Savannah

Une belle ville qui a connu son heure de gloire au tournant des années 1800 et qui aujourd’hui nous présente un « waterfront » rénové embelli mais pas déguisé à outrance. Puis il y a le petit trolley qui ajoute de l’ambiance et la possibilité de marcher un peu en ville puisqu’on est entrés au quai municipal en fin ‘après-midi. Bine amarrés pour 3 heures gratuites puis ensuite, à la grâce de Dieu, nous sommes bons pour une nuitée au frais de la reine. Manon qui a grand coeur, ne se contente pas de payer l’essence, elle m’offre le dîner qui est tput à fait excellent au Spanky’s un des resto de la Rue du Port qui est très achalandé. Un bon signe habituellement et en effet, l’assiette du pêcheur était bien garnie et les pièces étaient préparées dans une panure d’une légèreté remarquable. Nous avons quand même pris le temps d’une marche de découverte du quartier des gens biens du siècle dernier juste quatre rues plus haut. De belles veilles maison bine conservées dant quelques unes transfoemées en établissement commercial. Ma seule déception, les pacanes que je ramassais sous mes pas il y a 20 ans et qui ont manqué le rendez-vous. Un gentil citoyen de la ville m’a expliqué qu’il y avait eu une telle sécheresse cette année que la production avait été très réduite. Puis il m’a confié en appartée que par les temps qui courent, avec les difficultés économiques, les gens les ramassaient les pacanes. Ce matin, nous avons quitté le port avec une marée descendante qui nous a fait prendre une belle avance sur notre randonnée vers Jacksonville. Nous avons parcouru plus d’une quarantaine de miles à moteur car le vent léger du Sud ne nous est d’aucune utilité. Nous serpentons les rivières du Sud-Est au Sud-Ouest et avons toujours l’impression que nous l’avona de face. J’espère que le Nord-Ouest annoncé pour les viennent ne se fera pas attendre plus que prévu. C,est tellement agréable de fermer le moteur et nous laisser bercer. Et les edux derniers jours, nous nous sommes plutôt fait ronronner. C’est Manon qui s’occupe du dîner ce soir: spaghetti sauce enrichie de sa touche personnelle. Chacun son soir à faire la bouffe avec un resto entre deux, je trouve que nous nous débrouillons bien pour faire la belle vie à bord. J’espère qu’elle va revenir…

PS Les photos sont derrière la photo de Manon

Bien assis dans le mou

C’est un plaisir d’avoir cette personne-là à bord. Manon, c’est la femme facile à vivre et surtout en mode comment peut-on rendre le plus de monde plus heureux. Heureusement pour elle, nous entrons dans une période où le vent souffle dans la bonne direction pour la voile et pour la température aussi. Fini le ent froid du Nord et bienvenue le Sud Est aujourd’hui et le Sud-Ouest demain. Ça nous a forcé à une journée mixte voile et moteur mais nous avons profit du courant de marée et sans trop nous fatiguer, nous avons parcouru 40 Nautiques et atteint B Eaufort (prononcez Bioufor’t) et Port Royale en face o/u nous nous sommes attachés à la longue jetée du quai municipal. Ceci nous a permis de prendre une grande marche en ville (gros village) en passant devant le Beaulieu B&B sur la rue Paris, la rue principale.

Si nous retournons à nos cours d,histoire, nous reverrons que Port Royal fût un important point de développement des français d’Amérique suite au explorations du Marquis de Lafayette qui a jalonné la côte atlantique jusqu’en Floride. Un motard avec qui nous avons parlé pr;s de la descente de bateau municipal nous confirmais avec un air raci d’être complice de nos référants historiques qu’en effet, la fameuse bataille de Port-Royal avait eu lieu juste là, sur la rive, en face.

Au retour d’une longue marche au village pour nous délier les jambes, nous retrouvons Brigadoon beaucoup plus bas qu’au départ par rapport au quai municipal. Trois heures plus tard, avant de prendre le lit, j’ai demandé à un jeune couple d’amoureux qui viennent se parler d’avenir dans la haute tour d’observation qui fait partie du complexe récréatif de détacher mes amarres sinon, je devrai faire une très grasse matinée demain matin. Il est 22h00 et nous sommes enlisés jusqu’à la coque dans la vase. Il en sera de même à pareille heure demain matin si je ne trouve pas à me dégager d’ici à la mare haute à 4h00 du mat. Je jette donc mon ancre en direction du large en espérant que le courant de la marée descendante me ramène au bout de ma corde d’ancre dans 4 mètres d’eau juste là, 20 pieds plus loin.

