Pas tout à fait la Virginie

J’ai passé une de mes plus belles journées sur l’eau à faire de la voile aujourd’hui. Pas très avancé mais ravi d’avoir fait de la belle voile. La plupart des descendeurs avaient mis le moteur aujpurd’hui avec le vent du Sud-Est. Seul un grand bateau à coque rouge et moi osions prendre le temps de tirer des bords. Jusqu’à ce que je me rende compte que nous barrions contre la marée et que le courant reprenait une bonne parie de la mince avance. Devant la perspective de rentrer au port à 22h00 ce soir, j’ai opté pour la voile assistée (du moteur à mi régime) et choisi un port moins éloigné. Tant pis pour le Bonjour à Barack. Je suis à l’ancre dans un bras intérieur d’un affluent de la Patuxent River un peu au Nord de la Potomac. L’endroit s’appelle St.John Creek et fait partie d’un ensemble nommé Salomons Island qui n’st pas une ile en fait mes une pointe qui fait presqu’ile à l’entrée. Un coin cossu pas très loin de Washington si je comprends bien car je n’ai pas vu une telle agglomération de bateaux à moteur et voile de toute ma vie. Et des gros et des beaux en plus. Je vous ferai quelques photos en sortant demain matin.

Et je suis à l’ancre au beau milieu de tout ça, justement à côté du grand bateau rouge avec qui je tirais des bords tout à l’heure. Puis j’ai une connexion internet passablement stable; comble du bonheur. Alors, j’en ai profité pour publier mes dernières chroniques et ajouter des photos au diaporama. Je suis particulièrement fier de celles prises devant Annapolis quand je menais la régate. J’ai aussi ajouté les photos que Loulou a prise à partir d’Albanie quand elle est venue passer quelques jours avec moi.

J’espère que vous prenez autant de plaisir à lire que moi à écrire. Une façon de vous amener tous et toutes avec moi sans vous faire subir la froidure des derniers jours. Mais rassurez-vous, Renée qui suit la météo au devant de ma route me dit que ça se réchauffera les jours qui viennent.

Et l’autre Miss Météo me promet du vent du Nord. Ça, même si c’est un peu plus frisquet, ça promet de la vitesse et de la progression dans la bonne direction: LE SUD!!!

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En tête du plotton

Quand vous passez sous les grands ponts William Pane junior,deux choses se passent. D’abord, vous vous demandez dans quel monde on vit quand on se demande si on doit se décider à construire un nouveau pont pour remplacer Champlain qui va bientôt tomber d’une part et que vous observez, d’autre part la largeur de la baie (quatre fois le St-Laurent) et qu’ici, on ne construit pas un pont; on en construit deux (un pour chaque direction).

Par contre, ce n’est pas ça le spectacle le plus extraordinaire. C’est juste après les ponts, sur la rive droite. Une centaine de voiliers qui évoluent devant La Mecque de la voile: Annapolis Maryland. Il y a aussi Newport, sur la Côte Est où il y a beaucoup de bateaux. J’y ai déjà eu le privilède de compétitionner dans la même course qu’un des fils Kennedy. Celui qui était un grand amateur de voiliers traditionnels en bois. Mon ami Chris, le petit polonais de de Cape Cod que j,avais connu dans les Bahamas et qui avait un vieux 550 en bois nous y avait inscrit pour le kik de participer.

Mais c’est à Annapolis que le dimanche matin, un centaine de voilers tirent des bords. Quelques vieux loups de mer se contentent de traverser la baie avec un vieux chums comme ces deux barbus que j’ai salués sur un superbe Bayfield de près de 40 pieds. Et les 90 autres bateaux sont en compétition. En régates sérieuses. Avec de véritables coups de canon pour donner le départ. Pas des petits « pouet, pouet ».

