La baie de la tranquillité.

Regardez attentivement la photo. De plus près encore. Vous n’y verrez âme qui vive. Après 4 heures interrompues du ronron du moteur, je suis rassuré qu’il fonctionne bien, mais je cherche le calme et la tranquillité.

Les jours précédents, il y avait les interruptions pour les éclusages, puis les petits bouts de conversation avec le maître-éclusier et avec mon mousse pour coordonner nos actions. Mais là aujourd’hui, que le ronron, non-Stop.

Je suis gazé. Au sens propre et au figuré.

J’avais espéré me rendre à Catskills mais c’est partie remise. C’est Rémi qui m’a fait penser que j’étais peut-être trop ambitieux quand il m’a dépassé ce midi pendant que je faisais mes courses avant de reprendre la route après avoir laissé mon mousse à la Gare de l’autre coté de la rivière, en face d’Albany (sic).

Quand je l’ai appelé au numéro de téléphone qu’il m’avait laissé sur mon VHF portable, il m’a parlé d’un petit ancrage qu’il avait repéré un peu avant notre destination commune de rematage. Ce n’est pas celui-ci mais on se retrouvera là-bas demain de toute façon.

J’ai tout mon temps, Jean-Marie ne me rejoint que dans deux semaines, à 6 jours de route d’ici. Je vais donc prendre mon temps et vous frais visiter les endroits charmants en route qui m’ont été suggérés par des navigateurs plus expérimentés qui ont fait la descente de l’Hudson historique; une option que je vous propose, cette année.

All aboard!!!

Publicités

Ole man go South!

Pour paraphraser un slogan de mon adolescence : « Young man go North! » Quand on voulait inciter les jeunes à aller travailler sur les chantiers des grands projets hydroélectriques. J’en ai justement un à bord ce soir, un retraité de Hydro Québec qui a fait un stage à la Baie James en son temps.

Je le perds demain toutefois. Il doit rentrer à la maison pour un petit ajustement du genou droit. Il devrait être de nouveau en forme pour les dernières semaines du périple. En toute cas, il m’a donné un sacré coup de main pour passer les deux journées d’éclusage avant de partir. Une expérience fort différente de la dernière fois où j’avais tenté le coup seul à bord. Une autre de mes folies de jeunesse.

Sur la photo vous avez Albany en arrière plan. Nous nous sommes arrêtés juste en face sur la rive Est de ce que j’ai toujours cru être Albany mais qui est en réalité une toute autre ville du nom de son fondateur : Rennselaer. On a découvert cela quand Jean-Guy ne trouvait pas la gare d’Albany sur l’itinéraire d’Amtrack. Pas surprenant, elle est sur la rive opposée à la Capitale de l’État de New York qui elle est du côté Ouest. Cela n’empêche pas que nous soyons tout de même hébergés au Albany Yatch Club fondé en 1836. Des gens de classe.

Demain je reprends la route seul vers le Sud, jusqu’à Catskill où je vais remâter avant de poursuivre à la voile. Fini de se prendre pour un Trawler. Mais puisque j’ai tout mon temps en attendant mon prochain équipier, je vais probablement profiter du fait que le pont est dégagé pour reprendre la peinture que j’ai ratée ce printemps. Je vous tient au courant.

PS
Vous aimez lire mes billets, alors sachez que c’est tout aussi agréable pour moi de lire vos commentaires et réactions. Comme ça j’ai l’impression que vous êtes tous un peu à bord avec moi. Charmant!

IMG_20140925_162854

Champlain Barge Canal

Un petit rappel cet après-midi que tout ce beau monde est très gentil de nous laisser utiliser ce canal pour passer par-dessus les montagnes. Mais ne pas oublier que c’est d’abord et avant tout une voie commerciale encore bien utilisée. Surtout en ce moment où ils sont en voie d’en décontaminer une partie; ce qui provoque un surcroît de trafic à peu près à mi-chemin.

Ce qui fait qu’on a dû attendre deux bonnes heures pendant que l’éclusier laissait passer 2 barges prioritaires avant de s’occuper bien gentiment du plaisancier qui était attaché au mur de béton en attendant.