POST SCRIPTUM

Il fait encore nuit et un très léger mouvement du bateau me réveille. Le quai est toujours là tout près, il est 4h51 du matin et nous sommes à flot. Je me tire sur l’ancre pour me dégager du quai et je la relance une dizaine de mètres plus loin. Puis je lui donne 20 mètres de câblot pour être sûr qu’elle va s’accrocher quand la courant de marée va tirer le bateau vers la grande baie derrière.

Effectivement, quand Manon se lève la première ce matin, vers 7h30, elle retrouve Brigadoon bien ancré à 25 mètres du quai qui est ressorti de l’eau encore une fois car la marée à déjà eu le temps de redescendre de presque tout son 1m50 ce qui effectivement nous aurait retenu prisonnier jusqu’au milieu de l’après-midi.

Au contraire, nous sommes déjà en route à moteur dans un petit dimanche absolument calme sur la Broad River avant de bifurquer dans la Chechesse puis tourner à gauche dans la continuation de l’ICW pour nous retrouver à Savannah au milieu de l’après-midi à ramasser des noix de pacane sur le trottoir.

 

Manon fait sa marque

Vendredi soir à l’ancre dans un petit ruisseau juste à l’Ouest du pont pour terminer une journée des plus agréables et facile à manier au vent arrière tantôt sous Genois, et plus tard sous DRS et Grand’voile. Manon, ma barreuse invitée pour la prochaine semaine s’en donne à coeur joie avec les empannages contrôlés et les virement de bord au vent arrière sans ambages. Je suis heureux de l’avoir à bord pour la prochaine semaine et ravi de la voir s’y débrouiller sous les différentes amures.Manon est capable des meilleures aventures et des histoires les plus amusantes. Rapellez-vous le barracuda dans les Bahamas. Sa seule crainte en embarquant c’est le mal de mer qu’elle est prête à affronter bravement et chaudière en main.

Nous avons quitté la Charleston Harbour Marina & Resort tôt ce matin par un bon vent arrière déjà bine établi autour de 15 Moeuds. C’est parfait pour contourner le cap de la ville de Charleston sous le vent puis ensuite enfiler le canal de l’autre côté pour nous mener toute la journée de rivière en rivière avec un canal par ci par là pour passer d’une à l’autre. Toujours en direction générale sud ouest par un parcours sinueux et pittoresque. Plus agréable qu’une descente sur la côte qui devient plus monotone à la longue comparativement à tout ce qu’il y a à voir de différent d’un mile à l’autre par la voie intérieure. Puis la facilité de naviguer en eaux protégées qui fait que même par vent moyenne ment fort comme aujourd’hui, il n’y a pas de vagues, donc pas de risque de mal de mer pour mon équipière. En effet, elle m’avoue au milieu de la journée qu’elle est agréablement surprise de ne ressentir aucun signe de nausée et flotte dans le plaisir total.

En cours de route, mon ami Landon que nous avions laissé derrière au pont levis en entrant dans la première rivière nous rejoint. Quand le vent à baissé légèrement en mi-journée il est passé en mode voile assistée et nous a finalement dépassé lorsque sous DRS nous ne faisions pas 4 Nods. Il est pressé de se rendre à Bruinswick en Georgie, rejoindre les descendeurs américains dont quelques-uns de ses amis qui célèbrent en groupe leur fameuse Thanksgiving vendredi prochain. C’est la fête la plus importante de l’année et personne ne veut manquer ça pour aucune considération. Je me souviens quand nous vivions en Italie, les américains qui travaillaient pour les Nations-Unies prenaient congé ce jour-là et faisaient comme ça la fête ensemble. Nous étions toujours invités chez l’un ou chez l’autre à nous joindre à une célébration qu’ils vivaient avec une plus grande intensité que nous n’arrivions pas à ressentir. Je crois que nous allons manquer ça cette année car nous ne serons pas à Bruinswick ce soir là.

Plutôt à Jacksonville selon notre plan puisque Manon prendra son vol de retour le lendemain matin tôt.