D’ailleurs j’ai pris part à l’une d’entre elle. Si vous regardez bien les photos (J’aurais tellement voulu être capable de photographier ça de 10 mètres devant ma proue). À un moment donné je devance le peloton sous DRS tout comme eux. Puis au moment où j’ai passé la marque, moins d’une minute avant le groupe de tête, vous verrez, moi, j’ai continué tout droit et eux on viré la marque et sont reparti au près pour le leg suivant. C’tait trop drôle, pour un instant, en apparence, je mène une régate de J-30. C’est mon ami David, le gagnant de la Mayors’Cup sur J-30 justement, qui aurait été fier de moi.

Par la suite,le vent à malheureusement tombé et j’ai dû continuer la descente jusqu’à Slaughter Creek sur la Côte est de nouveau. Une deuxième journée de plus ou moins 35 Miles nautiques, au beau soleil comme l’avait prévu Renée mais plus chaud certainement car à un moment donné, vers 14h00, quand le vent à tout à fait tombé, j’ai tout enlevé et continué en T-Shirt (manche longues, d’accord) mais tout de même, hier soir il neigeait pas très loin d’où j’étais ancré pendant le passage du Coup de vent.

Je passe la nuit dans Slaughter Creek c’est un affluent de la Little Choptank River. J’avais opté pour l’autre cöté de la baie dans Brooks Creek où j’ai pris la photo du Tiki Bar avec son plancher sablonneux La marina Mcnamara que m’indiquais mon GPS. Mais rendu sur place j’ai dévouvert un endroit charmant et un hgentil couple de locaux qui m’ont suggéré de traverser la baie vers Slaughter Creek où je trouverais les services d’approvisionnement que je cherchais. Je me retrouve dans un des multiples villages de pêcheurs de crabes comme il y en a tout le long de la baie Chesapeake. C’est dommage que j’y sois arrivé à la Marina de Chapel Cove dimanche car tout est fermé. En passant, il manque un « s » au mot Chapel car il y en avait 5 de dénomination différentes dans un rayon d’un kilomètre, la gramdeur du village. C’est hier soir que ça swingait pour le Party de « l’All-o-ween » comme ils l’épellent ici sur la pancarte sur la porte du resto. J’espère simplement qu’il seront remis demain matin que je puisse faire quelques provision car je manque de mes oranges et autres fruits. Sans compter que ma provision de bière est aussi en baisse (bien oui, l’aprrès-midi, il fait assez chaud pour prendre une bière en T-shirt, au soleil.

Ah! Oui, je pourrais aussi acheter des trucs à manger pour mes dîners en tête à tête avec (la photo de) ma blonde.

Post script (Lundi matin)

En attendant que la dame bien en chair qui est entrée dans le General store de Taylor’s Island il y a un instant ouvre officiellement ses portes. « À 11h00 m’a-t-elle répondu. » La société historique de Taylors Island a souligné fièrement la bataille de 1812 où un poignée de locaux on pris d’assault un Navire britannique et fait prisonnier ses 17 membres d’équipage, incluant une africaine qui en faisait partie. Un canon bien exposé devant le site du terrain de camping communautaire en rappelle le souvenir.

Le magasin général est situé juste devant le quai municipal où j,ia passé la nuit en attendant l’ouverture des services. J’ai aussi besoin de refaire le plein après deux demi-journées à moteur. C’est drôle comment le vent qui chez nous monte vers le milieu de la journée, a tendance , ici, à nous laisser plutôt tomber.

Je m’attendais que ça arriverait et ce fût ce matin, au moment de vouloir essuyer la rosée des bancs du cockpit, je me suis rendu compte qu’elle était en glace. Tout le pont était changé en belle patinoire. Attention aux surfaces courbées. J’ai bien hâte de partir pour atteindre possiblement la frontière entre le Maryland et la Virginie. C’est peut-être psychologique mais il me semble qu’il va faire plus chaud là-bas. En tout cas, c’est une quarantaine de miles plus au Sud au moins. Le vent promis du Sud-Est, même léger devrait m’amener à l’embouchure de la rivière Potomac. Soit à l’embouchure de la Little Wicomic River, côté sud si le vent est bon ou dans la St.Jerome Creek, côté Nord, si j’y arrive trop tard. Si j’avais plus de temps, je pourrais la remonter et aller dire bonjour à « mon ami  Barack ». Mais je vais plutôt filer vers Norfolk mardi si le vent est favorable. Pour l’instant, on annonce un vent du Nord dans les 15-20 Noeuds. Ce serait plus que parfait!

