cette année où je suis au moins un mois en retard pour la remontée. Je ne vois pas comment je vais pouvoir arriver avant la fin de juin. Et ça pour sortir mon bateau de l’eau pour une session d’entretien mageur.
Heureusement qu’à compter de demain, j’embarque une équipière pour un petit bout, j’espère. J’ai eu beaucoup de compagnie cette année, jusqu’à tout récemment et j’avoue que je commence  à y reprendre goût.
Parle, parle, jase, jase, qui sait où je m’en vais avec ma vie de plaisancier caboteur de la Côte Est et des Îles pas trop éloignées.
À suivre…😊

La traversée

Il est 4h du matin dans l’ancrage à West End; petite vérification de la situation au réveil : le vent ne viens pas d’où il devait venir ce matin. J’ai choisi de traverser aujourd’hui parce que un vent du Sud à 15 Nds, c’est la situation idéale pour entreprendre la traversée du retour vers Port St,.Lucie à un Cap vrai à 315°. Qui dit mieux pour une traversée au largue de tout repos.

Mais voilà qu’au lever, mardi matin, ce que je ressens c’est un vent léger du Nord. Est-ce qu’il a oublié de tourner où a-t-il tourné trop vite. Vérification faite avec Sailflow, c’est bel et bien le vent qu’on avait prévu pour demain et pour les prochains jours. Grosse consultation avec moi-même est-ce que je suis prêt à effectuer la traversée au largue (par vent de travers) par un vent du Nord-Nord-Est qui est tout de même à moins de 20 Nds.
Ça fait 5 jours que je pratique le vent de travers autour de 25 Nds depuis Marsh Harbour. Je me suis tout de même assez bien refais la main et ça s’est bien passé. Il reste la question du Gulf Stream que je vais traverser avec un vent contre le courant. Immédiatement cela devrait me décourager selon les plus prudents d’entre nous. Vérifications faites hier, la vitesse du courant ne dépasse pas 2,5 Nds ici, ces jours-ci. et ça ne vaut que pour environ le tiers de la traversée de 66 MN que j’ai calculé. Mais ça ne va pas être l’enfer, tout de même; les vagues vont être un peu plus pointues, sans plus entre la 6 ième et la 10 ième heure des 13 que je planifie pour réaliser ce passage.
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À 5h l’ancre est levée, le génois grand ouvert et je sors en mer avec l’assistance du moteur pour les premiers miles afin de maintenir une vitesse au moins à 5 Nds. Au lever du jour tout se passe bien, le vent n’a pas trop forci déjà. Alors je décide de lancer la Grand’Voile pour assister mon Génois. Tout le système s’équilibre bien; je n’ai plus besoin de moteur pour maintenir ma vitesse souhaitée. Je réussis même à équilibrer assez bien pour que le bateau se barre de lui-même. Ça va me donner un break étant donné que Linus n’a pas la capacité de tenir le cap, à cause de ma barre trop serrée qui va devoir subir une révision majeure rendu à destination, pour que je puisse enfin benificier de ce magnifique assistant qui dors pour le moment.
J’arrive donc à parcourir à peu près le tiers du chemin sans avoir à mettre trop d’efforts soutenu à la barre. Ça va bien. Il fait beau, il fait chaud, pas de perturbations atmosphériques autour. La mer est d’un beau bleu profond comme on ne la voit qu’au large. Bientôt je franchi la ligne de transport maritime en bordure Est du Gulf Stream et je croise, ou du moins, j’aperçois, au moins 5 petits cargos. Je me fais aussi depasser à l’occasion sur bâbord par des bateaux motorisés qui sont sortis de Freeport en direction de Lake Worth, West Palm Beach. Plus jamais seuls, même en mer.
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J’ai un bon 16 à 17 nœud de vent bien établi,  une mer bien formée avec des creux à 1m50. Quand on raconte ses histoires d’habitude, on multiplie par 2 la hauteur des vagues mais moi je préfère rester honnête c’était vraiment 1m50 de creux. Mais ça se passait bien. Au Petit Largue, nous sommes bien en position idéale pour rouler les vagues. Ça veut dire toutefois que je dois prendre les choses en main et travailler avec attention pour les 4 prochaines heures.
