La mer prends la femme et la femme pogne le mal de mer (bis)

L’intention, la volonté, la motivation, la détermination, tout était là. Manon s’en promettait une traversée de nuit, un 36 heures en mer. L’opportunité était bonne, le long Cap à contourner au large pour entrer à Cape M ay à partir de Norfolk. Ça me plaisait aussi car, je ne veux plus faire de ces traversées seul à bord. Je commencerais peut-être à être raisonnable, moi, là.
Alors, après une nuit tranquile dans le bassin charmant de Hampton road à observer une jeune famille de « live aboard » comme on appelle ceux qui ont tout quitté pour un an ou deux pour donner une expérience différente à leur petits. Ceux-ci en avait quatre de 5 à 10 ans qui courraient et grimpaient partout sur le baeau d’une trentaine de pieds aux formes amples traditionnelles. Le genre de bateau qui peut traverser le mer dans n’importe quel temps, sur pilote automatique.
Après une douche matinale au quai municipal, nous nous sentions bien prêts pour l’aventure. Surtout que la météo nous donnait les vents favorables. Est d’abord qu’il fallait remonter à moteur pour passer l’ouverture dans le Pont-Tunel puis virage à gauche au grand largue pour les deux prochains jours si tout va bien.
Mais allez m’expliquer ce qui se passe dans la tête et le coeur de ces filles!?! Tout comme Loulou, il y a une semaine,à l’approche du large, quand les vagues commencent à arriver de manière un peu plus croisées et combinées à la houle de l’Atlantique Nord, elle passent par le même rituel. D’abord moins jasante, puis un baillement réprimé, puis un deuxième qui se laisse aller et en moins d’une demie-heure, je vois le teint changer de couleur.
Alors que j’ai déjà contre-attaqué avec ma stratégie de les mettre à la barre et de leur donner des objectifs de performance sur les quels elle doivent se concentrer, le mal prends le dessus sur ma technique et la fille me demande de prendre la barre car elle ne se sent pas bien. Même si je faignais de l’ignorer, ça fait une bonne demie-heure que j’ai vu les signes et que je m’acharne contre le mal. Nous eommes deux à le combattre d’un point de vue différent.
Finalement Manon doit s’avouer vaincue, et elle passe la tête pardessus bord. « Je préfère qu’on rentre, me dit-elle, en maudit. » C’est là que j’ai compris pourquoi il y avait une deuxième section de tunel dans le grand pont. On l’appelle le Chenal Nord et pendant que Manon dormait, dans son Sleeping, moi je partageais le chenal avec un navire militaire pour ramener mon équipière dans la Baie de Cheasapeak pour la remontée par l’intérieur. Pendant qu’elle récupère, je me dis que me voilà libre, plus de pression de rencontrer des échéanciers à New York ou ailleurs. On peut maintenant s’amuser à faire de la voile au rytheme des plaisanciers et prendre le temps de profiter de Cape Charles nous avons décidé de rentrer vers 16 heures pour passer la nuit.
Ça ne veut pas dire que la croisière est terminée. au contraire, elle a pris une autre tournure avec son lôt d’aventures nouvelles. D’abord, une heure après que Manon ait ré-émergé, plutôt en forme, assez pour reprendre son rôle de captaine du vaisseau, elle a eu le plaisir de subir un abordage de la Garde Côtière qui fait des vérifications de routine. Nous avons choisi de les faire attendre que nous soyons rentré dans le port pour nous laisser aborder. Ce qui leur conveanit bien puisqu’ils y ont leur base.
Après avoir montré nos papiers et nos ceintures de sauvetage, à l’épaule ancré dans la baie, nous avons cfinalement choisi de nous désancrer et d’aller nous installer à un quai de courtoisie dans le bassin du fond, face à leur base. La dans la tranquilité du bassin, nous avons tenté de nous expliquer « Pourquoi? ». Je ne suis plus sur de ma petite théorie à l’effet que le mal de mer soit relié à la peur inconsciente ou pas de mourir.
Ce que je sais toutefois, c’est que ça se passe au moment où nous passons des eaux protégées aux eaux plus dégagées de la mer. Est-ce le mouvemant différent? Est-ce le large? Est-ce un je ne sais quoi d’ans l’oreille interne qui lance de mauvis messages. Toujours, est-il que c’est quelque chose qui change le projet de croisière ou le projet de vie. C’est selon.

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