Quant à vous, attention aux petits monstres, vampires, fantômes et autres bibittes mystérieuses qui vont hanter les rues de la ville ce soir.

Gale Force Wind

Ça c’est un avertissement météo respectable! Je l’avais vu venir sur le site météo de passage weather. com. Quand je suis branché, je peux observer le développement des systèmes météo sur l’ensemble de l’Atlantique et plus spécifiquement sur la section où je me trouve. Si vous y jetez un oeil, vous verrez comme moi une semaine à venir de développement des systèmes de la région. Et la fiabilité est assez bonne quand on regarde ces grands systèmes. Ainsi, hier en milieu d’après-midi, quand la météo locale parlait de Coup de vent du secteur Nord-est de l’ordre de 35 à 47 Noeuds, ça confirmait les Force 8 ou 9 déjà montrés en orange foncé et en rouge sur le site.

La toute petite anse de Swan Creek convient parfaitement bien car, tout au fond, je suis protégé de tous les côtés mais surtout du secteur Nord sur 180°. Alors de sera bien pour le Nord-Est pendant la journée puis en soirée quand il passera au Nord-Ouest, je serai toujours bien protégé et pas trop loin de la berge. Il est maintenant 19h00 et je sens que ça se calme même s’il y a encore une petite vague persistante qui aurait donné le mal de mer aux coeurs sensibles. Ce qui à fait dire à Renée tout à l’heure au téléphone quand je l’ai appelée pour la rassurer que ça prenait juste moi pour me placer dans de telles conditions. En fait, je crois qu’elle a raison, je ne connais pas beaucoup de marins de ma gang qu i sont mazo à ce point. C,est pour ça que d’une certaine façon, je me sens mieux seul dans de telles conditions. Moi je sais jusqu’où est ma limite et je l’approche respectueusement mais avec enthousiasme. Alors je n’ai pas besoin de quelqu’un à bord qui a une limite plus basse et qui me retiendrait ou me regarderait avec un look du genre: « Si j’avais su je ne serais pas venu! »

Aux 2 heures, la Garde Côtière venait en onde pour répéter l’avertissement de Coup de vent (F8 sur l’échelle de Beaufort, soit plus de 35 Nds ou 75Km/hr) ou Coup de vent fort (F9, soit jusqu’ à 47Nds ou 100 Km/hr) selon l’heure de la journée. C’est évident que je n’avais pas d’affaire en mer aujourd’hui.

D’autant plus qu’il fait tellement froid; on annonçait aussi un avertissement de neige abondante pour ceux qui sont à terre. Pas de jaloux, tout le monde y goûtera, chacun de son côté. J’ai donc brisé mon bans sur le chauffage et j’achève de brûler mon deuxième litre d’alcool. Avec sur le dos, tous les lainages que j’ai apporté. Incluant ma tuque, j’arrive à avoir une zone de confort acceptable. En fait, le plus dur au début de la journée c’était les doigts, complètement gelés. Je les réchauffait autour de ma tasse de café. Grosse consommation de café aujourd’hui. Puis sur l’ordi, ça s’est réchauffé progressivement. À ce moment-ci, le pire est passé et je sens que l’atmosphère se réchauffe progressivement. J’ai même enlevé ma tuque pour souper. Mais j,ai pas pris de chance, j’ai opté pour la soupe au légumes de St-Hubert. »Ça réchauffe le coeur et le corps! » (mon cachet sera versé à la cause des coeurs brisés…).