Au sommaire je dois dire que la Gulf Stream n’a pas fait une très grande différence. Parce que je savais que j’y étais et que j’ai prêté un peu plus attention, je peux dire que pour cette partie, le roulis était amplifié par des vagues qui se formaient légèrement plus abrupte. Pas assez pour qu’on le voit à l’ œil toutefois mais c’est le passage sous la coque et la poussée contre  la quille qui faisait rouler plus que d’habitude. C’était juste ça qui faisait la différence.
Donc, le Gulf Strram avev un vent contraire ça nous énerve un peu, mais moi je dirais qu’ici ça faisait plus de peur que de mal. Et vu que je ne suis pas très peureux j’ai vraiment pas eu de mal, mais j’ai fait une sacrée belle traversée.
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À un moment donné je me suis rappelée des sorties de ce genre il y a 30 ans quand on avait des météo moins précises et qu’on connaissait moins les défis qui pouvait nous attendre. L’époque où on en avait des histoires à raconter en arrivant au port après une traversée. Est-ce que je suis en train de vous dire que je me suis sentie rajeuni de 30 ans hier après-midi? En tout cas je l’ai fait la traversée; 13h non stop à la barre.
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Puis, je suis entré à Port St.Lucie et j’ai remonté jusqu’à Mannatee Pocket ou j’ai jeté l’ancre à 18h00 pour aller prendre une bière au « Twisted Tuna », le « spot » à Port Salerno où c’est toujours vendredi soir au bar; même un mardi. Enfin, pour me récompenser d’une journée d’efforts bien soutenus, je me suis offert « l’Assiette de fruits de mer du Capitaine » pour dîner. Je dois avouer que j’ai dû me faire préparer un « doggy bag ». Alors, je refête ça ce soir!
À la santé des marins qui ont encore le goût de rouler des vagues pour le plaisir,!😎😉
PS
Le lendemain, j’ai navigué toute la journée avec mon drapeau de courtoisie Bahamien, mais ça, je ne m’en vante pas. Tenez ça mort!
PPS
J’ai effectué ma clairance d’entrée aux USA à Fort Pierce au moyen de la nouvelle application mobile ROAM de CBP. Un charme; plus besoin de louer une auto pour aller se montrer la face à l’aéroport

On rentre.

Vendredi soir bien ancré dans Great Sale Cay, North-West Bay, je suis un peu fatigué, mais bien content de ma décision d’avoir quitté Marsh Harbour tôt mercredi matn.

Une décision qui a surpris le Maître de Port à la Mangoose Marina, un gars fort sympathique. Il regardait le vent qui même tôt, soufflait déjà à plus de 25 Nds et pensait que j’avais un bien petit bateau pour affronter les vagues de 1m50 au large de  Whale Cay pour éviter le haut-fond sur le bureaubanc entre  Great Guana Cay et Green Turtle Cay. Mais c’était sans compter qu’avec mon petit bateau, je peux passer ce haut-fond sur le banc à la hauteur de Treasure Cay. Il suffit que j’aie une marée haute au passage de Don’t Rock qui semble barrer le passage où du moins prévenir du danger.
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J’ai donc franchi la passe étroite mais suffisante même pour un tirant d’eau de 1m80. Une information que je vais ajouter à la révision du Guide des Abacos, maintenant que je l’ai vérifiée.
Ainsi, avec un grand largue qui me poussait allègrement avec un ris dans la Grand’Voile et le génois à peine entrouvert, je me suis retrouvé à l’ancre à Green Turtle North près du Resort. Là où j’ai eu le plaisir de saluer le jeune couple sur le petit catamaran Castaway que j’avais connu dans le bassin intérieur à Manasquan Inlet l’automne dernier. Quand je m’y était arrêté pour cause de côté cassée, vous vous souvenez. Il s’en est passé beaucoup depuis. Ouf!
