Beaufort (Prononcez: bô-forte)

L’autre Beaufort {prononcez : biou-forte) c’est en Caroline du Sud.

Pour moi, celui qui est particulièrement significatif, c’est celui-ci. Il y a 33 ans, j’y arrivais à la barre d’un PDQ de 10 mètres baptisé « Héra ». Fallait-il que je l’aime!?!

C’est aussi là où j’ai rencontré Jean-Guy, le chum de Marius qui deviendra mon chum, même après Marius. C’est là que nous avons appris la valeur des » routeurs » occasionnels… Qui nous font sourire aujourd’hui.

C’est tout de même une escale que je me peux pas éviter. J’y suis arrivé aujourd’hui en plein coeur d’après-midi. Une hérésie pour un skipper de livraison qui aurait pu ajouter au moins 25 miles de route avant de jeter l’ancre.

Mais pour moi, il ne s’agit pas d’accumuler des miles mais plutôt de vivre et revivre « l’aventure c’est l’aventure ». Et je me peux pas la laisser passer sans vous y inviter.

Et quel coucher de soleil! Non!?!

PS
Les commentaires de Loulou me rassurent que les publications vous parviennent. Et vous? Qu’en dites-vous?
PPS
Je vous sais tous avec moi. Ce que je ne sais pas c’est ce qui vous touche le plus dans mes posting???

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La famille à la voile

Je vous ai parlé d’eux dernièrement mais j’avais manqué la photo.

Alors, les voilà dans toute leur splendeur sur les quais de Beaufort/Morehead City. Au centre c’est Laurance. Autour, dans le sens des aiguilles d’une montre, Éric, Sandrine, Benjamin et Geneviève.

Une jeune famille qui s’est permis de faire vivre à leurs tout-petits, une expérience d’une qualité inimaginable.

Je suis tellement de tout coeur avec eux.
Permettre à ses enfants de constater de visu, que la vie est peut-être autre chose que ce que nous montre la TV.

Imaginez!!!

Hallow’een

C’est bien drôle que je pense à ça, car je suis bien loin des sorcières et des "trick or treat". C’est probablement parce qu’avant hier, j’en entendait parler par les petits familles rencontrées sur la route.

Pour les parents, c’était important de permettre à leurs petits qu’ils sont en train de de régionaliser avec une année sabbatique a la voile fama les Bahamas, de garder tout de même quelques contacts avec leurs balises. Je trouve que les parents qui choisissent d’amener leurs tout-petits en bateau sont de la classe de ceux qui sont très conscients de leur rôle et des responsabilités qui en s’y rattachent et qui veulent l’assumer au mieux.

Il s’appelle Eric et elle Geneviève; les petits Laurence, Sandrine et Benjamin. Ce qui a donné "Belausa" comme nom du voilier. Faut dire qu’Éric avait déjà appris la voile sur le bateau de ses parents, à l’époque ou cette construction d’un nom de bateau était populaire. J’ai déjà, moi-même faillit nommer mon voilier : "Pathémaloupa"., Même le chien avait ses deux premières lettres incluses. C’est quand je me suis rendu compte que nous avions les mêmes que j’ai compris que ça n’avait pas de sens. "Maïté", était tellement plus charmant et facile à associer à un bateau si on accepte la tradition anglophone qui veut que le bateau soit féminin. Et que les Capitaines leurs associent le nom de leur dulcinée.

Toujours est-il que c’est une des deux rencontres significatives des derniers jours. L’autre, c’est Mike, le gars que j’ai retrouvé après trois jours sur des chemins divergents exactement devant moi comme lorsque nous nous étions quittés, au passage d’un pont. Là-bas à Norfolk, juste avant de se séparer et ici, juste après s’être retrouvés, dans Alligator River. Une coïncidence remarquable, mais pur produit du hasard.

Notez toutefois que nous commençons à nous reconnaître, les uns les autres, quand nous nous dépassons dans un canal ou nous retrouvons dans un ancrage. Depuis Norfolk, je sens que la route est maintenant celle des Snowbirds. Pas au point de chercher à aller m’ancrer à côté deux toutefois; je préfère votre compagnie et celle de la collection de livre que Loulou ma offerte comme d’habitude lors de mon départ.

Lire et écrire sont mes moments de conscience entre les longues périodes de contemplation que la facilité de la voile côtière me procure.

PS Avez-vous vu les incroyables photos de Jean-Marie. Le lien est dans son commentaire sous l’article sur Élizabeth City. Il y en a des absolument dramatiques prises à New York entre autres.

Comme un dimanche à l’ancienne

Il est Midi-trente, je viens de me faire un « grilled cheese » avec une touche de Gelée de piment à la Loulou, ça n’est plus le sandwich que vous connaissez. Un café avec ça et j’achève la lecture de l’Éloge à la fuite de Laborit. J’avais lu ça il y a très longtemps. Il me semble le lire pour la première fois tellement j’y comprends des choses différentes à cette lecture-ci.

Quarante ans plus tard, je trouve que son message était bien à l’avant-garde du temps. Ou bien on a pas beaucoup avancé depuis.

Je suis collé à l’ancrage où je me suis réfugié hier pour laisser passer un fort coup de vent sur les lagons de la Caroline du Nord, à une journée de Beaufort que j’avais espéré atteindre cette fin de semaine.