Demain, si le pronostique météo de Renée (elle vérifie la météo du coin sur le net et me rappelle) se confirme: ensoleillé et 9°, tout sera oublié et je voguerai au grand largue par vent de Nord-Ouet de 5 à 10 Nds selon l’autre Miss Météo, vers La Mecque.  

Buenna sera tutti!

Ça fait plus de 10 ans que je commence mes chroniques sur cette salutation que j’ai apprise des Romanichels dans le Métro de Rome. Il y en avait un en particulier qui faisait le trajet vers Maggadallena, la station près d’où nous habitions dans le quartier adjacent à l’EUR. Puis il nous faisait deux tounes à la guitare et un tour de gobelet. Il devait faire fortune (dans son genre) parce qu’il était tellement sympa que tout les réguliers dans la rame du métro avaient quelques pièces pour lui. Il changeait ensuite de wagon et rendait quelques autres travailleurs sur le retour, un peu plus consceints de leur pla ce dans l’humanité. Pourquoi je parle de cela ce soir? La nostalgie; je me sens seul ce soir. Pas de raison particulière, tout c’est bien passé. Moitié voile, moitié moteur, incluant une petite régate amicale avec un local qui promenait son Spi ce matin à la sortie du Canal entre la Delaware et la Chesapeak (je crois que c’est la première fois que je l’épelle correctement.) Quand il a remarqué que c’est à cause de ma Grand’voile en support que je réussissait à prendre de l’avance sur lui, il a hissé la sienne et ma laissé loin derrière. Bon moment quand même. Surtout qu’à l’heure du midi, j’aurais enlever mon pull tellement le soleil réchauffait l’atmosphère. C’était bon car au réveil, j’ai vérifié si la rosée n’était pas gelée sur le pont tellement il faisait froid. Mr Météo annonçait même de la neige pour demain juste au Nord d’ici. « Parfait, mon homme, va faire du ski, moi je file vers le Sud. » Alors, je disais que j’ai un petit down en rentrant après avoir jeté l’ancre tout au fond de Swan Creek, parce que Mr Météo annonce aussi un coup de vent du Nord-Est même si pour le moment tout est absolument calme de l’autre côtéde la baie, face à Baltimore, au bout de la rivière Patapsco, sur la côte opposée. J’ai vu hier sur le site météo cette tempête qui va passer à cette hauteur, dans l’Atlantique juste de l’autre côté du bras de terre à l’Est, au cours des prochaines 18 heures. Peut-être que demain sera une autre journée de repos. Forcé celui-là. Hier c’était journée de réparation qui s’est terminée par une bière de micro-brasserie du coin au resto-bar de la marina. Le « Mare & Sol » que vous apercevez tout en haut à droite sur la photo. Le barman m’a convaincu de dîner au bar d’autant plus que je pouvais profiter du spectacle de deux ti-coqs qui avaient une conversation du genre: « Mon boat consomme plus que ton boat et regarde, ma blonde (qui avait le cheveux noir-jet) sait mieux accoster que la tienne. » Ça se jouait à la hauteur des 25 gallons à l’heure (comparativement à mes 2 litres à l’heure). Je n’était pas qualifié pour entrer dans cette conversation. Même que je me suis demandé par moment si j’étais même qualifié, pour entendre ça. Le Hamburger carré à la Kennet était par contre des plus savoureux. Médium-saignant (ici, ils le font) avec champignons et fromage bleu. Miam, miam, miam! C’était délicieux puis puisque c’était le spécial moitié prix sur le hamburger (un conseil de Gerry ce matin) et le 2 pour 1 sur la bière, je m’en suis tiré avec une note parfaite de 10$. Pas mal dut tout considérant que le spectacle était inclus dans le prix du hamburger. Alors, ce soir, je vais préparer mon dîner maison et pour m’alléger le spleen, j’écoute Tiken Jah Foday, un de mes chanteurs africains francophones favoris. Il doit être d’origine Siera Leone même s’il est très populaire en Cote d’Ivoire à côté. J’aime sons style cool, un peu répétitif mais ses thèmes sont toujours politiquement engagés et engageants. Puis c’est pas souvent que j’ai le temps d ‘écouter Tiken Jah. Car c’est un peu ça aussi, la descente vers la Sud, un occasion de retrouver mes sources, de prendre le temps de faire ce que je ne trouve plus le temps parce que trop hyperactif même à mon âge. À ce propose, j’ai un souvenir savoureux d’une conversation avec le représentante du « Groupe 1,2,3,GO! » de Longueuil avec qui j’essayais il y a quelques années de lancer un projet d’aide à l’apprentissage pour les parents des enfants de milieux défavorisés. Elle trouvait que je poussais un peu trop (d’autres l’ont remarqué depuis (sic)) et me proposait de ralentir un peu. Ma réaction avait été immédiate: « Mais madame, 1, 2, 3, GO!… ralentissez, je trouve que ça manque de cohérence. Non? » Puis j’enchaîne avec: « Vous savez, quand j’étais jeune, le Ritalin, ça n’existait pas. » Quelle belle porte je venais de lui ouvrir pour qu’elle me réplique à son tour: «  Mais, Monsieur Pelletier, il n’est jamais trop tard! » Et vlan dans les flancs! Tout ça pour dire que ça me fait du bien de passer un bon moment avec vous, là, juste avant de me préparer un dîner léger car je me suis offert un sandwich jambon-brie, ce midi. Donc, un bon moment aussi près possible de vous car je dois l’avouer: « Ce soir, je m’ennuie de ma blonde! »