Hier, les vents toujours portants mais un peu moins fort m’ont permis de prendre ça un peu plus relaxe à la barre. Je dois dire toutefois que Linus trouve l’effort requis trop grand à ces allures. Tant que je n’aurai pas réglé non problème de barre coincée, il se refuse à collaborer. Ça se fera lors des grands radoubs du printemps. Heureusement, les étapes sont courtes sur mon chemin du retour. J’ai atteint Allan’s/Pensacola tôt dans l’après midi après m’être fait pousser encore à la vitesse de coque ou presque pendant près de cinq heures.
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Puis, grand plaisir, j’ai vu arriver Harphang II le voilier d’une petite famille fort sympathique rencontrée dans ce cas-ci dans le Canal Adirondack à l’automne puis ensuite à Nassau en février. Nous sommes tous une belle grande famille. À preuve, je m’apprêtais à préparer mon dîner de hamburgers quand ils sont arrivés. Inutile de vous dites que ça s’est changé en invitation à manger des spaghettis en famille et une belle soirée passée avec Geneviliève, Mathieu Maya et Lili (dans l’ordre inverse sur la photo).
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Aujourd’hui, les vents prévus devaient passer du Nord-est des deux derniers jours à une allure plus du Nord. Ils devaient forcir aussi avec des poussées au-delà de 25 Nds à compter de 15h
J’ai donc proposé que l’on parte assez tôt pour ne pas trop souffrir. La direction était bonne puisque de Allan’s à Great Sale Cay, la prochaine escale, nous prenons une direction un peu plus vers l’ouest. Donc, on continue au portant. Au matin, il n’avait pas encore tourné alors puisque j’allais l’avoir presque dans le dos, j’ai choisi de rouler sous génois seul. Une situation plus confortable à manier seul à bord.
J’ai perdu mes copains de vue assez tôt car ils avant une escale de ravitaillement de prévue en cours de route. Mais là je suis rassuré, ils viennent de jeter l’ancre juste là derriere moi.
Il est 18h30, ils se sont tapés une journée plus longue que la mienne. J’étais ici a15h, non sans goûter au vent qui à forci vers Midi plutôt que 15h comme prévu.
La météo, c’est une science.
À peu presque si précise que l’économie. Mais les enjeux sont grands et les imprévus fréquents, dans un cas comme dans l’autre.
Samedi matin le vent souffle encore autour de 25 Nds presque du Nord et devrait diminuer vers midi. Si j’avais quelqu’un à bord avec moi, nous pourrions nous offrir la directe vers West End à 45MN vers l’Ouest-Sud-Ouest. Mais comme je suis toujours en mode solitaire, je vais faire escale à Mangrove Cay à mi-chemin. Je compte 4h30 de route. Je serai là tôt après Midi. Faut que je me ménage, il me reste 3 jours de route pour atteindre le continent.
Tout va bien et mène plus vite, avec le vent au trois-quart arrière qui me pousse à près de 25 Nds. Je regarde la quantité de moutons et le creux des vagues qui atteint un mètre pour les plus amples. À ce rythme-là je vais être à Mangroove pour le lunch.
Mais voilà qu’à peu près à mi-chemin vers 11h, le vent tombe en bas de 20 Nds et la vitesse coupe presque de moitié. J’ai l’impression que je n’avance plus tout à coup. Et là, j’experimente le syndrome du « but à atteindre avec efficacité ». Un phénomène que j’observe chez mes amis voileux qui descendent dans le sud à moteur. Un paradoxe que je veux traiter dans mon prochain Guide de l’Intracostal « en mode flâneur »,  à paraître à l’été pour la prochaine vague de descente aux Bahamas.