Et dès la fin de la première journée, nous savons qu’elle restera marquée par son séjour à bord. En effet, elle a tenu la barre du bateau une bonne partie de la journée car j’aime bien laisser barrer mes invités autant que possible. Après tout, c’est pour ça qu’il sont là, pour faire voguer un bateau pas juste pour faire la croisière en passager. Et Manon est une bonne barreuse, je la regarde du coin de l’oeil, bien faire ses manoeuvres, incluant des empannages des deux voiles car on a passé une bonne partie de l’après-midi en ciseaux, c.à.d. une voile de chaque côté par vent arrière. Avec le travail constant de devoir changer le tout de bord à chaque fois que la rivière tourne d’un côté ou de l’autre. Très divertissant et pas difficile par vent très léger comme aujourd’hui. Tout de même, ça garde la barreuse vigilante et pourtant…

Je suis à l’avant près du mat à scruter l’ouverture d’un canal que nous devons prendre sur la rive droite un petit peu plus loin quand j’entends encore une fois le mouvement de la voile qui change d’amure et entraîne la baume de part et d’autre du cockpit dans un mouvement sans violence mais tout de même entraînant. Et avant que je me sois retourné pour voir Manon réapparaître de l’autre côté, j’entends le boum sourd caractéristique de la baume qui a frappé en passant. Je vois Manon qui se laisse tomber assise mais sans lâcher la barre et qui porte sa main gauche au visage. Je viens verre elle et je vois des goutes rouges dans le fond du cockpit entre ses pieds. J’attrape une poignée de kleenex que je lui tend en lui demandant comme elle se sent. Elle me répond en plaçant la compresse sur son front que ça va aller. Ses lunettes ne sont pas brisées ce qui me rassure que ses yeux ne sont pas touchés ni non plus le bas de son visage. Je lui demande de me laisser la barre et de me montrer la plaie. Elle découvre une ligne rouge verticale d’environ 3 cm de haut en plein milieu de la hauteur du front au dessus de son arcade sourcilière gauche.

Ça ne saigne pas abondamment; ça me parraît plus un enfoncement de la peau plutôt qu’une déchirure. Il y a une coupure certaine mais « franche » si je peux m’exprimer ainsi. C’est l’arrête courbée du bout de la baume qui l’a frappée en plein front. Je descend les voiles et laisse dériver le bateau pour le moment pendant que je sors la trousse de premiers soins qui est bien garnie. Une compresse iodée puis une seconde en tissus pour faire coussinet puis un gros diachylon large et la voilà équipée en boxeur qui s’en ai bine tiré malgré tout. Pas de bosse, pas d’enflure, pas de mal de tête, pas de nausée pas de sensation de sommeil. Tous les bons signes qui nous disent que ça doit être au niveau externe seulement que le choc s’est fait sentir. Mais tout de même, quelle expérience pour clore une première journée de voile au paradis.

À l’ancre une demie-heure plus tard, nous passons en revue une seconde fois ses signes vitaux et sensation qui nous disent que ça ne sera pas plus grave et ne demandera pas d’autre intervention pour le moment. Elle a même insisté pour préparer le dîner pour notre première soirée à l’ancre dans Fisherman Creek, un de ces ruisseaux caractéristiques qui se faufile dans les marais. Nous sommes dans le secteur d’Edisto Island qui fait partie de la grande réserve faunique et marine de St Elena Sound à peu près à mi-chemin entre Charleston et Savanah.

À ce sujet, j’entendais ce matin un avertissement aux navires commerciaux qui passent au large du Sound qu’à compter du 1 novembre ils doivent réduire leur vitesse à moins 10 Noeuds pour permettre aux baleines qui seront ici à ce moment-là d’éviter de se faire frapper.