Baie du Delaware – Jour Deux

Rappelez-vous que ça devait être la journée facile au portant avec un bon vent de l’ouest. Il était là comme prévu, même avant que je ne me lève ce matin. Alors, je l’ai eu devant comme prévu pour sortir de la baie de la Maurice River et suivre le chenal balisé. Puis ensuite, me rendre vers l’ouest, à la bouée de large afin de pouvoir tirer enfin mon long bord au portant jusqu’à l’entré du Canal vers la Baie Cheasapeak.

Bien ça ne c’est pas passé tout à fait comme ça. D’abord, avec la marée descendante, mon bord vers l’Ouest à plutôt pris le bord du Sud-ouest puis au moment de virer, le vent à tombé. De sorte qu’il était 12h30 quand j’ai enfin passé à 3Nd-3,5Nd ma bouée en remontant. Si je veux me rendre au Canal ce soir je suis mieux de refaire le coup du « Motor-Sailor ». Avec P.A.à la barre, c’est tout de même plutôt cool, jusqu’à ce que je m’aperçoive qu’il consomme plus de courant que le moteur n’en produit… En fait, je crois que c’est le moteur qui n’en produit plus. Il va falloir que je trouve ce qui ne va pas ce soir dans une marina et en profiter pour recharger à quai.

Je reprend la barre en main et avec l’aide d’Albert, on réussi tout de même assez bien à passer la journée. Jusqu’à ce que pépin No 2, mon GPS manuel me lâche. Là, je suis franchement déçu. Je croyais que j’avais fait une bonne affaire en achetant ça à moitié prix d’un revendeur du Manitoba. « Factory refurbished » disait la justification du « good deal ». Bien, il va avoir besoin de retourner à la factrie Et en attendant, je dois en trouver un autre. J’ai bien mon ordi comme back-up mais après, je n’ai plus de back-up.

Ce qui fait que je me suis rendu jusqu’au Canal et que je m’y suis même engagé. Pas besoin de GPS pour naviguer là dedans. Ça a l’envergure de la voie maritime du St-Laurent avec des lampadaires de chaque côtés, à tout les cents mètres. Même pas besoin de profondimètre; je garde le peu d’énergie qui me reste pour les feux de navigation.