Ce qui a fait qu’il a dû le faire en temps supplémentaire car nous avons finalement éclusé après 17h à l’écluse #6. Nous atteindrons finalement Schuylerville au coucher du soleil plutôt qu’au milieu de l’après-midi comme prévu. Puis nous ne nous rendrons pas vraiment au village mais resterons plutôt à l’écluse # 5 où un quai de visiteurs a été aménagé pour un parc situé sur la rive Est.

Mais qui va se plaindre? Ce sont ces barges qui payent pour tout ça. Nous on ne fait qu’une contribution minimale. Quand on pense qu’il nous en coûte un beau 15$ pour les deux jours, comparativement aux quelques 55$ que nous coûte celles du Richelieu.

Mais les nôtres sont « historiques »! N’est-ce pas Mr Harper.

Puis Withehall, un autre monde.

Pour nous les Lakers, Withehall, c’est la fin du Lac, la porte de sortie vers le Sud. Quand on s’y balade aujourd’hui, c’est plutôt une ville en train de mourir doucement suite à l’évolution technologique qui est passée juste à côté.

Et pourtant, il y a plus de deux siècles, plus précisément à partir de 1776, c’est ici à Whitehall, mieux connue alors comme Skenesborourgh Harbor que l’on construisait les bateaux de la flotte de Benedict Arnold qui allait résister aux anglais à Valcourt. Là où on va souvent s’ancrer tout l’été sans même y penser.

Ça se passait il y a un petit moment, jusqu’en 1812. Une bataille que nous avons bien perdue au nom des anglais qui étaient nos nouveaux maîtres à l’époque. Une bataille perdue que Mr Harper essaie de nous vendre cette année. Un autre looser qui ne s’en rend pas compte.

Pour nous, ce soir c’est tout de même un symbole important. Nous nous libérons du Lac avec tout ce que cela comporte de promesses de paysages nouveaux, exotiques même. Demain et le jour suivant, nous nous offrons 13 écluses jusqu’à la reconquête de notre liberté à la sortie de celle de Troy, à quelques 5 miles d’Albany où je vais devoir laisser partir mon mousse qui doit rentrer à la maison.

A partir de là, je vais faire de l’exploration de la Rivière Hudson et tenter de vous y faire découvrir des moments de ce passé commun que vous partageons avec tous ces américains de la Nouvelle-Angleterre. Mieux encore de toute la Côté Est que je vais tenter de vous faire redécouvrir cette année.

Sur les chemins des explorateurs français qui ont découverte l’Amérique sur la même route à l’époque.

Épilogue
Petit lendemain matin blême pour la route des écluses.

Fatigué, mort.

Heureusement que c’est Jean-Guy qui est le cuisinier de service. Sinon, on aurait mangé un sandwich au tomates pour souper ce soir. J’étais tellement fatiguée quand on est enfin arrivé à la Marina de Chipman Point ce soir vers 17h30.

Partis ce matin à 8h15 de Burlington où nous attendions notre vent favorable depuis deux jours. Bien, nous l’avons eu:

Ouest à 20 Noeuds avec bourrasques à 25-30. J’ai passé la journée à prendre et relâcher des ris pour avoir la voilure appropriée selon les changements de direction du trajet sur le Lac en descendant vers le sud.

J’ai les bras endoloris du poignet à la pointe de l’épaule. Mais qu’elle journée de voile ! 40 Nautiques par un temps si demandant c’est du sport. Nous étions très fiers et rassurés de nous accoster au quai des visiteurs en attendant demain matin où ils vont nous aider à descendre le mât pour passer les écluses, 20 miles plus bas, à partir de Withehall.

Le pont sur la photo est le seul qui franchit le Lac au sud. Il est situé juste au sud de Port Henry. Il a été reconstruit en 2012 car celui qui datait de 1929 ne rencontrait plus les standards exigés aujourd’hui. C’est pour ça qu’il a une allure si moderne pour l’environnement.

Allez, Buena notte tutti!