Tornado Watch

Tornado Watch. Les deux petits bateaux ont quitté l’ancrage à 7h30 se matin dans l’espoir de rejoindre Charleston ce soir-même. Tous les deux nous avons des complètes à faire chez West Marine et pour ma part, j’ai Manon à accueillir à bord au milieu de l’après-midi. Nous partons danse la brume dense au point que nous marchons à vitesse r;duite pour les deux premières heures avec « His way » qui mène la course avec des yeux de lynx et « Brigadoon » qui ferme la marche et surveille l’arrière pour les cruisers qui sont plus vite que nous et qui vont nous rattraper en route. C’est amusant de constater combien on se sent moins seul ainsi dès que le temps devient un peu plus incertain. Au milieu de la journée, le temps tourne au beau: nous serons à Charleston à 17h30 ce soir. Puis, au fur et à mesure que le temps avance la brume se rétablit malgré que le vent de face prend de la force. Ce qui a pour effet de nous ralentir au point que ce ne sera plus sécuritaire ou du moins confortable de rentrer en vile ce soir. Nous optons donc pour un ancrage forain parmis ceux suggérés par «Skipper Bob », un guide des ancrages plutôt raisonnable et assez descriptif pour que nous puissions prendre nos propres décisions. Une heure plus tard , deux jeunes dames à bord de « Nora », un voilier d’une quarantaine de pieds qui nous suit depuis quelque temps, me font un commentaire empathique en passant suite à une vague un peu rude que m’a fait le cruiser qui les précédaient. J’en profite pour les brancher sur Landon devant et parler météo car il s’y connait mieux que moi. En effet, il leur demande de vérifier sur leur écran radar ce qui s’en vient dans les prochaines heures et elles confirment que ça va brasser mais que nous avons une bonne heure pour rejoindre l,ancrage visé et qu’en effet, elles le connaissent comme .tant un endroit sécuritaire. Connaissance locale! Nous enfilons donc le Long Creek aussi loin que possible jusqu’à un endroit où il y a deux mouillages d’indiqués sur la carte. Lorsque nous atteignons l’endroit, nous constatons qu’un des deux mouillages est déjà occupé par un résident local qui y a établi résidence à bord d’une espèce de maison mobile sur flotteurs. Je choisis le mouillage pendant que on jeune compagnon de route préfère faire à sa façon et jeter deux ancres à la bahamienne pour passer le mauvais moment. Car ce sera peut-être un mauvais moment, nous prévient Monsieur Météo qui nous annonce un avertissement pour les petite embarcations jusqu ‘è 15h00 demain à cause de la brume . Mais plus tôt un avertissement d’orages, grêle et formation possible de tornade justement dans le conté où nous nous trouvons.. C’est sérieux! Branlebas de combat bord des voiliers. Pour ma part je sécurise une seconde amarre autour de l’anneau du mouillage qui a évidemment été dessiné pour beaucoup plus gros que moi. Suggestion de mon compagnon de route qui fait de même sur son voilier, je boudinne ma Grand’voile avec un cordage pour la resserrer encore plus et éviter que le coup de vent ne dégage l’enveloppe et que le tout se mette à battre et tirer sur le bateau. Je sors ma plus grosse ancre de la soute et son cordage de même et je la prépare à être jetée du cockpit (une autre suggestion de Mon jeune compagnon dont la formation militaire à développé ce sixième sens de la prudence et de la double sécurité) au cas où j’entendrais l’alarme de dérive que j’ai programmée sur mon GPS. Il est 22h 17, l’alarme météo est valable jusqu’à 23h30 et jusqu’à date ça a brassé un peu mais tout tient bien. Faut dire que le météo nous fait des « avertissements’ » qui ne sont pas (heureusement) des promesses. Ainsi, je peux toujours me dire que j’en ai fait plus que requis plutôt que de me dire « j’aurais donc du… » Puis, comme le dit Landon: « Quelles histoires à raconter ensuite. En fait , je le soupçonne de vouloir en voir de toutes les couleurs pour pouvoir le raconter sur écran géant. Mais d’autre part, j’apprécie son soucis du moindre détail. Je n’irai pas comme il l’a fait jusqu’à sécuriser mon mât avec des cordages vers l’avant et l’arrière du bateau pour renforcer la tenue de l’était et du pataras… tout de même. Pour ma