Vers 21h30, panne d’essence sur le réservoir principal et un petit creux qui se dessine à l’estomac. Avant de remettre le moteur en marche, je m’offre mon premier « clam chowder » de la randonnée. Un de mes délices favoris en traversée. Ce midi, j’avais mangé la dernière soupe que m’avait laissés Loulou en partant. Loulou qui est scandalisée que je « mange en canne » et qui m’a aussi laissé des sauces, des pâtes et des légumes. Ragaillardi (de la première canne que j’ouvre au Jour 19 de ma randonnée) je met mon ordi en marche pour voir à quelle distance je suis de la marina qui est à peu près à mi-chemin du canal. Bien vous ne me croirez pas, elle était juste là, derrière le talus sur tribord mais complètement cachée quand on vient de l’Est. Je branche le réservoir de réserve et entre doucement me mettre au premier quai; il est 22h00, tout le monde est couché. On s’occupera des détails administratifs demain matin.

Mais quelle journée qui ne s’est pas passée du tout comme prévu. Même la pluie qui devait nous tomber dessus à partir du milieu de la journée ne s’est pas montrée.

Demain? Je ne sais pas, je n’ai plus de radio avec ma batterie à plat. Je dois régler ça avant de reprendre la route. Et prendre le temps de découvrir tout les secrets de cette immense Summit North Marina où je squatte pour l’instant.

ÉPILOGUE:

Petit jeudi matin tranquille dans la marina. Légère bruine qui tombe sans trop d’enthousiasme. Journée idéale pour faire le point et mettre de l’ordre.

1-Gerry, l’homme des quais, me trouve un convertisseur afin que je puisse me brancher au 110V au quai que l’on m’assigne juste derrière le bateau de la police de la baie. 48$ pour la journée et la nuit prochaine, c’est un peu plus cher qu’à la Rivière Maurice mais ici, il y a tous les services.

2-Gerry m’accompagne chez West Marine à 15 minutes d’ici en auto. Là, Dave me vend un nouveau GPS pas plus cher que j’ai payé mon « refurbished » La surprise, c’est que mes cartes que j’ai achetées directement chez Garmin sur Internet sont dédiées à un seul appareil (ils ne veulent pas que nous nous les passions). Je vais donc aussi profiter d’un meilleur prix que chez Garmin pour une nouveau jeu de cartes de l’Amérique du Nord. Le hic c’est qu’il n’en a pas en stock. Mais, juste ciel, il va entrer une avec la livraison de ce midi et Dave se chargera de la livraison à la Marina ce soir après son travail. Il va mériter que je lui offre une bière, ce Dave-là. Surtout qu’il m’a laissé sur la facture, la note qui dit que je peux me présenter dans n’importe quel West Marine après le 11 novembre et profiter du rabais sur le GPS et les Cartes. Finalement je m’en tirerai à environ 250$ pour le tout. Ce bon vieux West Marine est toujours l’endroit même 25 ans plus tard.

3-En revenant au bateau, je vérifie la ligne et effectivement, une connexion s’est débranchée sur le fil qui amène le courant du moteur à la batterie. Avant d’aller faire « mes lavages », j’en profite pour me glisser dans le coffre et couché contre la coque, à bout de bras je réussi à rebrancher le tout. Mais quelle contorsion de se rendre jusque là et… d’en ressortir ensuite.

4-Landromat et douche

5-Le luxe: un sandwich chaud au « soft shell crab », un délice du secteur. Il y avait une usine de traitement de ce petit monstre de la Baie Delaware juste à côté de la marina hier et j’en avais encore la senteur dans les narines. Là, c’est réglé!!!

Pour le reste, si le soleil qui tente de percer y réussi, je vais poursuivre à l’extérieur, là où je vais pouvoir capter le signal WiFi: le comble du bonheur du marin scribouilleur.  

PS Comment trouvez-vous le look de mon compagnon sur la dernière photo. Je trouve qu’il a la tête d’un vieux sage qui conseille les Jedis dans la série Star Wars. Il est monté à bord à Albany; avec l,aide de Monon, je crois.