Tu t’en vas..

Tu t’en vas..

Ma chère Pénélope,

Toi qui m’a souvent regardé partir en me faisant un signe de la main pour me rassurer que tu seras là à t’occuper de la maison pendant mon périple. Voilà maintenant que c’est au tour d’Ulysse de regarder partir sa Pénélope. Nous allons ensemble écrire un nouveau chapitre de l’Iliade. J’espère qu’Homère nous pardonnera.
Une décennie c’est court, mais avec toi il me semble que ça a dû être très intense parce que j’ai l’impression que ça fait un bon moment que nous sommes heureux ensemble. Et quand je dis ensemble c’est parce que tu avais cette capacité d’être là, près de moi, même quand j’étais à 2 000 km de distance. Je crois que tu as eu plus souvent l’occasion de m’ecrire : « Je t’aime mon beau Capitaine! », que de me le dire en personne.
Je dis à tout le monde qui nous connaissent à quel point tu as été la meilleure personne pour m’accompagner dans ma vie un peu en déroute, au moment où tu est entrée. Ce matin je te regarde avec tristesse, mais j’accepte de te laisser partir sachant que tu te libères de ce mal qui va t’emporter avant la fin de la journée.
Tu m’as enseigné qu’il fallait savoir lâcher prise et c’est ce que j’essaie de faire ce matin en espérant que ton périple sera aussi merveilleux encore que ceux que tu m’as permis au cours des dernières années, ma belle Pénélope.
Pars doucement, va vers le bonheur éternel auquel nous aspirons  tous. Toi qui a passé ta vie à en faire éclater des moments de bonheur partout où tu te retrouvais en compagnie des êtres qui ont eu le privilège de croiser ton chemin et d’être touchés par ta grâce, ton énergie ou ta joie de vivre.
À chaque fois que j’écouterai Brel nous chanter « J’arrive! », je saurai que tu y es arrivée. Je me souviendrai à quel point je t’ai tant aimée.
Je t’embrasse une ultime fois.
Et pour reprendre une de nos taquineries favorites:
« Je t’aime encore, malgré tout! »
Ton Capitaine favori,
Ulysse
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