part, je constate à 23h30 que les choses semblent plutôt s’apaiser et que je pourrai rentrer en ville en temps, demain matin. Une vérification avec la Monsieur Météo confirme qu’effectivement, la veille météo est terminée depuis 23h00 et qu’il ne reste que de la brume pour possiblement nous déranger demain matin. Je vais dormir là-dessus. Demain matin on verra bien où on en est avec tout ça. Quitte pour une bonne peur et mon jeune ami texan (Austin, TX) va devoir attendre une autre occasion pour sa prochaine histoire d’horreur. Post script Beep, Beep, Beep, je me réveille au son d’une alarme. Pas celle qui m’avait réveillé hier vers 3h00; c’était mon cellulaire qui me prevenait qu’il avait besoin d’une recharge. Ça n’a pas de coeur ces appareils électronique , de nous réveiller e plein milieu de la nuit pour leur besoins de base. J’imagine que ça doir çetre de même pour les gens qui ont leur pitou à bord. Non, il s’agit bien de mon alarme d’ancrage qui me prévient que je me suis déplacé de plus des 20 mêtres programmés. Mais je n’entend pas de vent ou autre bruit suspect. Tout de même, je sors rapidement hors de ma couchette et un coup d’oeil circulaire me permet de voir que tout ce qui s’est passé c’est que le courant à renversé dans le cours d’eau et que je suis passé de l’Est à l’Ouest de mon mouillage. J’avais mis l’alarme un peu courte. Mais bon, vaut mieux une fausse alarme qu’une alarme qui oublie de déclencher. Il est minuit et demi, je me remets au lit sur cette réflexion hautement philosophique qui vous le comprendrez ne pas pas tenu éveillé longtemps BHEU! BHEU! BHEU! Oh! Shit! Ça s’est sérieux normalement c’est quelqu’un qui veut vous prévenir qu’il y a une collision iminente. Comme quand votre ancre drague et que faute du petit beep, beep, beep intérieur de votre alarme, c’est votre voisin sous le vent qui vous a vu venir et qui vous appelle. LÀ, je saute du lit et ouvre glisse d’un trait l’écoutille de descente pour voir un bateau qui passe très près de moi. Je reconnais mon jeune ami texan qui est à la barre de son bateau et qui me dit: « Mais tu dors bine dur! Je t’ai appelé, à la VHF, j’ai sifflé avec mon sifflet d’homme à la mer, heureusement que j,avais encore de l’air dans ma corne de brume. » « En effet, c’est pas une qualité de capitaine, Landon. Mais dis-moi pourquoi tu me tournes autour comme cela en plein milieu de la nuit. » Il doit être dans les 2h00. Il me réponds qu’il a été réveillé par son alarme d’ancrage et s’est vu en train de déraper à la vitesse du courant sans aucun bruit d’ancre qui drague ou quoi que ce soit. Le temps de mettre le moteur, il avait eu le temps d’aller s’échouer la proue d’abord, dans le bord du marécage où nous étions ancrés. Pas dramatique mais difficile à expliquer car il vente mais moins de 10 Noeuds. Que s’est-il passé, rappelez-vous qu’il avait 2 ancres à l’eau en « V », à la bahamienne, pour double sécurité (à la militaire). « Tu ne peux pas avoir dragué sur 2 ancres ni cassé 2 cordages, jeune homme!?!? » « Non, rien de ça, quand je me suis réveillé, mes deux cordages d’ancre manquaient. Plus rien sur la bite où je les avait taqués !?!?!? » On s’est assis, j’ai fait du café, on a regardé ça sous tous les angles et nous en sommes arrivés à la conclusion (pour l’instant) qu »il s’agit d’une des 3 possibilités suivantes: 1- Des petits bonshommes verts venus de nous ne savons pas où sont rersponsable pour cette mauvaise plaisanterie (me première hypothèse). 2-C’est la volonté de Dieu tout puissant de donner à Landon des occasions d’apprendre et de devenir un homme meilleur (sa première hypothèse de « bible belt kid ») 3-Il ne maîtrise pas bien la technique du « Noeud en huit » surtout la partie finale où l’on boucle en sens inverse pour barrer le bout afin qu’il ne glisse pas (notre hypothèse la plus plausible au déjeuner, ce matin). PPS Après une observation plus minutieuse à la marina à Cherleston, je me rends compte qu’il y a une explication plus simple encore. La bite sur le bateau de Landon est beaucoup trop petite pour la grosseur des cordages qu’il veut y enrouler. Ce qui fait que peu importe sa façon de taquer, il ne peut pas le faire sécuritairement