J’écoute Vivaldi, Sabat Mater, une musique très apaisante pour calmer le vent qui souffle par bourrasques mais dont le suis bien protégé malgré le bruit.

Voilà comment je passe un dimanche trop venteux pour la voile. Pas si mal finalement. C’est juste un peu frisquet toutefois. Alors je me donne des petites séances de chaufferette au besoin.

J’en suis à mon quarante troisième jour sur la route et il m’en faudra encore au moins une vingtaine avant que je ne rejoigne ma belle qui prends un vol dans quinze jours, elle.

Bonne semaine!

Une journée à la voile

"Tu fais quoi, toute la journée, seul sur ton bateau, Philippe?"

Jour 42 – 1 novembre 2014.

??h ?? – Je suis éveillé depuis un petit moment déjà, mais je me retourner en espérant une autre heure de sommeil. Sans succès! L’envie de pisser me sort du lit.

7h15 – Le soleil se lève. Je ne suis pas plus paresseux que lui. Je mets l’eau à chauffer pour mes premiers cafés de la journée. Un Budom, c’est bon pour trois cafés. On commence avec ça. Puis une orange et un yogourt. Mes "musts"!
Pendant que l’eau chauffe, mes exercices quotidiens de détente du dos et des épaules.
Je veux être encore assez en forme pour faire marcher ce voilier dans 20: ans d’ici.

8h15 – Larguées les amarres. Je suis au quai municipal de Belhaven. Une gracieuseté de la municipalité. Accompagnée d’un petit service que ma rendu Taylor, un black local fort sympathique qui a repéré un marin quand il m’a vu acheter la glace à la Station service à mon retour de l’épicerie. Un bon gars de mon âge qui se fait plaisir en rendant service et me reconduire au quai là où j’ai laissé mon bateau.

9h00 – Voiles en ciseaux avec vent arrière de 10 Noeuds max. Je roule à 4-5 Noeuds en sortant de la baie de Belhaven bien protégée par un brise-lames et Charlie Brown tient la barre.

10h00 – Je contourne Wade Point et passe au Grand largue, une allure facile et confortable avec un vent de moins de 10 Nds. La vitesse est bonne toutefois, à au moins 4Nds.

11h15 – J’entre dans Goose Creek (voir la carte) un affluent de la Rivière Pongo qui va m’amener à un affluent de la Riviere Neuse, en passant par un canal creusé. La configuration typique de l’ICW.
Le point bleu au centre est une source d’information sur la manière d’aborder cette entrée.

J’arrive d’en haut à droite. Ça me dit, entre autre que je dois faire attention à un haut fond près de la G5 que je dois contourner largement. Mais avant cela, ça me dit par où aborder cette passe en laissant G1 à bâbord et R4 à tribord puis me préparer à virer vers la gauche d’au moins 45° ce qui va n’amener presque vent arrière pour les prochains 5 miles.

11h30 – J’affaisse tout, le vent est tombé dans le haut de la rivière qui devient finalement canal.

12h00 -L’heure du lunch. Aujourd’hui, j’opte pour un BLT. Pourquoi se contenter d’un simple sandwich aux tomates quand on a de la laitue et du bacon à bord.

13h00 – Par la sortie du côté opposé via la Pungo River qui va me mener à la Pamilico River puis au Pamlico Sound où le vent du Nord qui a monté sur mon trois-quart arrière me pousse à des vitesses folles. 7,5 Nds dans un surf sur une vague, c’est plus vite que la vitesse de coque de ce voilier.

14h00 – J’ai repéré une Petite rivière où je pourrai me réfugier vers 16h. Broad Creek m’offrira le refuge protégé demain contre les vents du Nord-ouest annoncés jusqu’à 35-40 Nds. Belle température pour la lecture dans l’ancrage protégé. Quand vent atteint "Fort coup de vent". Je reste bien pénard dans l’ancrage.

15h00 – Ça va tellement vite que j’ai passé tout droit devant la Broad Creek. Quand je m’en rends compte, je fais demi-tour, ce qui m’amène au près serré et quand je tente de rentrer une partie du génois, je me rends compte à mon grand damn que la corde de l’enrouleur s’est coincée. C’est rare que ça arrive mais ça arrive toujours dans les grands vents. Alors, à quatre pattes sur le pont pendant que Charlie Brown remonte au vent, je réussi à démêler tout cela et finalement, et le génois et la grand’voile sont rangées.

15h30 – Rendu dans la partie protégé de la rivière, je trouve l’endroit où jeter l’ancre. Puis, même si je l’ai dit et répété à Jean-Marie, j’oublie de rentrer l’amarre du dingy et au moment ou je mets en marche arrière pour aller jeter l’ancre et je ne me rends pas compte que la rallonge d’amarre que j’ai dû ajouter au vent arrière il y a deux heures de cela, se coince dans l’hélice. Merde!!!

Mais un petit coup de marche avant et avec la gaffe dans le dingy… Je réussi à dégager la corde enroulée autour de l’hélice… par miracle.

16h00 – Ouf! Tout est bien qu’il finit bien.

Pas de Sundowner aujourd’hui, plutôt une petite pluie fine qui confine à l’intérieur pour le dîner en tête à tête avec ma tablette. Et vous tous et toutes à l’autre bout du fil, heureusement.

Buena notte tutti!