En passant par Batiscan

Passé Trois-Rivières, on commence déjà à avoir l’impression de se dépayser un peu. Derrière nous les perchaudes du Lac St-Pierre ou ce qu’il en reste puisqu’on en a maintenant dû en interdire la capture. Derrière nous la gentillessse des Trifluviens et la générosité de Brouille et de Monsieur Peterson, nous entrons dans le royaume du petit poisson des chenaux et du grand-père de Manon, Albéric Léveillé, qui était pilote du St-Laurent à partir de Batiscan. Nous avons longuement regardé le petit phare blanc et rouge sur la grève devant la maison où il habitait à l’époque. C’est à partir de cette marque que les bateaux remontants savaient où ralentir pour permettre à son épouse de le reconduire à bord de sa petite barque à moteur jusqu’à l’échelle de corde sur le flanc du transatlantique.

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Après deux heures de voile, le vent nous laisse de nouveau tomber pour nous permettre de tester notre vaillant petit Atomic 4 qui prend la relève. Un mot au sujet de ces moteurs que nous retrouvons sur les voiliers des années 60 – 70, j’en avais un semblable sur Maïté un Pearson 30, il y a 25 ans. Ils ont été conçus à l’époque de la guerre pour les Jeep Willis. les américains en ont fabriqué 80 000 et il parait qu’il en reste presque la moitié encore en circulation, sur les anciens voiliers et vieilles machineries de ferme. Ce qui fait qu’on peut toujours trouver des pièces.
Celui-ci, ronronne comme un neuf quand l’alimentation en essence n’est pas obstruée par l’eau dans le filtre séparateur. C’est ce que je me disais quand il s’est arrêté de nouveau après un peu moins de deux heures de route. « Au secours, Monsieur Peterson! » Un coup de fil et il me rassure: « Ne cherche pas ailleurs, ton trouble est là. » me répond mon consultant au téléphone. « Mais est-ce que je vais en avoir longtemps comme cela à démonter le filtre et le vider aux 2 heures? » Il me répond rassurant que ce n’est que passager. Si le bateau à été rangé avec peu d’essence l’hiver dernier (justement, Nicolas l’avait laissé tout à fait vide sous prétexte de le nettoyer; ce qu’il n’avait pas eu le temps de faire finalement) toute cette condensation peu représenter un bon verre d’eau. Il me suggère donc de changer le filtre et d’ajouter un additif au prochain plein.
C’est Maurice, notre compagnon de route qui embarque à Québec demain qui se chargera de cette commission.

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Entre temps, on se rend jusqu’à Neuville parce qu’à la vitesse (9 Noeuds) qu’on descend le Rapide St-Michel, nous sommes à la Marina de Portneuf beaucoup trop tôt pour y passer la nuit. On mangera le poulet frit sur le BBQ de Manon à l’ancre juste en aval de la marina Vauquelin. Couher de soleil, coucher de lune, couchés les matelots. On peut dormir tranquiles, on est bien ancrés avec une alarme de dérive au besoin. Mais nous ne risquons pas d’en avoir besoin parce que le vent est nul aussi bien de jour que de nuit ces jours-ci.
NDLR Elle sonnera tout de même car, je n’avais pas donné assez de jeu pour compenser la renverse et les 26 mètres de cablot. Ça a permis de voir que du cockpit, je ne l’entends pas assez bien, endormi dans mon lit. Manon qui à le sommeil plus léger peut vous le confirmer. Une procédure à reviser. Mayden voyage, encore.