Le mal de mer

Les plus grands amoureux de la voile peuvent se voir la traversée complètement gâchée par ce mal insidieux qui frappe parfois au moment on s’y attend le moins, même les plus enthousiastes. Mon avis c’est qu’en quelque part, c’est relié à la peur de mourir, au sens large. Je dis au sens large car ce n’est pas aussi simple que ça. Marie-Thérèse à eu le mal de mer sur le Lac Champlain avec sa famille à bord pour la rassurer mais aussi son mari pour lui faire les pires peurs.

Je pense aussi, en particulier, à un jeune couple de Ville LaSalle que j’ai eu à quelques reprises en charter aux Bahamas. Tant qu’on se promenait sur le banc, tout allait bien. Dès qu’on sortait au large, le gasrs tournait au vert. Un gars qui aurait voulu pour tout l’or du monde ne pas vivre ce supplice. Il aimait tellement la voile. « Ca va Pierrot? » Oui , oui, OK, Philippe. Pas de problème. Ça doit être la petiter pomme verte que j’ai mangé. »(sic) Il a la barre d’une main et la chaudière dans l’autre mais ce gars-là aimait tellement la voile et n’aurait jamais admis qu’il avait le mal de mer. Et sa douce le regardais barrer avec compassion parce qu’elle asussi n,aurait pas voulu qu’un simple petite indigestion de pomme verte viennent mettre fin à une randonnée idylique.

Et d’autres encore qui, dès que nous sortions de leur zone de confort, tournaient au vert.

Je vous parle de ça parce que moi, toucher du bois, je ne sais pas ce que c’est ce mal de mer qui chavire l’estomac et donne envie de se jeter par dessus bord, me dit-on.. Pendant que Pierrot remplissait sa chaudière, moi j’étais à l’intérieur dans de la vague de 2 mètres et je préparais les sandwichs pour le lunch. Il paraît que ce mal de mer a, techniquement parlant, à voir avec un message incohérent entre ce que voient les yeux et ce que le corps ressent, que reçoit l’oreille interne qui avec les petits orteils est responsable de notre équilibre (physique, j’entends). Je dois avoir un problème de fonctionnement de mon oreille interne parce que je n’ai jamais eu la moindre nausée pendant la trentaine d’année que je me suis promené en mer ou tout simplement autour des îles.

Par contre, je suis très sensible à un autre mal de mer plus subtil celui-là qui consiste à devenir plus ou moins « en état second » lorsque soumis à certaines allures. Je vous parle de ça parce qu’aujourd’hui c’était une de ces allures où je suis à risque. La descente au vent arrière par vent de 10-15 et même 20 Nds par moment presqu’imperceptibles, car au vent arrière, avec des pointes à 8 Nds au surf sur les plus grosses vagues , on ne se rend pas compte. Mon seul indice c’est quand j’ai vu des flaques d’écume typiques d’un Force 5. Dans des conditions semblables, le bercement des vagues s’apparente étrangement au mouvement de tendresse de la mère qui berce son enfant. Comme pour l’enfant, les « ondes alpha (ou gama, je ne sais plus) » qui sont générées au cerveau, ont pour effet de calmer, d’apaiser, de rendre tout à fait « gaga » si vous préférez. Elles vous transposent dans un étt second de bien-être et d’insouciance dangereuse.

Je ne crois pas que ce mal soit universel; pas plus que l’autre mais une chose dont je suis certaine, c’est qu’à celui-là, je suis très vulnérable. Demandez à Gaby, mon plombier favori qui me ramenait à l’ordre quand je lui faisait frôler d’assez près les bancs de coraux dans les Bahamas, qu’on pouvait y voir se faufiler les petits poissons de toutes les couleurs. Demandez aussi à ceux qui étaient à bord, lors d’un ou deux des échouages sur les roches auxquels j’ai participé. Quand on lit au sujet des naufrages de l’histoire de la marine du siècle dernier et du précédent, on parle de mauvais temps et aussi de capitaines qui avaient probablement abusé de la ration de rhum. Mon impression c’est qu’à cette époque, on ne connaissait rien de « ondes alpha »

Mais soyez rassurés, maintenant que je sais je me surveille de près. Et aujourd’hui, je vous raconte tout ça au quai de la Marina de Reedville,.un petit village de pêcheurs prospères de la Rivière Great Winicamo. Je suis amarré devant le Crazy Crab un resto qui est ouvert à partir du mercredi soir comme le reste du village qui est tout à fait endormi ce soir.

Je suis très heureux d’avoir suivi le conseil de Jean-Louis et d’avoir fait ce détour par les baies. Si la Delaware m’est apparue plutôt ordinaire ou peu pittoresque avec son eau brune et son manque de repères, par contre je comprends l’engouement de plusieurs pour la Chesapeak. Elle est encadrée d’un foule de ces petites ou grandes rivières, des deux côtés. Et chacune d’entre elles se décuple en autant de ruisseaux (creeks) qui, si vous osez vous y aventurer vous révèlent des secrets aussi divers que l’agglomération de bateaux de plaisance de Salomons Island hier soir ou le port de pêche prospère de Reedville de ce soir. Remarquez sur les photos, les bateaux de pêche équipés de petites vedettes en acier inox qui sont larguées à partir du bateau principal pour aller ratisser avec un filet de dragage et dont le système de propulsion est protégé à l’intérieur d’une cage pour ne pas se prendre dans la ligne de la cage à relever. Ingénieux et impressionnant. Et surtout, ceux-là ne rouilleront pas!

Remarquez aussi la grande cheminée que j’ai prise en passant. Elle est la marque de commerce de Reedville et on y fait présentement une campagne de financement pour la préserver maintenant qu’elle est désaffectée et qu’elle risque de tomber.

L’autre chose impressionnante à remarque sur les photos c’est les « Campanelle alla Putanesca » de Loulou que j’ai dégustées enfin ce soir. J’attendais une soirée où la température me permettrait de savourer le délice. Elle était encore tout à fait délicieuse, conservée sur la glace. Avec ton entrée au thon et petits pois, tu étais presque là avec moi, ma fille-coeur.  

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2 réflexions sur “Le mal de mer

  1. mon beau papa-soleil…
    —» hé je ne vois pas tes nouvelles photos…? Mais pour le film mental de ta descente ça va! ; ) xxoxx

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