Clam showder

Je dois commencer à me sentir dans le mood des descendeurs puisque après avoir souri pendant le dernier mois en entendant les paires de bateaux qui descendent s’appeler mutuellement en route pour décider ensemble du prochain ancrage ou échanger quelque mondanité que les opératrices de la radio ont à l’esprit, me voilà aujourd’hui descendant en tandem avec « His Thing » un autre bateau de 24 pieds. Ça doit être le fait que nous étions les deux plus petits bateaux au port à Georgetown qui nous a fait nous rencontrer mais c’est certainement le fait que j’ai rencontré un jeune homme des plus intéressants qui fait que nous sommes ancrés ce soir tous les deux dans un petit ruisseau isolée, Minim Creek, en direction de Charleston. Je l’avais invité pour un « Sundowner » et il a apporté ce qu’il croyait le plus approprié: une bouteille de Shiraz (dans laquelle nous avons placé un message et lancé à la mer près d’une Inlet par où elle risque de sortir) et une boite de Maine Clam Chowder. Alors ceux qui me connaissent assez bien pour avoir participé à mes approvisionnements de randonnées à la voile savent que ce sont deux élémrnts que vous êtes certain de trouver dans ma cantine de bord. Le Clam Chowder est un must en tout cas; c’est mon repas fétiche à la voile. Amusant que ce soit ce qui lui est venu à l’esprit. Probablement que nous avons fait bonne connaissance depuis les dernières 30 heures. Toujours est-il que parle, parle, jase, jase, je l’ai invité à dîner à bord: pâtés de crabe accompagnés de salade de choux et tomate avec une salade de fruits de mer en entrée. La conversation à été des plus intéressante et variée en passant par son projet de lancer une organisation humanitaire qui apporterait, en voiliers, des médicaments aux pauvres gens des deux côtés du Golfe Persique où il a été impressionné par ce qu’il a vu de richesse et de pauvreté qui pouvaient s’y côtoyer aussi aisément lors de son stage de militaire là-bas. Pour ma part je lui ai parlé de mes rapports avec la Garde côtière pour le rassurer que la voile c’est beaucoup moins dangereux que l’on pense, malgré ses expériences récentes qui l’ont un peu traumatisé dans la tempête dans le Pamlico Sound. Ce grand lagon que je traversais à mon tour sous DRS quelques semaines plus tard. J’essayais de lui faire voir que malgré toutes nos bévues ou manque d’expérience, tant que nous sommes en eaux canadienne ou américaine (incluant les Bahamas), ils sont là qui veuillent sur nous, toujours prêts à venir nous rescaper. Tout est beaucoup question de chance ou de timing. Comme me l’expliquaient sur les quais ce matin les propriétaires de « Les Misérables »qui, partis de Chicago, se sont fait prendre au beau milieu du Canal Érié; lors de la tempête Irene L’endroit que vous croyeriez le plus sécuritaire lors d’un ouragan. Détrompez-vous. Ils ont dû faire déplacer leur bateau par voies terrestres jusqu’à Anapolis, le point d’eau le plus proche pour continuer la descente vers le sud. Joyce me disait que certains ont payé jusqu’à 500$ du pied pour ce dépannage. Ils étaient un grand nombre de descendeurs dans ce canal quand il a été endommagé au point qu’une section complète est encore à sec. Tout ça pour vous dire que je dois commencer à me sentir un peu seul si je commence à participer de façon si personnelle à la vie des « Snow Birds ». Heureusement que Manon vient me rejoindre dans deux jours à Charleston. Elle a réussi à me rejoindre au cellulaire ce soir dans ce petit ancrage, Minim Creek, dans le milieu de nulle part. Vraiment le dernier endroit où je m’attendais à entendre sonner mon cellulaire. Elle arrive à temps car depuis trois jours, ou bien le vent est mort ou bien il souffle légèrement du Sud. Donc, pas de voile du tout depuis trois jour. Ma moyenne tombe dramatiquement comme monte mon compte d’essence. Par contre, à partir de jeudi, tous doit changer de direction et on attend du vent du Nord et du Nord Ouest donc, on va se payer une descente dès ses premiers jours à bord. J’ai bien hâte de voir comment elle va aimer ça. La dernière fois, c’était il y a près de 25 ans, à bord de Maïté, dans les Bahamas avec Loulou, qui était sa copine à l’époque et Gilles mon partenaire de voile d’occasion cette semaine-là. C’est elle qui nous avait cuisiné cette fameuse bouillabaisse de barracuda qui nous avait enchanté pendant qu’elle soignait son mal de mer dans la couchette avant. Un repas mémorable quand on se rappelle que le lendemain, à Marina Cay, les locaux au resto qui ne servait que du poulet de cinq façon différentes pcq les pêcheurs ne sortaient pas l’hiver, nous avait expliqué qu’on ne doit pas manger de barracuda de plus de 18  pouces de long car plus grand, ils risquent d’être venimeux (à cause du genre de petit poisson dont ils se nourrissent qui eux-même se nourrissent de corail) et de provoquer de graves maux d’estomac. Ce qui nous avait tous chaviré à entendre jusqu’à ce qu’ils nous rassurent que si nous nous portions toujours bien 24 heures plus tard c’était dire que le nôtre était une exception. Ce qui a permis à Loulou de reprendre ses esprits et ses couleurs qui étaitne passées au vert juste à entendre les histoires d’horreur du party du village de l’an dernier qui avait envoyé plus de la moitié des convives à la clinique.