Ainsi, quand soudain le vent diminue, plutôt que de prendre ça relaxe comme on ferait au Lac, on rescent une  forte impulsion qui nous pousse à mettre le moteur en marche pour ne pas perdre le rythme, pour rester efficace au max. Je l’ai rescenti exactement comme cela avant de réfléchir et me dire que si j’arrivais vers 14h30 plutôt que 13h, qu’elle serait le problème, qu’est-ce que je perdrais? Et c’est à ça qu’il faut penser en bons voileux. Quand nous choisissons ce sport peu rationnel, c’est dans le but de ne pas être contraints par les horaires; pour rester « libre comme le vent ». Alors pourquoi se transformer en courseur contre la montre et transformer son voilier à propulsion éolienne en Trawler à propulsion mécanique.
Non pas que j’en au contre le Trawlers, au contraire, nous avons fait cette route ensemble Jean-Guy et moi sur le sien, il y a deux ans et chose intéressante, nous avons fait exactement les mêmes escales, mais à vitesse constante. Ou bien on s’est levés un peu tard, ou on est arrivé un peu plus tôt à l’escale. Mais autrement, avec deux demie-heures de moteur par jour seulement depuis 4 jours, je suis heureux de pouvoir faire de la voile en rentrant à la maison cette année.
Puis j’ai plein de temps pour ma douche mon lunch et me reposer avant d’entreprendre le prochain leg demain vers West End. En fait plein de temps pour me demander si ce ne serait pas plus chouette d’être en croisière à deux.
Une réflexion que j’ai faite récemment lors de la présentation de ma conférence : « Qu’est-ce que vous attendez pour partir! » avec les voileux de « La barque » et leurs invités, il y a quelques semaines à Québec City. Cette conférence en a déjà marqué quelques-uns et quelques-unes qui m’en ont fait le témoignage lors de nos rencontres aux Bahamas ou en consultation privée comme il m’arrive de le faire à l’occasion.
Mais voilà que c’est à mon tour d’être touché par cette question qui y est soulevée : « Partir seul ou avec quelqu’un d’autre? » Peut-être suis-je dû pour un changement de paradigme. Après six ans de navigation en solitaire dans mon mode fétiche: « Heureux qui comme Ulysse… », est ce que je serais prêt maintenant que Pénélope n’est plus là à revoir mes concepts fondamentaux. En tout cas, c’est ce qui m’est venu à l’esprit en en parlant avec les collègues de Québec qui rêvent de partir. Je dois avouer, en tout cas, que là-bas, parmis les deux douzaines qui y penseaient sérieusement, le modèle était plutôt du genre : « Partir à deux c’est mieux! »
Marche, marche, marche; réfléchissons.
Dimanche matin il a tellement venté ces jours derniers qu’il n’en reste plus pour cette dernière partie vers West End. Là-dessus, je dois faire amande honorable au sujet de mes commentaires sur la météo. Il y a une semaine c’est exactement ce qui était prévu. Alors on peut se fier, en général. Comme à la bourse. Jusqu’à ce que…
Faut-il s’attendre à une journée monotone et sans histoires alors. Mais pas du tout nous sommes sur SurpriseS. Alors, le divertissement du jour, c’est une légère fuite d’eau dans le système de refroidissement du moteur. J’ai bien essayé de colmater à l’epoxy, mais rien à faire, ça coule. Heureusement que ma nouvelle flotte de pompe de cale fait bien son travail et m’évacue ça par le tableau arrière.
Je ne vais pas trouvé à réparer ca à West End un dimanche, j’en suis persuadé. Ça va devoir tenir le coup pour la traversée demain, car ça va aller en Floride avant que je trouve le matériel pour une réparation d’urgence.
Voyez comme nous avons bien appris à traîter les urgences au Québec. C’est une force, ça dans les circonstances. Sinon, ce serait la panique totale à bord. Prenez deux aspirines et…
L’autre divertissement du jour, ce sont les petits cruisers qui me dépassent à haute vitesse et à grande fréquence. C’est vous dire que pour eux, Marsh Harbour, ce n’est pas 5 jours mais plutôt 5 heures. Alors ça rentre à la maison dimanche soir.